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Demande de Saisie Conservatoire (Belgique)

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Demande de Saisie Conservatoire (Belgique) ?

La Demande de Saisie Conservatoire en Belgique est une procédure judiciaire d'urgence prévue par les articles 1413 à 1428 du Code judiciaire belge, permettant à un créancier d'obtenir du Juge des saisies (Président du Tribunal de première instance siégeant en qualité de juge des saisies en application de l'article 1395 du même code) l'autorisation de bloquer préventivement les biens du débiteur avant qu'une décision au fond ne soit rendue, afin d'éviter que ce dernier ne dissipe ou ne dissimule son patrimoine pour échapper à ses obligations.

La saisie conservatoire se distingue fondamentalement de la saisie-exécution par son caractère strictement préventif et non-définitif : elle ne permet pas au créancier de vendre ou de s'approprier les biens saisis, mais uniquement de les rendre indisponibles dans le patrimoine du débiteur pendant la durée de la procédure. Trois formes de saisie conservatoire sont organisées par le Code judiciaire belge selon la nature des biens visés : la saisie conservatoire mobilière (art. 1413 à 1428) porte sur les biens meubles corporels du débiteur ; la saisie-arrêt conservatoire (art. 1445 à 1460) porte sur les créances du débiteur à l'égard de tiers (comptes bancaires auprès de BNP Paribas Fortis, Belfius Bank, ING Belgique, KBC/CBC, Argenta, Crelan, etc.) ; la saisie conservatoire immobilière (art. 1562 à 1574) porte sur les biens immobiliers inscrits au cadastre de l'Administration du Cadastre, de l'Enregistrement et des Domaines (SPF Finances).

Les conditions de recevabilité d'une demande de saisie conservatoire sont définies à l'article 1413 du Code judiciaire belge et comprennent deux éléments cumulatifs. Premièrement, l'existence d'une créance sérieuse : la créance doit présenter un caractère plausible et suffisamment fondé, sans que le juge des saisies n'ait à se prononcer sur son existence certaine ou son montant définitif, conformément à la jurisprudence constante de la Cour de cassation belge (notamment Cass., 25 mai 2012, R.G. n° C.10.0697.N). Un document écrit (contrat, facture, billet à ordre, reconnaissances de dette) suffit généralement à établir le caractère sérieux. Deuxièmement, la démonstration d'une urgence ou d'un risque d'insolvabilité : le créancier doit établir concrètement que le débiteur est en train de dilapider, de dissimuler ou de transférer ses biens, ou qu'il présente des signes manifestes d'insolvabilité imminente tels que des procédures d'exécution multiples, une situation de cessation de paiements notoire ou des transferts patrimoniaux suspects.

La compétence territoriale pour introduire la requête en saisie conservatoire est déterminée par l'article 633 du Code judiciaire belge : le juge des saisies compétent est celui de l'arrondissement judiciaire du domicile ou du siège social du débiteur, ou de l'arrondissement du lieu où se trouvent les biens à saisir. La Belgique compte actuellement douze arrondissements judiciaires disposant d'un Tribunal de première instance : Bruxelles (bilingue FR/NL), Liège, Charleroi, Mons, Namur, Dinant (chambre correctionnelle), Marche-en-Famenne (Tribunal de police uniquement), Eupen (néerlandophone), Anvers, Gand, Bruges et Louvain.

La procédure de saisie conservatoire se déroule conformément aux articles 1420 à 1428 du Code judiciaire belge et est régie par le principe du contradictoire pour les saisies ordinaires (citation ou convocation du débiteur dans les 8 jours suivant l'autorisation), ou par une procédure unilatérale sur requête ex parte en cas d'urgence absolue (art. 1418 et 1028). La requête est déposée au greffe du Tribunal de première instance compétent ; l'ordonnance est rendue généralement dans les 24 à 72 heures par le juge des saisies. L'huissier de justice instrumentant la saisie doit la signifier au débiteur dans les trois jours ouvrables suivant la saisie (art. 1424 du Code judiciaire) et lui remettre un procès-verbal de saisie détaillant les biens saisis et leur description. Le créancier doit ensuite introduire la procédure au fond dans le délai fixé par le juge des saisies dans son ordonnance (généralement un mois) sous peine de voir la saisie levée d'office conformément à l'article 1413 alinéa 2 du Code judiciaire belge.

