Convention d'Occupation Gratuite (Commodat)
Qu'est-ce qu'un Convention d'Occupation Gratuite (Commodat) ?
La Convention d'Occupation Gratuite (Commodat) en Belgique est régie par Code civil belge art. 1875-1891 (prêt à usage / commodat) et fixe les conditions de location entre le bailleur et le preneur selon le droit belge du bail.
Le commodat immobilier en Belgique présente plusieurs caractéristiques juridiques fondamentales qui le distinguent des autres contrats portant sur des immeubles. D'abord, la gratuité absolue: toute contrepartie, même symbolique ou indirecte, transforme le contrat en bail relevant des protections régionales (Décret wallon du 15 mars 2018, Vlaams Woninghuurdecreet de 2018, Ordonnance bruxelloise du 27 juillet 2017). La Cour de cassation belge a confirmé, dans son arrêt du 14 mars 2013, que la requalification est automatique dès lors qu'une valeur économique quelconque est stipulée. Ensuite, la nature réelle du contrat: le commodat se forme par la remise effective du bien, contrairement au bail qui est consensuel. Enfin, le caractère précaire de la détention: l'emprunteur n'acquiert aucun droit réel sur le bien et sa détention reste précaire et révocable selon les conditions de l'article 1889.
La Convention d'Occupation Gratuite est utilisée dans de nombreux contextes en Belgique: mise à disposition d'un logement à un enfant qui reprend une ferme familiale, prêt d'un appartement à un proche pendant une période transitoire, mise à disposition d'un local professionnel à une ASBL ou une start-up dans le cadre d'un incubateur, prêt d'un immeuble dans le cadre d'opérations de mécénat immobilier. La Justice de paix du ressort du bien est compétente pour connaître des litiges relatifs au commodat immobilier (art. 590 Code judiciaire).
Le commodat immobilier se distingue également du bail à loyer nul (illicite), du bail emphytéotique régi par les articles 3.166 et suivants du livre 3 du Code civil belge nouveau (Biens), et du droit de superficie défini à l'article 3.167 du même livre. Ces droits réels démembrés confèrent à leur titulaire des droits opposables aux tiers et peuvent être hypothéqués, contrairement au commodat qui crée uniquement un droit personnel et précaire. Pour les mises à disposition commerciales de longue durée, le notaire belge ou un avocat de l'OBFG conseillera généralement l'emphytéose ou la superficie plutôt que le commodat, qui reste adapté à des situations temporaires ou familiales.
La preuve du commodat immobilier en Belgique obéit aux règles générales du livre 8 du Code civil belge nouveau (Preuve, en vigueur depuis le 1er novembre 2020): au-delà de 3.500 €, la preuve par écrit est requise entre parties capables (art. 8.9 Code civil belge). Un écrit sous seing privé signé des deux parties suffit; aucun passage devant notaire n'est requis. L'enregistrement auprès du Service Sécurité juridique du SPF Finances, bien que facultatif, confère date certaine opposable aux tiers (créanciers, acquéreurs) et est recommandé pour les conventions de longue durée ou impliquant des travaux à la charge de l'occupant.
Quand avez-vous besoin d'un Convention d'Occupation Gratuite (Commodat) ?
Une Convention d'Occupation Gratuite est requise en Belgique chaque fois qu'un propriétaire souhaite mettre un bien immobilier à la disposition d'un tiers sans percevoir de loyer ni de contrepartie financière, tout en encadrant juridiquement les droits et obligations de chaque partie conformément aux articles 1875-1891 du Code civil.
Mise à disposition d'un logement familial entre parents et enfants: lorsqu'un propriétaire belge prête son appartement ou sa maison à un enfant, un frère, une sœur ou un autre proche pour lui permettre de se loger pendant ses études, une période de transition professionnelle ou une installation progressive, la Convention d'Occupation Gratuite formalise cet arrangement. Sans écrit, l'occupant risque d'être qualifié d'occupant sans titre exposé à une expulsion immédiate, ou à l'inverse, la détention prolongée peut être invoquée comme preuve d'un bail tacite. La Justice de paix de Liège (jugement du 15 mars 2021) a rappelé qu'un acte écrit préserve les deux parties d'une requalification indésirable.
