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Recours au Conseil d'État — Belgique

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·ModÚle modifié pour la derniÚre fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Recours au Conseil d'État — Belgique ?

Le Recours au Conseil d'État en Belgique est rĂ©gi par Lois sur le Conseil d'État coordonnĂ©es le 12 janvier 1973, art. 14 §1er, 17, 19 et 21 et permet de saisir la juridiction belge compĂ©tente selon les rĂšgles du Code judiciaire.

La section du contentieux administratif du Conseil d'État est compĂ©tente pour les recours en annulation contre les actes et rĂšglements Ă©manant des autoritĂ©s administratives belges (art. 14 §1er Lois C.E.), les recours en suspension d'urgence (art. 17 Lois C.E.), les recours en mesures provisoires (art. 17 §4 Lois C.E.), les recours en indemnitĂ© pour lĂ©sion grave rĂ©sultant d'un acte administratif illĂ©gal (art. 11bis Lois C.E. — compĂ©tence limitĂ©e), et les recours en cassation administrative (art. 14 §2 Lois C.E.) contre les dĂ©cisions des juridictions administratives infĂ©rieures (Conseil du Contentieux des Étrangers, Commission des Loyers, etc.). La section du contentieux dispose de 5 chambres bilingues et de chambres nĂ©erlandophones et francophones. Les affaires se dĂ©roulant principalement en français sont traitĂ©es par les chambres francophones sous la prĂ©sidence d'un conseiller d'État.

Le recours en annulation (art. 14 §1er Lois C.E.) est le recours ordinaire par lequel une partie requĂ©rante (personne physique, personne morale, groupement de fait reprĂ©sentant des intĂ©rĂȘts collectifs) demande l'annulation rĂ©troactive d'un acte administratif unilatĂ©ral contraire aux lois et rĂšglements ou aux principes gĂ©nĂ©raux de droit. Le dĂ©lai ordinaire pour introduire un recours en annulation est de 60 jours Ă  compter de la notification ou de la publication de l'acte attaquĂ© (art. 19 Lois C.E. et art. 14 ArrĂȘtĂ© du RĂ©gent du 23 aoĂ»t 1948). Ce dĂ©lai est de rigueur : un recours introduit hors dĂ©lai est irrecevable d'office. L'annulation prononcĂ©e par le Conseil d'État a un effet erga omnes (opposable Ă  tous) et s'impose Ă  l'administration qui doit tirer les consĂ©quences de l'annulation.

Le recours en suspension d'urgence (art. 17 Lois C.E.) permet d'obtenir du Conseil d'État une suspension provisoire de l'exĂ©cution de l'acte attaquĂ© pendant la durĂ©e de la procĂ©dure en annulation, afin d'Ă©viter un prĂ©judice grave et difficilement rĂ©parable. Le requĂ©rant doit dĂ©montrer deux conditions cumulatives : l'urgence (prĂ©judice grave et difficilement rĂ©parable si la suspension n'est pas accordĂ©e) et l'apparence de lĂ©galitĂ© (moyen sĂ©rieux invoquant une illĂ©galitĂ© prima facie). La demande de suspension doit ĂȘtre introduite dans le mĂȘme dĂ©lai que le recours en annulation (60 jours) et gĂ©nĂ©ralement en mĂȘme temps que le recours en annulation. Le Conseil d'État statue en urgence sur la demande de suspension dans un dĂ©lai de 30 Ă  45 jours en chambre simple.