Quand avez-vous besoin d'un Demande de Saisie Conservatoire (Belgique) ?

La Saisie Conservatoire en Belgique est nécessaire dans toutes les situations où un créancier détient une créance sérieuse et plausible, mais craint que le débiteur ne dissipe son patrimoine avant qu'une décision judiciaire définitive au fond ne soit rendue. La jurisprudence du Tribunal de première instance de Bruxelles (chambre des saisies) et de la Cour d'appel de Liège a précisé au fil des années les circonstances typiques justifiant le recours à la saisie conservatoire.

Le premier cas classique est le débiteur commercial en difficulté financière sérieuse : une entreprise (SA, SRL, SNC, SCS, SC selon le Code des sociétés et des associations du 23 mars 2019 — CSA/WVV) qui accuse plusieurs mois de retard dans le paiement de ses factures, qui fait l'objet de multiples condamnations par défaut, ou dont la publication au Moniteur belge d'une dissolution ou d'une décision de l'assemblée générale extraordinaire révèle une cessation d'activité imminente. Dans ce cas, une saisie-arrêt conservatoire sur les comptes bancaires du débiteur ou sur les créances de celui-ci à l'égard de ses propres clients constitue le mécanisme le plus efficace.

Le deuxième cas fréquent est la transaction immobilière compromise : lorsqu'un vendeur ou un acquéreur de bien immeuble refuse d'honorer un avant-contrat (compromis de vente, promesse synallagmatique) et qu'il existe un risque de revente du bien à un tiers de bonne foi. La saisie conservatoire immobilière (art. 1562 à 1574 du Code judiciaire) permet de rendre le bien indisponible dans le patrimoine du vendeur défaillant et de préserver les droits de l'acquéreur lésé.

Le troisième cas est le contentieux entre actionnaires ou associés : une Société à Responsabilité Limitée (SRL) dont l'un des gérants procède à des transferts de fonds suspects vers des sociétés liées, ou dont un actionnaire majoritaire tente de céder les actifs de la société en vue de son insolvabilité organisée. La saisie conservatoire sur les actifs de la société ou sur les comptes bancaires personnels du gérant complice peut être autorisée par le juge des saisies du Tribunal de l'entreprise (art. 584 al. 2 du Code judiciaire) lorsque le litige entre dans le champ de la compétence commerciale.

Le quatrième cas est le contentieux successoral : un héritier qui constate que l'un de ses cohéritiers ou le conjoint survivant dilapide les biens de la succession avant le partage, ou qui suspecte une donation rapportable non déclarée. La saisie conservatoire sur les biens mobiliers ou sur les comptes bancaires de la succession peut être sollicitée devant le Tribunal de la famille (art. 76 du Code judiciaire, chambre de règlement amiable), qui statue également en qualité de juge des saisies dans les matières relevant de sa compétence.

Enfin, toute situation de créance commerciale impayée d'un montant significatif (pratiquement au-delà de 5.000 à 10.000 EUR) justifie le recours à la saisie conservatoire dès lors que les circonstances concrètes établissent un risque sérieux de non-recouvrement, que le délai pour obtenir un jugement contradictoire définitif est trop long (12 à 18 mois devant les juridictions belges en première instance), et que la créance est suffisamment documentée pour convaincre le juge des saisies de son caractère sérieux.

Que faut-il inclure dans votre Demande de Saisie Conservatoire (Belgique) ?

La Saisie Conservatoire en Belgique repose sur plusieurs éléments juridiques essentiels que tout créancier doit maîtriser avant d'introduire sa requête. La qualité du dossier présenté au juge des saisies détermine directement les chances de succès de la procédure.

Premier élément fondamental : la preuve documentaire de la créance. Le dossier doit comporter les pièces justificatives établissant l'existence et le montant de la créance avec un maximum de précision. Pour une créance contractuelle, les documents indispensables sont le contrat original signé des deux parties, les factures impayées avec accusé de réception ou preuve d'envoi recommandé, la ou les mises en demeure adressées au débiteur par recommandé avec avis de réception, et tout courrier ou courriel du débiteur reconnaissant sa dette. Pour une créance délictuelle ou quasi-délictuelle, le rapport d'expertise, le procès-verbal de constat, et l'estimation du préjudice constituent les pièces de base.