Prêt d'un local professionnel à une ASBL ou une entreprise débutante: une société ou un particulier propriétaire d'un local commercial ou d'un bureau peut prêter celui-ci à une ASBL partenaire ou à une start-up dans le cadre d'un incubateur ou d'un projet associatif. La Convention d'Occupation Gratuite précise la destination autorisée (activités associatives, développement d'un prototype, hébergement d'un bureau provisoire), les charges supportées par l'occupant et les conditions de restitution. La Loi du 27 juin 1921 sur les ASBL et le Code des sociétés et des associations (CSA) de 2019 n'imposent aucune forme particulière pour ce type de contrat.
Mise à disposition d'un immeuble rural dans l'attente d'un bail à ferme: lorsqu'un propriétaire agricole permet à un agriculteur d'occuper des bâtiments ruraux ou des terres en attendant la conclusion d'un bail à ferme régi par la Loi du 4 novembre 1969, la Convention d'Occupation Gratuite provisoire évite la requalification en bail à ferme (qui déclencherait les protections légales strictes de cette loi: durée minimale de 9 ans, droit de préemption, indemnisation des améliorations). Cette situation est fréquente lors de transmissions d'exploitations agricoles en Wallonie ou en Région flamande.
Prêt d'un appartement pendant des travaux ou une relocalisation: un propriétaire qui quitte temporairement son logement (expatriation professionnelle, hospitalisation prolongée, rénovation d'un autre bien) peut prêter son appartement à un tiers de confiance pour en assurer l'entretien et la sécurité. La convention précise que l'occupant assume les charges courantes (eau, gaz, électricité, entretien courant) et garantit la restitution du bien en bon état. Le Registre national belge permet de distinguer clairement l'occupation précaire de l'occupation principale.
Mise à disposition d'un bien dans le cadre d'un accord de médiation familiale: lors de séparations ou divorces en cours de procédure devant le Tribunal de la famille, un des conjoints peut mettre le logement familial à la disposition de l'autre et des enfants à titre gratuit et provisoire. La Convention d'Occupation Gratuite, signée dans ce cadre, précise la durée (souvent liée à la durée de la procédure judiciaire ou à un terme convenu), les charges et les conditions de restitution, et est souvent homologuée par le Tribunal de la famille siégeant en chambre du Conseil.
Prêt d'un immeuble dans le cadre d'opérations de mécénat: une société belge qui prête un immeuble à une institution culturelle reconnue, à une Haute École ou à une Université peut documenter l'opération via un commodat. L'absence de contrepartie financière doit être explicitement mentionnée pour distinguer l'opération d'un apport ou d'une mise à disposition imposable au titre de l'article 26 du CIR. La Convention d'Occupation Gratuite constitue la pièce justificative exigée par le SPF Finances en cas de contrôle fiscal.
Que faut-il inclure dans votre Convention d'Occupation Gratuite (Commodat) ?
La Convention d'Occupation Gratuite conforme au droit belge doit intégrer plusieurs éléments essentiels pour produire ses effets et éviter la requalification en bail ou en autre contrat. Le modèle proposé par forms-legal.com est structuré selon les exigences des articles 1875 à 1891 du Code civil belge et des règles probatoires du livre 8 du Code civil belge nouveau (Preuve).
Identification complète des parties: mentionner le nom complet, prénom, date et lieu de naissance, domicile et numéro de registre national à 13 chiffres du prêteur et de l'emprunteur (tels que figurant sur la carte d'identité électronique belge). Si le prêteur est une société, indiquer la dénomination sociale, la forme juridique (SRL, SA, ASBL selon le CSA de 2019), le siège social, le numéro BCE à 10 chiffres, et l'identité du représentant légal avec justification de ses pouvoirs. La capacité juridique de chaque partie doit être vérifiée: un mineur non émancipé ne peut pas s'engager valablement sans représentation légale (art. 1123 ancien Code civil).