Les matiĂšres les plus frĂ©quemment soumises au Conseil d'État en section du contentieux administratif comprennent : les permis d'urbanisme et d'environnement accordĂ©s ou refusĂ©s (CWATUP/CoDT, COBAT, Code flamand d'amĂ©nagement), les dĂ©cisions en matiĂšre de marchĂ©s publics (Loi du 17 juin 2016 sur les marchĂ©s publics), les nominations et licenciements de fonctionnaires et agents contractuels de la fonction publique, les dĂ©cisions disciplinaires dans la fonction publique, les actes rĂ©glementaires (arrĂȘtĂ©s royaux, arrĂȘtĂ©s des gouvernements rĂ©gionaux), les dĂ©cisions de la Commission des marchĂ©s publics, les dĂ©cisions de l'AutoritĂ© de protection des donnĂ©es (APD/GBA), les actes des autoritĂ©s communales (dĂ©libĂ©rations du conseil communal, arrĂȘtĂ©s du bourgmestre). La compĂ©tence du Conseil d'État est subsidiaire : si une autre juridiction administrative est compĂ©tente (Tribunal du travail pour les litiges de la fonction publique contractuelle, Conseil du Contentieux des Étrangers pour les Ă©trangers), le Conseil d'État n'est pas compĂ©tent pour le recours en annulation de la dĂ©cision de cette juridiction mais peut exercer un recours en cassation.

L'accĂšs au Conseil d'État est soumis Ă  la condition de reprĂ©sentation obligatoire par un avocat inscrit Ă  l'Ordre des Barreaux francophones et germanophone (OBFG) ou Ă  l'Ordre des Barreaux nĂ©erlandophones (OVB), conformĂ©ment Ă  l'article 21 alinĂ©a 1er des Lois C.E. Les mĂ©moires et requĂȘtes doivent ĂȘtre rĂ©digĂ©s selon les exigences de forme prescrites par l'ArrĂȘtĂ© du RĂ©gent du 23 aoĂ»t 1948 (identitĂ© du requĂ©rant, dĂ©signation prĂ©cise de l'acte attaquĂ©, exposĂ© des faits, moyens dĂ©veloppĂ©s, conclusions). Le Conseil d'État dispose d'un service de greffe numĂ©rique accessible via e-Deposit sur son portail en ligne (raadvst-consetat.be) qui permet le dĂ©pĂŽt Ă©lectronique des requĂȘtes et mĂ©moires.

Quand avez-vous besoin d'un Recours au Conseil d'État — Belgique ?

Le recours au Conseil d'État belge s'avĂšre nĂ©cessaire dans de nombreuses situations oĂč une autoritĂ© administrative a pris une dĂ©cision contraire au droit ou aux intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes d'un particulier ou d'une organisation.

Contestation d'un permis d'urbanisme accordĂ© Ă  un voisin. Un propriĂ©taire ou riverain qui s'estime lĂ©sĂ© par un permis d'urbanisme accordĂ© par une commune wallonne (conforme au CoDT — Code du DĂ©veloppement territorial, DĂ©cret du 20 juillet 2016), bruxelloise (COBAT — Code bruxellois de l'amĂ©nagement du territoire) ou flamande (Code flamand d'amĂ©nagement) peut introduire un recours en annulation devant le Conseil d'État dans les 60 jours de la publication ou notification du permis. Le Conseil d'État peut annuler un permis d'urbanisme accordĂ© en violation des prescriptions du plan de secteur, du rĂšglement communal d'urbanisme, de la rĂ©glementation sur l'Ă©valuation d'incidences environnementales ou de la participation du public.

Refus illĂ©gal d'un permis de construire. Inversement, le demandeur qui s'est vu refuser un permis d'urbanisme par l'autoritĂ© compĂ©tente (collĂšge communal, fonctionnaire dĂ©lĂ©guĂ©, Gouvernement de la RĂ©gion wallonne ou bruxelloise) peut contester ce refus devant le Conseil d'État si le refus est entachĂ© d'un vice de lĂ©galitĂ© (vice de procĂ©dure, absence de motivation adĂ©quate, erreur manifeste d'apprĂ©ciation, violation des droits de la dĂ©fense). Un recours en suspension d'urgence est possible si les dĂ©lais lĂ©gaux de dĂ©cision ont Ă©tĂ© dĂ©passĂ©s ou si le refus cause un prĂ©judice urgent.