Deuxième élément : la démonstration convaincante de l'urgence ou du risque. Le juge des saisies exige des preuves concrètes et récentes (pas des suppositions) du risque que le débiteur dissipe ses biens. Les preuves recevables et efficaces comprennent : un extrait récent de la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) montrant la dissolution ou la radiation de la société débitrice ; un jugement de faillite ou une décision de réorganisation judiciaire (loi du 11 août 2017 sur les entreprises en difficultés) publiée au Moniteur belge ; des procès-verbaux de saisie-exécution infructueuse par d'autres créanciers (établissant l'insolvabilité de fait) ; des actes notariés de vente récents portant sur les principaux actifs du débiteur (consultables au Registre des actes du SPF Justice) ; ou un courrier du débiteur menaçant explicitement d'organiser son insolvabilité.

Troisième élément : la désignation précise des biens à saisir. La requête doit identifier avec précision les biens visés. Pour une saisie-arrêt conservatoire sur comptes bancaires, il faut mentionner les banques auprès desquelles le débiteur détient des comptes (BNP Paribas Fortis SA BCE 0403.199.702, Belfius Bank SA BCE 0403.201.185, ING Belgique SA BCE 0403.200.393, KBC Bank SA BCE 0462.920.226) en qualité de tiers saisis. Pour une saisie immobilière conservatoire, il faut indiquer la commune, la section cadastrale et le numéro de parcelle du bien visé.

Quatrième élément : les voies de recours disponibles. L'ordonnance du juge des saisies autorisant la saisie conservatoire peut être frappée d'appel par le débiteur devant la Cour d'appel dans le mois suivant la signification. Le débiteur peut également solliciter la mainlevée de la saisie devant le juge des saisies en démontrant que les conditions de la saisie ne sont pas remplies ou en offrant une garantie de remplacement suffisante. Si la créance au fond est finalement rejetée, le créancier peut être condamné à des dommages-intérêts pour saisie abusive sur base de l'article 1382 (ancien) du Code civil belge (désormais art. 5.2 nouveau Code civil du 13 avril 2019).

Le recours à un avocat inscrit au barreau de l'Ordre des Barreaux Francophones et Germanophone (OBFG) ou au barreau de l'Orde van Vlaamse Balies (OVB) est fortement recommandé. Les honoraires varient selon la complexité du dossier et le montant de la créance, mais une procédure standard coûte entre 1.000 et 3.000 EUR en honoraires d'avocat, auxquels s'ajoutent les droits de greffe (environ 100 à 200 EUR), les frais d'huissier pour la signification et l'instrumentarisation de la saisie (300 à 800 EUR selon le type de saisie et le nombre de biens saisis). Le modèle disponible sur forms-legal.com permet de préparer votre dossier avant la consultation de votre avocat, réduisant ainsi le temps de travail facturable.

Comment remplir votre Demande de Saisie Conservatoire (Belgique)

La Demande de Saisie Conservatoire en Belgique doit être complétée avec rigueur et précision pour convaincre le juge des saisies d'autoriser la mesure. Les erreurs ou imprécisions dans la requête peuvent entraîner son rejet ou une ordonnance incomplète difficile à instrumentaliser par l'huissier.

Commencez par identifier l'arrondissement judiciaire du juge des saisies compétent : celui du domicile ou siège social du débiteur, ou du lieu de situation des biens. Pour Bruxelles, le Tribunal de première instance est situé boulevard de Waterloo 70, 1000 Bruxelles (bilingue FR/NL). Pour Liège, l'adresse est place de Bronckart 15, 4000 Liège. Pour Charleroi, boulevard Joseph Tirou 98, 6000 Charleroi. Pour Mons, place du Général de Gaulle 3, 7000 Mons. Pour Namur, place du Palais de Justice 5, 5000 Namur.

L'identification des parties doit être exhaustive. Pour le créancier requérant : nom complet et prénom pour une personne physique, ou dénomination sociale exacte telle qu'elle figure dans la Banque-Carrefour des Entreprises pour une personne morale, accompagnée du numéro BCE à dix chiffres (format 0XXX.XXX.XXX) et de l'adresse officielle. Pour le débiteur : mêmes exigences d'identification. La mention du numéro BCE ou de registre national permet à l'huissier de procéder aux vérifications nécessaires auprès de la BCE et des banques.