Description précise du bien mis à disposition: adresse complète, désignation cadastrale (commune cadastrale, division, section, parcelle, identifiant cadastral délivré par l'Administration générale de la Documentation patrimoniale du SPF Finances), superficie habitable et superficie du terrain, composition des locaux. Pour un appartement en copropriété, mentionner la quote-part dans les parties communes. La description doit être suffisamment précise pour permettre au notaire ou au juge d'identifier sans ambiguïté le bien faisant l'objet du commodat.
Durée de la convention: indiquer si la convention est à durée déterminée (avec une date de début et une date de fin précises au format DD/MM/AAAA) ou à durée indéterminée (le prêteur peut alors reprendre le bien dès qu'il en a besoin, art. 1889 Code civil). Pour les conventions à durée déterminée, préciser les conditions de restitution anticipée (urgence du prêteur) et les conséquences d'un dépassement de terme. La durée doit être proportionnée à l'usage convenu pour éviter la requalification judiciaire en situation d'occupation prolongée.
Destination et usage autorisé: décrire précisément l'usage pour lequel le bien est prêté (habitation principale, résidence secondaire, usage professionnel, hébergement temporaire d'urgence). L'emprunteur est tenu d'employer la chose uniquement à l'usage déterminé (art. 1881 Code civil), à peine de résolution immédiate du contrat et de dommages-intérêts. Toute sous-location ou tout sous-prêt à un tiers est interdit sauf autorisation expresse du prêteur. La violation de cette clause est sanctionnée par la Cour d'appel de Liège (arrêt du 8 novembre 2019) comme faute contractuelle grave justifiant la résolution.
Gratuité absolue et absence de contrepartie: la convention doit affirmer explicitement l'absence de toute contrepartie financière ou en nature, directe ou indirecte. Si des charges (eau, gaz, électricité, entretien courant) sont mises à la charge de l'occupant, elles doivent être présentées comme charges normales d'usage de l'article 1754 par analogie, et non comme un loyer déguisé. La jurisprudence belge est stricte: la moindre valeur économique stipulée transforme la convention en bail et déclenche les protections régionales.
Obligations d'entretien et état des lieux: l'emprunteur est tenu de veiller à la garde et à la conservation du bien avec la diligence d'un bon père de famille (art. 1880 Code civil). Un état des lieux détaillé d'entrée, établi contradictoirement et signé par les deux parties avant la prise de possession, est indispensable pour établir l'état initial et comparer à l'état lors de la restitution. L'absence d'état des lieux crée une présomption de remise en bon état à l'emprunteur (art. 1730 Code civil par analogie), rendant difficile la preuve des dégradations.
Conditions de restitution et fin du contrat: préciser les modalités de restitution (préavis à respecter, état de restitution attendu, réalisation d'un état des lieux de sortie contradictoire). En cas de refus de restitution à l'échéance, le prêteur peut saisir la Justice de paix pour expulsion et dommages-intérêts. La restitution est constatée par un état des lieux de sortie contradictoire signé des parties, qui fait foi de l'état du bien à la fin du commodat.
Clause d'enregistrement et date certaine: mentionner si la convention sera enregistrée au Service Sécurité juridique du SPF Finances pour lui conférer date certaine opposable aux tiers (droit fixe de 50 € selon l'article 176 du Code des droits d'enregistrement). L'enregistrement est recommandé pour les conventions de plus de 3 ans ou impliquant des travaux à la charge de l'occupant. Consulter le modèle de bail emphytéotique ou de contrat de superficie disponibles sur forms-legal.com pour les mises à disposition commerciales de longue durée nécessitant un droit réel plutôt qu'un droit personnel.
Comment remplir votre Convention d'Occupation Gratuite (Commodat)
Remplir une Convention d'Occupation Gratuite pour la Belgique requiert une attention particulière aux mentions qui distinguent le commodat du bail. Voici la marche à suivre étape par étape.
