Demande de Saisie Conservatoire (Belgique)
Qu'est-ce qu'un Demande de Saisie Conservatoire (Belgique) ?
La Demande de Saisie Conservatoire en Belgique est une procédure judiciaire d'urgence prévue par les articles 1413 à 1428 du Code judiciaire belge, permettant à un créancier d'obtenir du Juge des saisies (Président du Tribunal de première instance siégeant en qualité de juge des saisies en application de l'article 1395 du même code) l'autorisation de bloquer préventivement les biens du débiteur avant qu'une décision au fond ne soit rendue, afin d'éviter que ce dernier ne dissipe ou ne dissimule son patrimoine pour échapper à ses obligations.
La saisie conservatoire se distingue fondamentalement de la saisie-exécution par son caractère strictement préventif et non-définitif : elle ne permet pas au créancier de vendre ou de s'approprier les biens saisis, mais uniquement de les rendre indisponibles dans le patrimoine du débiteur pendant la durée de la procédure. Trois formes de saisie conservatoire sont organisées par le Code judiciaire belge selon la nature des biens visés : la saisie conservatoire mobilière (art. 1413 à 1428) porte sur les biens meubles corporels du débiteur ; la saisie-arrêt conservatoire (art. 1445 à 1460) porte sur les créances du débiteur à l'égard de tiers (comptes bancaires auprès de BNP Paribas Fortis, Belfius Bank, ING Belgique, KBC/CBC, Argenta, Crelan, etc.) ; la saisie conservatoire immobilière (art. 1562 à 1574) porte sur les biens immobiliers inscrits au cadastre de l'Administration du Cadastre, de l'Enregistrement et des Domaines (SPF Finances).
Les conditions de recevabilité d'une demande de saisie conservatoire sont définies à l'article 1413 du Code judiciaire belge et comprennent deux éléments cumulatifs. Premièrement, l'existence d'une créance sérieuse : la créance doit présenter un caractère plausible et suffisamment fondé, sans que le juge des saisies n'ait à se prononcer sur son existence certaine ou son montant définitif, conformément à la jurisprudence constante de la Cour de cassation belge (notamment Cass., 25 mai 2012, R.G. n° C.10.0697.N). Un document écrit (contrat, facture, billet à ordre, reconnaissances de dette) suffit généralement à établir le caractère sérieux. Deuxièmement, la démonstration d'une urgence ou d'un risque d'insolvabilité : le créancier doit établir concrètement que le débiteur est en train de dilapider, de dissimuler ou de transférer ses biens, ou qu'il présente des signes manifestes d'insolvabilité imminente tels que des procédures d'exécution multiples, une situation de cessation de paiements notoire ou des transferts patrimoniaux suspects.
La compétence territoriale pour introduire la requête en saisie conservatoire est déterminée par l'article 633 du Code judiciaire belge : le juge des saisies compétent est celui de l'arrondissement judiciaire du domicile ou du siège social du débiteur, ou de l'arrondissement du lieu où se trouvent les biens à saisir. La Belgique compte actuellement douze arrondissements judiciaires disposant d'un Tribunal de première instance : Bruxelles (bilingue FR/NL), Liège, Charleroi, Mons, Namur, Dinant (chambre correctionnelle), Marche-en-Famenne (Tribunal de police uniquement), Eupen (néerlandophone), Anvers, Gand, Bruges et Louvain.
La procédure de saisie conservatoire se déroule conformément aux articles 1420 à 1428 du Code judiciaire belge et est régie par le principe du contradictoire pour les saisies ordinaires (citation ou convocation du débiteur dans les 8 jours suivant l'autorisation), ou par une procédure unilatérale sur requête ex parte en cas d'urgence absolue (art. 1418 et 1028). La requête est déposée au greffe du Tribunal de première instance compétent ; l'ordonnance est rendue généralement dans les 24 à 72 heures par le juge des saisies. L'huissier de justice instrumentant la saisie doit la signifier au débiteur dans les trois jours ouvrables suivant la saisie (art. 1424 du Code judiciaire) et lui remettre un procès-verbal de saisie détaillant les biens saisis et leur description. Le créancier doit ensuite introduire la procédure au fond dans le délai fixé par le juge des saisies dans son ordonnance (généralement un mois) sous peine de voir la saisie levée d'office conformément à l'article 1413 alinéa 2 du Code judiciaire belge.