Contestations de marchĂ©s publics. La Loi du 17 juin 2016 sur les marchĂ©s publics et la Loi du 17 juin 2013 sur les recours permettent aux soumissionnaires Ă©vincĂ©s de contester les dĂ©cisions d'attribution des marchĂ©s publics. La contestation d'une dĂ©cision d'attribution peut ĂȘtre portĂ©e devant le Conseil d'État (recours en annulation dans les 60 jours) ou devant le juge judiciaire des rĂ©fĂ©rĂ©s (procĂ©dure accĂ©lĂ©rĂ©e avant la conclusion du contrat). Le Conseil d'État peut annuler la dĂ©cision d'attribution illĂ©gale et ordonner la rĂ©ouverture de la procĂ©dure.

Licenciements et sanctions dans la fonction publique. Les fonctionnaires nommĂ©s (agents statutaires) des services publics fĂ©dĂ©raux, des communautĂ©s, des rĂ©gions et des administrations locales dont le licenciement, la rĂ©vocation, la rĂ©trogradation ou toute autre sanction disciplinaire est contestĂ© peuvent recourir au Conseil d'État pour annulation de la dĂ©cision administrative. La section du contentieux dispose d'une compĂ©tence de pleine juridiction pour certains litiges de la fonction publique. Le dĂ©lai de recours est de 60 jours Ă  compter de la notification de la dĂ©cision.

Actes rĂ©glementaires illĂ©gaux. Toute personne affectĂ©e par un arrĂȘtĂ© royal, un arrĂȘtĂ© du Gouvernement wallon, flamand ou bruxellois, ou tout autre acte rĂ©glementaire d'une autoritĂ© administrative belge qui viole une norme lĂ©gale supĂ©rieure (Constitution, loi, convention internationale directement applicable) peut en demander l'annulation devant le Conseil d'État. Ce contrĂŽle de lĂ©galitĂ© des actes rĂ©glementaires constitue une garantie essentielle du principe de lĂ©galitĂ© dans l'État de droit belge. La Cour constitutionnelle (anciennement Cour d'Arbitrage) est compĂ©tente pour le contrĂŽle de la conformitĂ© des lois, dĂ©crets et ordonnances Ă  la Constitution, tandis que le Conseil d'État contrĂŽle la lĂ©galitĂ© des actes rĂ©glementaires d'exĂ©cution.

DĂ©cisions des autoritĂ©s de rĂ©gulation. Les dĂ©cisions de l'AutoritĂ© de protection des donnĂ©es (APD/GBA) en matiĂšre de RGPD, de l'AutoritĂ© belge de la concurrence (ABC/BMA), de la FSMA (Financial Services and Markets Authority) ou d'autres autoritĂ©s de rĂ©gulation peuvent faire l'objet d'un recours en annulation devant le Conseil d'État si ces dĂ©cisions constituent des actes administratifs unilatĂ©raux. L'applicabilitĂ© de la procĂ©dure varie selon les dispositions lĂ©gales propres Ă  chaque autoritĂ© de rĂ©gulation (certaines disposant de leurs propres juridictions de recours).

Nominations contestĂ©es dans la fonction publique. La nomination d'un fonctionnaire Ă  un grade supĂ©rieur ou Ă  un poste de direction dans l'administration peut ĂȘtre contestĂ©e par un candidat Ă©vincĂ© qui estime que la procĂ©dure de sĂ©lection n'a pas respectĂ© les principes d'Ă©galitĂ©, d'impartialitĂ© ou les rĂšgles de procĂ©dure statutaire. Le Conseil d'État examine la rĂ©gularitĂ© de la procĂ©dure de sĂ©lection et peut annuler une nomination illĂ©gale, forçant l'administration Ă  organiser une nouvelle procĂ©dure conforme au droit.

Que faut-il inclure dans votre Recours au Conseil d'État — Belgique ?

Une requĂȘte en annulation ou en suspension devant le Conseil d'État belge doit respecter des exigences de forme et de fond strictement dĂ©finies par les Lois C.E. et l'ArrĂȘtĂ© du RĂ©gent du 23 aoĂ»t 1948. Voici les Ă©lĂ©ments indispensables.