La description de la créance doit être à la fois factuelle et précise. Indiquez la nature juridique exacte de la créance (contrat de vente, de prêt, de bail commercial, de prestation de services, responsabilité civile délictuelle sur base des art. 1382-1383 ancien Code civil ou art. 5.2 nouveau Code civil du 13 avril 2019, etc.), le montant exact en euros (principal + intérêts calculés au taux légal ou conventionnel + frais à titre provisionnel), et les références précises des documents justificatifs (numéro de facture, date du contrat, etc.).

Pour la démonstration du risque d'insolvabilité ou de dissipation, soyez concret et factuel : citez les dates, les actes et les comportements spécifiques du débiteur qui justifient l'urgence. Évitez les généralités comme « le débiteur refuse de payer » qui ne démontrent pas le risque de dissipation. Préférez des formulations précises : « le débiteur a vendu son immeuble sis à Liège le [date] pour [montant] et n'a pas reversé les fonds correspondants à ses créanciers (pièce 6) ; le débiteur a fermé son compte bancaire principal auprès de BNP Paribas Fortis le [date] (pièce 7) ».

La désignation des biens à saisir doit permettre à l'huissier instrumentant de les identifier sans ambiguïté. Pour les comptes bancaires (saisie-arrêt), nommez les banques avec leur dénomination sociale complète et numéro BCE. Pour les véhicules (saisie mobilière), indiquez la marque, le modèle et la plaque d'immatriculation. Pour les immeubles (saisie immobilière), indiquez l'adresse complète et les références cadastrales (commune, division, section, numéro).

Erreurs courantes à éviter dans votre Demande de Saisie Conservatoire (Belgique)

La Saisie Conservatoire en Belgique fait l'objet de nombreuses erreurs procédurales et matérielles qui conduisent au rejet de la requête ou à la mainlevée ultérieure de la saisie. Connaître ces erreurs permet de les éviter.

Erreur numéro un : démontrer le caractère sérieux de la créance sans établir le risque de dissipation. Les juges des saisies des tribunaux de Bruxelles et de Liège rejettent régulièrement des requêtes qui prouvent abondamment l'existence de la créance mais n'apportent aucun élément concret sur le risque patrimonial. Une créance certaine et liquide mais sans périculum in mora établi ne justifie pas la saisie conservatoire : dans ce cas, le créancier doit introduire directement une procédure au fond ou, en cas d'urgence, une procédure en référé (art. 584 du Code judiciaire).

Erreur numéro deux : désigner des biens appartenant à des tiers. La saisie conservatoire ne peut porter que sur les biens appartenant personnellement au débiteur. Saisir les biens d'une société dont le débiteur est gérant ou actionnaire, sans établir une confusion de patrimoines ou une levée du voile social, constitue une saisie abusive sanctionnée par des dommages-intérêts (art. 5.2 nouveau Code civil du 13 avril 2019).

Erreur numéro trois : ne pas introduire la procédure au fond dans le délai fixé par l'ordonnance. L'article 1413 alinéa 2 du Code judiciaire est formel : si le créancier n'introduit pas la procédure au fond dans le délai imparti, la saisie est levée d'office sans qu'il soit nécessaire d'une décision judiciaire spéciale. Cette erreur est fréquente et entraîne la perte du bénéfice de la saisie et des frais engagés.

Erreur numéro quatre : présenter un dossier incomplet au greffe. L'absence de pièces justificatives essentielles (contrat non signé, factures sans preuve d'envoi, mise en demeure sans accusé de réception) affaiblit considérablement la requête. Le juge des saisies peut refuser de statuer ou exiger des compléments d'information, retardant la procédure et permettant au débiteur de prendre des mesures défensives.

Erreur numéro cinq : confondre saisie conservatoire et saisie-exécution. La saisie conservatoire ne permet pas au créancier de se payer sur les biens saisis : elle les rend uniquement indisponibles. Pour procéder à la vente forcée des biens, le créancier doit d'abord obtenir un titre exécutoire (jugement définitif, jugement par défaut, acte notarié exécutoire) et convertir ensuite la saisie conservatoire en saisie-exécution conformément à l'article 1489 du Code judiciaire belge.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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