Quand avez-vous besoin d'un Demande de Saisie Conservatoire (Belgique) ?
La Saisie Conservatoire en Belgique est nécessaire dans toutes les situations où un créancier détient une créance sérieuse et plausible, mais craint que le débiteur ne dissipe son patrimoine avant qu'une décision judiciaire définitive au fond ne soit rendue. La jurisprudence du Tribunal de première instance de Bruxelles (chambre des saisies) et de la Cour d'appel de Liège a précisé au fil des années les circonstances typiques justifiant le recours à la saisie conservatoire.
Le premier cas classique est le débiteur commercial en difficulté financière sérieuse : une entreprise (SA, SRL, SNC, SCS, SC selon le Code des sociétés et des associations du 23 mars 2019 — CSA/WVV) qui accuse plusieurs mois de retard dans le paiement de ses factures, qui fait l'objet de multiples condamnations par défaut, ou dont la publication au Moniteur belge d'une dissolution ou d'une décision de l'assemblée générale extraordinaire révèle une cessation d'activité imminente. Dans ce cas, une saisie-arrêt conservatoire sur les comptes bancaires du débiteur ou sur les créances de celui-ci à l'égard de ses propres clients constitue le mécanisme le plus efficace.
Le deuxième cas fréquent est la transaction immobilière compromise : lorsqu'un vendeur ou un acquéreur de bien immeuble refuse d'honorer un avant-contrat (compromis de vente, promesse synallagmatique) et qu'il existe un risque de revente du bien à un tiers de bonne foi. La saisie conservatoire immobilière (art. 1562 à 1574 du Code judiciaire) permet de rendre le bien indisponible dans le patrimoine du vendeur défaillant et de préserver les droits de l'acquéreur lésé.
Le troisième cas est le contentieux entre actionnaires ou associés : une Société à Responsabilité Limitée (SRL) dont l'un des gérants procède à des transferts de fonds suspects vers des sociétés liées, ou dont un actionnaire majoritaire tente de céder les actifs de la société en vue de son insolvabilité organisée. La saisie conservatoire sur les actifs de la société ou sur les comptes bancaires personnels du gérant complice peut être autorisée par le juge des saisies du Tribunal de l'entreprise (art. 584 al. 2 du Code judiciaire) lorsque le litige entre dans le champ de la compétence commerciale.
Le quatrième cas est le contentieux successoral : un héritier qui constate que l'un de ses cohéritiers ou le conjoint survivant dilapide les biens de la succession avant le partage, ou qui suspecte une donation rapportable non déclarée. La saisie conservatoire sur les biens mobiliers ou sur les comptes bancaires de la succession peut être sollicitée devant le Tribunal de la famille (art. 76 du Code judiciaire, chambre de règlement amiable), qui statue également en qualité de juge des saisies dans les matières relevant de sa compétence.
Enfin, toute situation de créance commerciale impayée d'un montant significatif (pratiquement au-delà de 5.000 à 10.000 EUR) justifie le recours à la saisie conservatoire dès lors que les circonstances concrètes établissent un risque sérieux de non-recouvrement, que le délai pour obtenir un jugement contradictoire définitif est trop long (12 à 18 mois devant les juridictions belges en première instance), et que la créance est suffisamment documentée pour convaincre le juge des saisies de son caractère sérieux.
Que faut-il inclure dans votre Demande de Saisie Conservatoire (Belgique) ?