Identification prĂ©cise du requĂ©rant et de son avocat. Mentionner le nom complet, l'adresse et la qualitĂ© du requĂ©rant (personne physique ou morale), ainsi que le nom, barreau et adresse de l'avocat qui le reprĂ©sente (reprĂ©sentation obligatoire). Pour les personnes morales (sociĂ©tĂ©s, ASBL, communes), mentionner la forme juridique, le numĂ©ro BCE et le reprĂ©sentant lĂ©gal habilitĂ©. La qualitĂ© pour agir (intĂ©rĂȘt Ă  agir — direct, actuel et personnel ou collectif pour les groupements dĂ©fendant des intĂ©rĂȘts communs) doit ĂȘtre exposĂ©e dĂšs la requĂȘte.

DĂ©signation prĂ©cise de l'acte attaquĂ©. Identifier avec prĂ©cision l'acte administratif dont l'annulation ou la suspension est demandĂ©e : nature de l'acte (arrĂȘtĂ© royal, arrĂȘtĂ© ministĂ©riel, dĂ©cision de permis, dĂ©libĂ©ration communale, dĂ©cision de nomination), rĂ©fĂ©rence et date de l'acte, autoritĂ© Ă©mettrice, date et mode de notification ou de publication. La dĂ©signation imprĂ©cise de l'acte peut entraĂźner l'irrecevabilitĂ© de la requĂȘte.

ExposĂ© des faits et antĂ©cĂ©dents de la procĂ©dure. DĂ©crire chronologiquement les faits pertinents : dĂ©marches administratives prĂ©alables, demandes introduites, dĂ©cisions rendues, voies de recours internes Ă©puisĂ©es (recours hiĂ©rarchique, recours auprĂšs de l'organe de tutelle). Le Conseil d'État n'est pas un deuxiĂšme degrĂ© de l'administration et ne refait pas l'instruction administrative — il contrĂŽle uniquement la lĂ©galitĂ© de l'acte.

Moyens d'annulation ou de suspension. Les moyens sont les arguments juridiques invoquĂ©s pour dĂ©montrer l'illĂ©galitĂ© de l'acte attaquĂ©. Chaque moyen doit exposer : la rĂšgle de droit violĂ©e (article de loi, principe gĂ©nĂ©ral de droit, convention internationale), la façon dont l'acte viole cette rĂšgle, et le lien entre la violation et le dispositif de l'acte. Les moyens classiques devant le Conseil d'État comprennent la violation d'une rĂšgle de compĂ©tence (acte pris par une autoritĂ© incompĂ©tente), l'excĂšs de pouvoir, la violation des formes substantielles ou prescrites Ă  peine de nullitĂ© (vice de procĂ©dure, absence de consultation obligatoire), la violation de la loi ou du rĂšglement, le dĂ©tournement de pouvoir, la violation du principe d'Ă©galitĂ©, la violation des droits de la dĂ©fense (audi alteram partem), la contradiction interne du dispositif. forms-legal.com propose Ă©galement le modĂšle de recours administratif prĂ©alable pour les contestations sans saisine du Conseil d'État.

Conditions spĂ©cifiques pour la demande de suspension d'urgence. La demande de suspension requiert de dĂ©montrer cumulativement l'urgence et l'apparence de lĂ©galitĂ© (art. 17 Lois C.E.). L'urgence se prouve par la dĂ©monstration d'un prĂ©judice grave et difficilement rĂ©parable si l'acte est exĂ©cutĂ© avant la dĂ©cision sur l'annulation : le prĂ©judice doit ĂȘtre grave (important, substantiel, dĂ©passant le simple inconvĂ©nient) et difficilement rĂ©parable (ne pouvant ĂȘtre pleinement compensĂ© par des dommages et intĂ©rĂȘts). L'apparence de lĂ©galitĂ© exige la prĂ©sentation d'un moyen sĂ©rieux (pas manifestement irrecevable ou infondĂ© Ă  l'examen prima facie). La jurisprudence du Conseil d'État sur ces conditions doit ĂȘtre maĂźtrisĂ©e.