Étape 1 — Identification du prêteur: indiquez le nom complet, prénom, adresse domicile, date et lieu de naissance, et numéro de registre national (format XX.XX.XX-XXX.XX figurant sur la carte d'identité électronique belge eID) du propriétaire qui met le bien à disposition. Pour une société, indiquez la dénomination sociale, le numéro BCE (format 0XXX.XXX.XXX), le siège social et le nom du gérant ou administrateur délégué.
Étape 2 — Identification de l'emprunteur: mêmes coordonnées complètes pour la personne qui occupera le bien. Si l'emprunteur est une personne morale (ASBL, SRL), renseignez le numéro BCE et la qualité du signataire. Vérifiez que l'emprunteur est majeur et capable (18 ans ou émancipé); un mineur non émancipé ne peut s'engager valablement sans ses représentants légaux.
Étape 3 — Description du bien: transcrivez l'adresse complète du bien (rue, numéro, code postal, commune belge) et sa désignation cadastrale telle que figurant sur le titre de propriété (commune cadastrale, division, section, n° de parcelle, identifiant cadastral à 9 chiffres de l'Administration générale de la Documentation patrimoniale du SPF Finances). Précisez la composition (nombre de pièces, étage pour un appartement) et la superficie selon PEB si disponible.
Étape 4 — Durée: choisissez entre durée déterminée (indiquez une date de début et une date de fin au format JJ/MM/AAAA) ou durée indéterminée. Pour la durée déterminée, précisez si la restitution anticipée est possible et sous quelles conditions. Pour la durée indéterminée, confirmez que l'article 1889 du Code civil s'applique (reprise possible dès besoin du prêteur avec délai raisonnable).
Étape 5 — Usage autorisé: indiquez précisément la destination du bien (habitation principale, résidence secondaire, bureau, local associatif, hébergement temporaire). Mentionnez explicitement l'interdiction de sous-louer ou de sous-prêter sans accord écrit préalable. Cette clause est essentielle pour éviter les litiges devant la Justice de paix.
Étape 6 — Charges: listez les charges que l'emprunteur prendra en charge (eau, gaz, électricité, télécommunications, entretien courant). Précisez que ces charges constituent des frais normaux d'usage et non une contrepartie au sens d'un loyer. Le prêteur conserve à sa charge les grosses réparations (art. 1754 Code civil par analogie) et les charges de copropriété le cas échéant.
Étape 7 — État des lieux: précisez dans la convention que les parties procèderont à un état des lieux contradictoire d'entrée le jour de la prise de possession et à un état des lieux de sortie le jour de la restitution. Joignez en annexe le formulaire d'état des lieux, ou renvoyez à l'état des lieux qui sera établi séparément. Un état des lieux signé des deux parties fait foi en justice (Justice de paix, Tribunal de première instance).
Étape 8 — Signatures et enregistrement: faites signer la convention par les deux parties en présence réciproque, en deux originaux (un par partie). Si vous souhaitez conférer date certaine à la convention, déposez un original au Service Sécurité juridique du SPF Finances du ressort du bien (droit fixe de 50 €, art. 176 Code des droits d'enregistrement).
Exigences juridiques pour Convention d'Occupation Gratuite (Commodat)
La Convention d'Occupation Gratuite (commodat) en Belgique est régie par les articles 1875 à 1891 du Code civil belge (ancien) et les principes généraux du livre 5 du Code civil belge réformé (Obligations, en vigueur depuis le 1er janvier 2023) ainsi que par le livre 8 (Preuve, en vigueur depuis le 1er novembre 2020).
Forme requise: aucune forme solennelle n'est imposée pour le commodat immobilier en droit belge; la convention sous seing privé est valable entre parties. Cependant, le livre 8 du Code civil belge nouveau (art. 8.9) impose la preuve écrite pour les actes juridiques d'une valeur supérieure à 3.500 € entre parties capables. Pour des mises à disposition de valeur économique supérieure (immeubles de rapport, locaux commerciaux, entrepôts), un écrit signé des deux parties est donc juridiquement requis. La signature électronique qualifiée au sens du Règlement eIDAS (UE) n° 910/2014 est admissible en droit belge.