La Saisie Conservatoire en Belgique repose sur plusieurs éléments juridiques essentiels que tout créancier doit maîtriser avant d'introduire sa requête. La qualité du dossier présenté au juge des saisies détermine directement les chances de succès de la procédure.
Premier élément fondamental : la preuve documentaire de la créance. Le dossier doit comporter les pièces justificatives établissant l'existence et le montant de la créance avec un maximum de précision. Pour une créance contractuelle, les documents indispensables sont le contrat original signé des deux parties, les factures impayées avec accusé de réception ou preuve d'envoi recommandé, la ou les mises en demeure adressées au débiteur par recommandé avec avis de réception, et tout courrier ou courriel du débiteur reconnaissant sa dette. Pour une créance délictuelle ou quasi-délictuelle, le rapport d'expertise, le procès-verbal de constat, et l'estimation du préjudice constituent les pièces de base.
Deuxième élément : la démonstration convaincante de l'urgence ou du risque. Le juge des saisies exige des preuves concrètes et récentes (pas des suppositions) du risque que le débiteur dissipe ses biens. Les preuves recevables et efficaces comprennent : un extrait récent de la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) montrant la dissolution ou la radiation de la société débitrice ; un jugement de faillite ou une décision de réorganisation judiciaire (loi du 11 août 2017 sur les entreprises en difficultés) publiée au Moniteur belge ; des procès-verbaux de saisie-exécution infructueuse par d'autres créanciers (établissant l'insolvabilité de fait) ; des actes notariés de vente récents portant sur les principaux actifs du débiteur (consultables au Registre des actes du SPF Justice) ; ou un courrier du débiteur menaçant explicitement d'organiser son insolvabilité.
Troisième élément : la désignation précise des biens à saisir. La requête doit identifier avec précision les biens visés. Pour une saisie-arrêt conservatoire sur comptes bancaires, il faut mentionner les banques auprès desquelles le débiteur détient des comptes (BNP Paribas Fortis SA BCE 0403.199.702, Belfius Bank SA BCE 0403.201.185, ING Belgique SA BCE 0403.200.393, KBC Bank SA BCE 0462.920.226) en qualité de tiers saisis. Pour une saisie immobilière conservatoire, il faut indiquer la commune, la section cadastrale et le numéro de parcelle du bien visé.
Quatrième élément : les voies de recours disponibles. L'ordonnance du juge des saisies autorisant la saisie conservatoire peut être frappée d'appel par le débiteur devant la Cour d'appel dans le mois suivant la signification. Le débiteur peut également solliciter la mainlevée de la saisie devant le juge des saisies en démontrant que les conditions de la saisie ne sont pas remplies ou en offrant une garantie de remplacement suffisante. Si la créance au fond est finalement rejetée, le créancier peut être condamné à des dommages-intérêts pour saisie abusive sur base de l'article 1382 (ancien) du Code civil belge (désormais art. 5.2 nouveau Code civil du 13 avril 2019).
Le recours à un avocat inscrit au barreau de l'Ordre des Barreaux Francophones et Germanophone (OBFG) ou au barreau de l'Orde van Vlaamse Balies (OVB) est fortement recommandé. Les honoraires varient selon la complexité du dossier et le montant de la créance, mais une procédure standard coûte entre 1.000 et 3.000 EUR en honoraires d'avocat, auxquels s'ajoutent les droits de greffe (environ 100 à 200 EUR), les frais d'huissier pour la signification et l'instrumentarisation de la saisie (300 à 800 EUR selon le type de saisie et le nombre de biens saisis). Le modèle disponible sur forms-legal.com permet de préparer votre dossier avant la consultation de votre avocat, réduisant ainsi le temps de travail facturable.
Comment remplir votre Demande de Saisie Conservatoire (Belgique)
La Demande de Saisie Conservatoire en Belgique doit être complétée avec rigueur et précision pour convaincre le juge des saisies d'autoriser la mesure. Les erreurs ou imprécisions dans la requête peuvent entraîner son rejet ou une ordonnance incomplète difficile à instrumentaliser par l'huissier.