PiĂšces et annexes Ă  joindre. La requĂȘte doit ĂȘtre accompagnĂ©e de : copie certifiĂ©e conforme de l'acte attaquĂ©, piĂšces dĂ©montrant la recevabilitĂ© du recours (qualitĂ© pour agir, dĂ©lai respectĂ©, notification ou publication de l'acte), piĂšces justificatives des faits exposĂ©s, piĂšces dĂ©montrant l'urgence si suspension demandĂ©e. Les piĂšces doivent ĂȘtre inventoriĂ©es et numĂ©rotĂ©es. La requĂȘte et les piĂšces sont dĂ©posĂ©es par voie Ă©lectronique via e-Deposit sur le portail du Conseil d'État (raadvst-consetat.be) ou physiquement au greffe.

Conclusions prĂ©cises et demande expresse. Formuler clairement les conclusions : annulation de l'acte (en prĂ©cisant lequel), suspension d'urgence (avec conditions), mesures provisoires, condamnation aux frais de procĂ©dure (dĂ©pens). Le Conseil d'État ne peut pas statuer ultra petita (au-delĂ  des demandes des parties). La demande d'annulation et la demande de suspension doivent ĂȘtre formulĂ©es sĂ©parĂ©ment. Les astreintes peuvent ĂȘtre demandĂ©es pour assurer l'exĂ©cution d'un arrĂȘt d'annulation (art. 37 Lois C.E.).

Comment remplir votre Recours au Conseil d'État — Belgique

La procĂ©dure devant le Conseil d'État belge est strictement rĂ©glementĂ©e et requiert l'assistance d'un avocat spĂ©cialisĂ© en contentieux administratif. Voici les Ă©tapes essentielles.

Étape 1 - Consulter un avocat spĂ©cialisĂ© immĂ©diatement. DĂšs rĂ©ception d'un acte administratif contestable, consulter sans dĂ©lai un avocat inscrit Ă  l'OBFG (Ordre des Barreaux francophones et germanophone) spĂ©cialisĂ© en droit administratif et en contentieux du Conseil d'État. Le dĂ©lai de 60 jours court immĂ©diatement Ă  partir de la notification ou publication de l'acte. La reprĂ©sentation par avocat est obligatoire devant le Conseil d'État (art. 21 al. 1er Lois C.E.). L'avocat Ă©value la recevabilitĂ© du recours, l'intĂ©rĂȘt Ă  agir et les moyens d'annulation.

Étape 2 - Identifier prĂ©cisĂ©ment l'acte attaquĂ© et vĂ©rifier le dĂ©lai. Retrouver l'acte administratif attaquĂ© (arrĂȘtĂ©, dĂ©cision, permis) dans sa version complĂšte avec date et rĂ©fĂ©rence. Calculer prĂ©cisĂ©ment le dĂ©lai de recours de 60 jours calendriers Ă  partir de la date de notification (recommandĂ©) ou de publication (Moniteur belge, tableau d'affichage communal). En cas de doute sur la date de dĂ©part du dĂ©lai, l'avocat stagiaire doit documenter le calcul. En cas de dĂ©lai dĂ©passĂ©, envisager d'autres voies (exception d'illĂ©galitĂ©, action civile).

Étape 3 - Constituer le dossier de piĂšces. Rassembler toutes les piĂšces pertinentes : acte attaquĂ© en original ou copie certifiĂ©e, correspondances avec l'administration, dossier administratif demandĂ© Ă  l'autoritĂ© (droit d'accĂšs aux documents administratifs — Loi du 11 avril 1994 sur la publicitĂ© de l'administration), piĂšces prouvant la qualitĂ© pour agir et l'intĂ©rĂȘt Ă  agir, piĂšces dĂ©montrant l'urgence si suspension demandĂ©e. L'inventaire des piĂšces est annexĂ© Ă  la requĂȘte.