Capacité des parties: les deux parties doivent être juridiquement capables au sens de l'article 1123 de l'ancien Code civil. Un mineur non émancipé (moins de 18 ans, art. 488 Code civil) doit être représenté par ses parents ou son tuteur légal. Un majeur sous administration provisoire (Juge de paix territorialement compétent) doit être assisté ou représenté par son administrateur selon l'étendue de la mesure de protection. Pour les personnes morales, le représentant doit avoir le pouvoir d'engager la société (mandat légal ou statutaire, art. 2:51 et suivants du CSA).
Gratuité: l'absence de contrepartie est la condition constitutive du commodat (art. 1875 Code civil). Si une valeur économique quelconque est stipulée, la convention sera requalifiée en bail par les tribunaux belges. Le prêteur qui perçoit même un loyer symbolique s'expose à l'application des protections régionales des locataires (Décret wallon du 15 mars 2018, Ordonnance bruxelloise du 27 juillet 2017), avec toutes les conséquences en termes de durée minimale, préavis et indemnités.
Enregistrement facultatif: l'enregistrement au Service Sécurité juridique du SPF Finances est facultatif mais confère date certaine opposable aux tiers (art. 1328 ancien Code civil et art. 8.25 livre 8 Code civil belge nouveau). Le droit fixe d'enregistrement est de 50 € (art. 176 Code des droits d'enregistrement, d'hypothèque et de greffe). L'enregistrement doit intervenir dans le mois de la conclusion pour que la date certaine soit celle de la signature.
Fiscalité du prêteur: le prêteur qui met un immeuble à disposition à titre gratuit conserve le revenu cadastral indexé imposable (art. 7 CIR/WIB 1992) sans revenu locatif réel. L'administration fiscale du SPF Finances peut toutefois requalifier la mise à disposition en avantage anormal (art. 26 CIR/WIB) dans les rapports entre sociétés liées. La consultation d'un conseil fiscal ou d'un expert-comptable est recommandée avant toute mise à disposition commerciale à titre gratuit.
Compétence juridictionnelle: les litiges relatifs au commodat immobilier belge relèvent de la Justice de paix du ressort du bien (art. 590 Code judiciaire) pour les litiges inférieurs à 5.000 €, ou du Tribunal de première instance pour les litiges d'une valeur supérieure. En cas de refus de restitution, une procédure de référé d'urgence devant le Président du Tribunal de première instance est possible (art. 584 Code judiciaire).
Erreurs courantes à éviter dans votre Convention d'Occupation Gratuite (Commodat)
Plusieurs erreurs récurrentes compromettent la validité ou l'efficacité des conventions d'occupation gratuite en Belgique. Connaître ces pièges préserve prêteurs et emprunteurs de litiges devant la Justice de paix ou le Tribunal de première instance.
Erreur 1 — Prévoir une contrepartie même symbolique: mentionner un loyer de 1 € par mois ou une contrepartie en services rend la convention requalifiable en bail par les tribunaux belges (Cour de cassation, arrêt du 14 mars 2013). La requalification déclenche automatiquement les protections régionales pour le locataire, rendant quasi-impossible la reprise du bien sans respecter les délais de préavis régionaux (3 mois en Wallonie pour le bailleur, art. 3 §3 Décret du 15 mars 2018). La solution consiste à affirmer explicitement la gratuité absolue et à lister les charges courantes comme frais d'usage (art. 1754 Code civil), non comme contrepartie.
Erreur 2 — Ne pas préciser la destination du bien: omettre la description de l'usage autorisé expose l'emprunteur à utiliser le bien à d'autres fins (usage commercial, sous-location, hébergement de tiers) sans que le prêteur puisse agir contractuellement. L'article 1881 du Code civil interdit l'usage non convenu mais, en l'absence de mention expresse dans la convention, l'emprunteur peut plaider l'accord implicite. La solution est d'indiquer précisément la destination (habitation principale, usage associatif, bureau) et d'interdire expressément toute sous-location ou sous-prêt.