Commencez par identifier l'arrondissement judiciaire du juge des saisies compétent : celui du domicile ou siège social du débiteur, ou du lieu de situation des biens. Pour Bruxelles, le Tribunal de première instance est situé boulevard de Waterloo 70, 1000 Bruxelles (bilingue FR/NL). Pour Liège, l'adresse est place de Bronckart 15, 4000 Liège. Pour Charleroi, boulevard Joseph Tirou 98, 6000 Charleroi. Pour Mons, place du Général de Gaulle 3, 7000 Mons. Pour Namur, place du Palais de Justice 5, 5000 Namur.
L'identification des parties doit être exhaustive. Pour le créancier requérant : nom complet et prénom pour une personne physique, ou dénomination sociale exacte telle qu'elle figure dans la Banque-Carrefour des Entreprises pour une personne morale, accompagnée du numéro BCE à dix chiffres (format 0XXX.XXX.XXX) et de l'adresse officielle. Pour le débiteur : mêmes exigences d'identification. La mention du numéro BCE ou de registre national permet à l'huissier de procéder aux vérifications nécessaires auprès de la BCE et des banques.
La description de la créance doit être à la fois factuelle et précise. Indiquez la nature juridique exacte de la créance (contrat de vente, de prêt, de bail commercial, de prestation de services, responsabilité civile délictuelle sur base des art. 1382-1383 ancien Code civil ou art. 5.2 nouveau Code civil du 13 avril 2019, etc.), le montant exact en euros (principal + intérêts calculés au taux légal ou conventionnel + frais à titre provisionnel), et les références précises des documents justificatifs (numéro de facture, date du contrat, etc.).
Pour la démonstration du risque d'insolvabilité ou de dissipation, soyez concret et factuel : citez les dates, les actes et les comportements spécifiques du débiteur qui justifient l'urgence. Évitez les généralités comme « le débiteur refuse de payer » qui ne démontrent pas le risque de dissipation. Préférez des formulations précises : « le débiteur a vendu son immeuble sis à Liège le [date] pour [montant] et n'a pas reversé les fonds correspondants à ses créanciers (pièce 6) ; le débiteur a fermé son compte bancaire principal auprès de BNP Paribas Fortis le [date] (pièce 7) ».
La désignation des biens à saisir doit permettre à l'huissier instrumentant de les identifier sans ambiguïté. Pour les comptes bancaires (saisie-arrêt), nommez les banques avec leur dénomination sociale complète et numéro BCE. Pour les véhicules (saisie mobilière), indiquez la marque, le modèle et la plaque d'immatriculation. Pour les immeubles (saisie immobilière), indiquez l'adresse complète et les références cadastrales (commune, division, section, numéro).
Exigences juridiques pour Demande de Saisie Conservatoire (Belgique)
La Saisie Conservatoire en Belgique est soumise à un cadre légal précis défini par le Code judiciaire belge (Loi du 10 octobre 1967) et par la jurisprudence des juridictions belges. Le non-respect des conditions légales entraîne le rejet de la requête ou la mainlevée de la saisie.
Conditions substantielles de l'article 1413 du Code judiciaire : la créance doit être sérieuse (fumus boni juris), c'est-à-dire plausible à la lecture des pièces présentées, sans nécessité d'une preuve certaine (Cass. belge, 14 octobre 2004, Pas. 2004, I, 1562). L'urgence ou le risque d'insolvabilité doit être actuel et concret : un simple retard de paiement sans autre circonstance aggravante ne suffit pas à établir le périculum in mora requis par l'article 1413 du Code judiciaire (Cass., 12 mars 2009, R.G. n° C.08.0024.N). Le montant de la saisie doit être proportionné à la créance : une saisie manifestement disproportionnée peut être réduite ou levée par le juge des saisies.