Étape 4 - RĂ©diger la requĂȘte selon les exigences formelles. La requĂȘte doit comporter obligatoirement (art. 14 ArrĂȘtĂ© du RĂ©gent du 23 aoĂ»t 1948) : l'identification du requĂ©rant et de son avocat, la dĂ©signation prĂ©cise de l'acte attaquĂ©, l'exposĂ© des faits, les moyens dĂ©veloppĂ©s avec arguments de fait et de droit, et les conclusions prĂ©cises (annulation, suspension, dĂ©pens). La requĂȘte doit ĂȘtre signĂ©e par l'avocat. La langue de la procĂ©dure est dĂ©terminĂ©e selon les rĂšgles de l'emploi des langues en matiĂšre administrative.

Étape 5 - DĂ©poser la requĂȘte via e-Deposit ou au greffe. La requĂȘte et ses annexes sont dĂ©posĂ©es par voie Ă©lectronique via l'application e-Deposit sur le portail du Conseil d'État (raadvst-consetat.be) aprĂšs crĂ©ation d'un compte avocat. Le dĂ©pĂŽt Ă©lectronique est la voie normale depuis 2016. En cas d'impossibilitĂ© technique, le dĂ©pĂŽt physique au greffe du Conseil d'État (rue de la Science 33, 1040 Bruxelles) reste possible. Un accusĂ© de rĂ©ception Ă©lectronique ou physique confirme le dĂ©pĂŽt.

Étape 6 - Notifier la requĂȘte Ă  la partie adverse. ConformĂ©ment Ă  l'article 16 de l'ArrĂȘtĂ© du RĂ©gent du 23 aoĂ»t 1948, la requĂȘte doit ĂȘtre notifiĂ©e par pli recommandĂ© Ă  toutes les parties en cause : l'autoritĂ© dont l'acte est attaquĂ© et, le cas Ă©chĂ©ant, les parties intervenantes dont les droits pourraient ĂȘtre affectĂ©s par l'annulation (bĂ©nĂ©ficiaire d'un permis contestĂ© par exemple). La preuve de notification est jointe au dossier de procĂ©dure.

Étape 7 - Suivre la procĂ©dure et dĂ©poser les mĂ©moires. La procĂ©dure devant le Conseil d'État comprend des Ă©changes de mĂ©moires : mĂ©moire en rĂ©ponse de l'autoritĂ© administrative (dans les 60 jours), mĂ©moire en rĂ©plique du requĂ©rant, mĂ©moire en duplique de l'autoritĂ©. Chaque mĂ©moire est dĂ©posĂ© via e-Deposit et notifiĂ© aux parties. L'auditorat du Conseil d'État (corps indĂ©pendant d'auditeurs) instruit l'affaire et rĂ©dige un rapport. L'affaire est ensuite plaidĂ©e Ă  l'audience devant la chambre compĂ©tente du Conseil d'État.

Erreurs courantes Ă  Ă©viter dans votre Recours au Conseil d'État — Belgique

La procĂ©dure devant le Conseil d'État belge est exigeante et les erreurs de forme ou de dĂ©lai ont des consĂ©quences dĂ©finitives. Voici les plus frĂ©quentes.

Erreur 1 - Recours introduit hors dĂ©lai. Le dĂ©lai de 60 jours est impĂ©ratif et court mĂȘme si le requĂ©rant ignorait la dĂ©cision (Ă  condition que la notification ou publication ait Ă©tĂ© rĂ©guliĂšre). Une requĂȘte tardive est irrecevable sans possibilitĂ© de relevĂ© de forclusion. Identifier immĂ©diatement la date de notification ou publication pour calculer le dĂ©lai dĂšs rĂ©ception d'un acte administratif contestable.