Conditions formelles : la requête doit être déposée au greffe du Tribunal de première instance compétent, accompagnée de toutes les pièces justificatives (art. 1420 du Code judiciaire). Elle doit mentionner les noms, prénoms, domiciles et qualités des parties, l'objet de la demande, et l'exposé des moyens. Dans les procédures contradictoires, le débiteur doit être convoqué dans les délais légaux. Dans les procédures unilatérales (art. 1028 du Code judiciaire), la requête doit exposer les raisons justifiant l'urgence absolue.
Régime de la caution : le juge des saisies peut, dans son ordonnance, exiger du créancier la constitution d'une garantie (cautionnement, garantie bancaire ou consignation de fonds auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations gérée par le SPF Finances) pour répondre des dommages causés en cas de mainlevée ultérieure ou de rejet au fond (art. 1415 du Code judiciaire).
Obligations postérieures à la saisie : le créancier doit introduire la procédure au fond (citation devant le Tribunal de première instance, requête conjointe, ou procédure sur aveu) dans le délai fixé par le juge des saisies dans son ordonnance (généralement un mois), sous peine de voir la saisie levée d'office (art. 1413 al. 2 du Code judiciaire). L'huissier doit signifier le procès-verbal de saisie au débiteur dans les trois jours ouvrables suivant la saisie (art. 1424 du Code judiciaire) et transmettre une copie du procès-verbal au greffe du Tribunal de première instance (art. 1427).
Erreurs courantes à éviter dans votre Demande de Saisie Conservatoire (Belgique)
La Saisie Conservatoire en Belgique fait l'objet de nombreuses erreurs procédurales et matérielles qui conduisent au rejet de la requête ou à la mainlevée ultérieure de la saisie. Connaître ces erreurs permet de les éviter.
Erreur numéro un : démontrer le caractère sérieux de la créance sans établir le risque de dissipation. Les juges des saisies des tribunaux de Bruxelles et de Liège rejettent régulièrement des requêtes qui prouvent abondamment l'existence de la créance mais n'apportent aucun élément concret sur le risque patrimonial. Une créance certaine et liquide mais sans périculum in mora établi ne justifie pas la saisie conservatoire : dans ce cas, le créancier doit introduire directement une procédure au fond ou, en cas d'urgence, une procédure en référé (art. 584 du Code judiciaire).
Erreur numéro deux : désigner des biens appartenant à des tiers. La saisie conservatoire ne peut porter que sur les biens appartenant personnellement au débiteur. Saisir les biens d'une société dont le débiteur est gérant ou actionnaire, sans établir une confusion de patrimoines ou une levée du voile social, constitue une saisie abusive sanctionnée par des dommages-intérêts (art. 5.2 nouveau Code civil du 13 avril 2019).
Erreur numéro trois : ne pas introduire la procédure au fond dans le délai fixé par l'ordonnance. L'article 1413 alinéa 2 du Code judiciaire est formel : si le créancier n'introduit pas la procédure au fond dans le délai imparti, la saisie est levée d'office sans qu'il soit nécessaire d'une décision judiciaire spéciale. Cette erreur est fréquente et entraîne la perte du bénéfice de la saisie et des frais engagés.
Erreur numéro quatre : présenter un dossier incomplet au greffe. L'absence de pièces justificatives essentielles (contrat non signé, factures sans preuve d'envoi, mise en demeure sans accusé de réception) affaiblit considérablement la requête. Le juge des saisies peut refuser de statuer ou exiger des compléments d'information, retardant la procédure et permettant au débiteur de prendre des mesures défensives.
Erreur numéro cinq : confondre saisie conservatoire et saisie-exécution. La saisie conservatoire ne permet pas au créancier de se payer sur les biens saisis : elle les rend uniquement indisponibles. Pour procéder à la vente forcée des biens, le créancier doit d'abord obtenir un titre exécutoire (jugement définitif, jugement par défaut, acte notarié exécutoire) et convertir ensuite la saisie conservatoire en saisie-exécution conformément à l'article 1489 du Code judiciaire belge.
Questions Fréquentes
La saisie conservatoire et la saisie-exécution sont deux procédures distinctes réglées par le Code judiciaire belge. La saisie conservatoire (art. 1413-1428 Code judiciaire) est une mesure préventive : elle bloque les biens du débiteur pour les rendre indisponibles, mais ne permet pas encore au créancier de les vendre pour se rembourser. La saisie-exécution (art. 1489 et suivants Code judiciaire) est une mesure d'exécution forcée qui nécessite obligatoirement un titre exécutoire préalable (jugement définitif, acte notarié exécutoire, ordonnance de paiement passée en force de chose jugée) et permet la vente forcée des biens saisis. La conversion d'une saisie conservatoire en saisie-exécution intervient automatiquement dès que le créancier obtient son titre exécutoire, conformément à l'article 1489 du Code judiciaire, sans qu'il soit nécessaire de recommencer la procédure de saisie.
Le délai pour obtenir une ordonnance d'autorisation de saisie conservatoire en Belgique varie selon l'urgence et la juridiction. Dans les procédures unilatérales sur requête (art. 1028 du Code judiciaire), où l'urgence absolue est établie, le juge des saisies peut rendre son ordonnance dans les 24 à 72 heures suivant le dépôt de la requête complète au greffe. Dans les procédures contradictoires (citation du débiteur), le délai est d'environ 2 à 4 semaines à compter de la citation, selon l'encombrement du rôle de la chambre des saisies. À Bruxelles, les délais sont généralement un peu plus longs qu'à Liège ou Charleroi en raison du volume des affaires. Une fois l'ordonnance obtenue, l'huissier de justice peut procéder à la saisie immédiatement, parfois le jour même pour les saisies sur comptes bancaires.
Oui, le débiteur dispose de plusieurs voies pour s'opposer ou faire lever une saisie conservatoire en Belgique. Premièrement, il peut demander la mainlevée de la saisie devant le juge des saisies en démontrant que les conditions légales de l'article 1413 du Code judiciaire ne sont pas remplies, notamment l'absence de périculum in mora (risque de dissipation) ou le caractère non sérieux de la créance invoquée. Deuxièmement, il peut offrir une garantie de substitution suffisante (garantie bancaire, cautionnement, consignation de fonds) pour permettre la mainlevée de la saisie tout en préservant les droits du créancier. Troisièmement, il peut interjeter appel de l'ordonnance devant la Cour d'appel dans le mois suivant la signification. Si la créance au fond est finalement rejetée, le débiteur peut réclamer des dommages-intérêts au créancier pour saisie abusive sur base de l'article 5.2 du nouveau Code civil belge (Loi du 13 avril 2019).
La représentation par avocat n'est pas légalement obligatoire pour introduire une requête en saisie conservatoire devant le juge des saisies en Belgique, contrairement à certaines procédures qui requièrent le ministère d'un avocat. Cependant, le recours à un avocat inscrit au barreau de l'Ordre des Barreaux Francophones et Germanophone (OBFG) est fortement conseillé pour plusieurs raisons. D'abord, la rédaction d'une requête convaincante, qui démontre à la fois le caractère sérieux de la créance et le risque d'insolvabilité conformément à l'article 1413 du Code judiciaire, requiert une maîtrise des exigences jurisprudentielles spécifiques aux juridictions belges. Ensuite, la gestion des délais procéduraux (notamment l'obligation d'introduire la procédure au fond dans le délai imparti par l'ordonnance sous peine de mainlevée automatique) exige un suivi rigoureux. Le modèle disponible sur forms-legal.com permet de préparer les éléments de base avant la consultation de votre conseil, réduisant le temps facturable.