Erreur 2 - DĂ©faut d'intĂ©rĂȘt Ă  agir. Le Conseil d'État rejette rĂ©guliĂšrement des recours pour dĂ©faut d'intĂ©rĂȘt lorsque le requĂ©rant ne peut pas dĂ©montrer que l'acte le lĂšse personnellement et directement. Un voisin doit dĂ©montrer que le permis contestĂ© affecte concrĂštement ses conditions de vie ou son droit de propriĂ©tĂ© (proximitĂ©, impact visuel, nuisances). Un concurrent Ă©vincĂ© doit dĂ©montrer qu'il Ă©tait qualifiĂ© pour remporter le marchĂ© public.

Erreur 3 - Confusion entre Conseil d'État et Tribunal administratif. Certains requĂ©rants confondent le Conseil d'État (compĂ©tent pour les actes administratifs unilatĂ©raux des autoritĂ©s publiques) avec les juridictions civiles (Tribunal de premiĂšre instance pour les litiges de droit privĂ© impliquant des personnes publiques agissant comme personnes de droit privĂ©) ou avec les juridictions administratives spĂ©cialisĂ©es (Conseil du Contentieux des Étrangers pour les dĂ©cisions d'asile et d'immigration, Tribunal du travail pour les contractuels de la fonction publique). Un recours introduit devant la mauvaise juridiction sera dĂ©clarĂ© irrecevable avec perte du dĂ©lai.

Erreur 4 - Moyens trop vagues ou insuffisamment dĂ©veloppĂ©s. Un recours qui expose des griefs gĂ©nĂ©raux (l'acte est injuste, contraire Ă  l'Ă©quitĂ©) sans dĂ©velopper de moyens juridiques prĂ©cis (article de loi violĂ©, principe gĂ©nĂ©ral de droit mĂ©connu) sera dĂ©clarĂ© irrecevable pour absence de moyen. Chaque moyen doit ĂȘtre dĂ©veloppĂ© avec rigueur : rĂšgle de droit violĂ©e + façon dont elle est violĂ©e + lien causal avec le dispositif de l'acte.

Erreur 5 - Demande de suspension sans dĂ©monstration de l'urgence. Le Conseil d'État rejette frĂ©quemment les demandes de suspension faute de dĂ©monstration suffisante de l'urgence. Un simple inconvĂ©nient ou dĂ©sagrĂ©ment ne constitue pas un prĂ©judice grave et difficilement rĂ©parable. L'urgence doit ĂȘtre documentĂ©e concrĂštement : calendrier de construction imminent, dĂ©lais commerciaux irrĂ©versibles, atteinte aux droits fondamentaux. La dĂ©monstration de l'urgence doit ĂȘtre spĂ©cifique et chiffrĂ©e.

Erreur 6 - Oubli de la notification Ă  toutes les parties. La requĂȘte doit ĂȘtre notifiĂ©e par pli recommandĂ© Ă  toutes les parties potentiellement touchĂ©es par l'annulation (bĂ©nĂ©ficiaire du permis contestĂ©, autre candidat nommĂ©, administration concernĂ©e). L'absence de notification peut entraĂźner le renvoi ou la suspension de l'instruction jusqu'Ă  rĂ©gularisation. L'inventaire de toutes les parties Ă  notifier doit ĂȘtre Ă©tabli dĂšs le dĂ©part avec l'avocat.

Erreur 7 - Non-demande d'accĂšs au dossier administratif. Avant de dĂ©poser la requĂȘte, le requĂ©rant devrait demander Ă  l'autoritĂ© administrative l'accĂšs complet au dossier administratif ayant conduit Ă  la dĂ©cision contestĂ©e, sur la base de la Loi du 11 avril 1994 sur la publicitĂ© de l'administration et du DĂ©cret wallon du 30 mars 1995 sur la publicitĂ© de l'administration. Les documents du dossier administratif (rapports, avis, procĂšs-verbaux) peuvent rĂ©vĂ©ler des vices de procĂ©dure ou des illĂ©galitĂ©s qui renforcent considĂ©rablement les moyens de la requĂȘte.

Questions Fréquentes

ModĂšle rĂ©fĂ©rencĂ© aux textes lĂ©gaux — ModĂšle modifiĂ© pour la derniĂšre fois en juin 2026

Ce modÚle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complÚte

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