La mainlevée d'une saisie conservatoire en Belgique peut intervenir dans plusieurs circonstances et produit des effets spécifiques. Si la mainlevée est accordée à la demande du débiteur (art. 1414 du Code judiciaire) en raison de l'absence de conditions légales, le créancier perd le bénéfice de la saisie et les biens redeviennent disponibles dans le patrimoine du débiteur. Dans ce cas, le débiteur peut réclamer des dommages-intérêts au créancier pour le préjudice causé par la saisie abusive (immobilisation injustifiée des biens, frais bancaires, manque à gagner commercial). Si la mainlevée est due au défaut d'introduction de la procédure au fond dans le délai imparti par le juge des saisies (art. 1413 al. 2 Code judiciaire), la saisie est levée automatiquement et les frais d'huissier engagés sont à la charge du créancier défaillant. Si la créance est définitivement rejetée au fond, le créancier est exposé à une action en responsabilité civile pour saisie abusive devant le Tribunal de première instance.
Oui, la saisie-arrêt conservatoire (art. 1445-1460 du Code judiciaire belge) peut porter sur les comptes bancaires détenus par une société belge (SA, SRL, SNC, etc.) auprès d'établissements bancaires comme BNP Paribas Fortis (BCE 0403.199.702), Belfius Bank (BCE 0403.201.185), ING Belgique (BCE 0403.200.393), KBC Bank (BCE 0462.920.226) ou d'autres établissements de crédit. La banque devient alors tiers saisi et doit bloquer les fonds présents sur les comptes au moment de la signification de la saisie-arrêt, puis déclarer au greffe les créances qu'elle doit au débiteur saisi (art. 1452 et 1456 du Code judiciaire). La société débitrice ne peut plus disposer des fonds bloqués. Des exceptions existent : les allocations de chômage, les rémunérations en dessous du seuil insaisissable légal (Arrêté Royal du 27 décembre 2004 fixant les seuils d'insaisissabilité et de cessibilité), et les fonds de tiers déposés sur des comptes de tiers ségrégués ne peuvent pas être saisis.
Une procédure de saisie conservatoire en Belgique génère plusieurs catégories de frais que le créancier doit anticiper. Les droits de greffe pour le dépôt de la requête au greffe du Tribunal de première instance s'élèvent à environ 100 à 200 EUR selon la juridiction et le montant de la créance, conformément à l'Arrêté Royal du 28 décembre 1950 sur le tarif général des frais de justice civile et commerciale (modifié). Les honoraires de l'huissier de justice pour la signification de la requête au débiteur, la réalisation de la saisie proprement dite et la rédaction du procès-verbal de saisie varient entre 300 et 800 EUR selon la complexité de la saisie et le nombre de biens saisis, conformément au tarif officiel des huissiers de justice (Arrêté Royal du 30 novembre 1976). Les honoraires d'avocat (si vous êtes assisté d'un conseil) dépendent de la complexité du dossier : comptez entre 1.000 et 3.000 EUR pour une procédure standard en première instance. En cas de succès, une partie de ces frais peut être récupérée auprès du débiteur condamné via l'indemnité de procédure prévue par l'article 1022 du Code judiciaire belge.
Oui, et c'est précisément l'utilité principale de la saisie conservatoire en Belgique. La saisie conservatoire peut être demandée et obtenue avant tout jugement au fond, dès lors que les deux conditions de l'article 1413 du Code judiciaire sont réunies : une créance sérieuse et un risque d'insolvabilité ou de dissipation du patrimoine. Le créancier n'a pas besoin d'attendre la fin d'un procès civil ou commercial (qui peut durer 12 à 24 mois en première instance) pour protéger sa créance. En revanche, il doit impérativement introduire la procédure au fond dans le délai fixé par le juge des saisies dans son ordonnance (généralement un mois) pour obtenir son titre exécutoire. Ce n'est que lorsque le titre exécutoire sera obtenu que la saisie conservatoire pourra être convertie en saisie-exécution permettant la vente forcée des biens saisis. La saisie conservatoire constitue donc un instrument de sécurisation intermédiaire, entre l'exigibilité de la créance et l'obtention d'un titre exécutoire définitif par le Tribunal de première instance, la Cour d'appel ou la Cour de cassation belge.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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