Erreur 3 — Omettre l'état des lieux d'entrée: conclure une convention d'occupation gratuite sans établir un état des lieux contradictoire détaillé à l'entrée expose le prêteur à l'impossibilité de prouver les dégradations en fin de commodat. Par analogie avec l'article 1730 du Code civil applicable au bail, l'absence d'état des lieux crée une présomption en faveur de l'emprunteur. La solution consiste à établir un état des lieux photographique et descriptif, signé des deux parties avant la prise de possession, avec idéalement un huissier de justice (gerechtsdeurwaarder) pour les biens de valeur.
Erreur 4 — Ne pas prévoir les conditions de reprise du bien: pour les conventions à durée indéterminée, l'absence de clause sur la reprise expose le prêteur à un délai de restitution incertain. L'article 1889 du Code civil prévoit que le prêteur peut reprendre le bien dès qu'il en a besoin, mais la Justice de paix apprécie l'urgence et peut accorder un délai raisonnable (généralement 1 à 3 mois). Une clause contractuelle précisant un délai de préavis de 1 mois pour la reprise accélère la procédure en cas de besoin imprévu du prêteur.
Erreur 5 — Confondre commodat et droit réel démembré: pour des mises à disposition longues ou commerciales (plus de 5 ans, investissements importants de l'occupant), le commodat est inadapté. L'emprunteur-commodataire ne dispose d'aucun droit réel opposable aux tiers; si le prêteur vend le bien, l'acquéreur n'est pas lié par la convention d'occupation gratuite (contrairement à un bail transcrit ou à un emphytéote). La solution pour les mises à disposition longues est d'opter pour une emphytéose (art. 3.166 Code civil belge nouveau, durée minimale 27 ans) ou un droit de superficie (art. 3.167), qui confèrent des droits réels transcriptibles au bureau Sécurité juridique du SPF Finances.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
La Convention d'Occupation Gratuite, aussi appelée commodat ou prêt à usage, est juridiquement contraignante en Belgique dès sa conclusion entre le prêteur et l'emprunteur, conformément aux articles 1875 à 1891 du Code civil belge (ancien), qui restent en vigueur dans le cadre de l'Ancien Code. La Cour de cassation belge a confirmé à plusieurs reprises que le commodat crée des obligations réciproques: l'emprunteur est tenu de conserver la chose, d'en user conformément à sa destination, et de la restituer à l'échéance (art. 1880 Code civil). Le tribunal compétent en cas de litige est la Justice de paix du ressort du bien (art. 590 Code judiciaire belge pour les litiges de bail inférieurs à 5.000 €) ou le Tribunal de première instance selon la valeur du litige. La convention sous seing privé est suffisante — aucune forme authentique n'est requise pour le commodat immobilier. Cependant, une date certaine peut être opposée aux tiers si la convention est enregistrée au bureau compétent du SPF Finances (anciennement Bureau de l'enregistrement).
La Convention d'Occupation Gratuite (commodat) se distingue fondamentalement du bail en droit belge: le commodat est régi par les articles 1875-1891 du Code civil (prêt à usage) et est essentiellement gratuit — toute contrepartie, même symbolique, le transforme en bail ou en louage au sens des articles 1709 et suivants du Code civil. Le commodat est un contrat réel (il se forme par la remise de la chose, contrairement au bail qui est consensuel), précaire et révocable par le prêteur dès lors que son besoin est établi (art. 1889 Code civil). Le bail, même à loyer modique, confère au locataire une protection légale spécifique selon la région: Décret wallon du 15 mars 2018, Vlaams Woninghuurdecreet de 2018 ou Ordonnance bruxelloise du 27 juillet 2017 pour les résidences principales. L'occupant gratuit ne bénéficie d'aucune de ces protections régionales. En pratique, l'absence de toute contrepartie est la condition sine qua non du commodat; les tribunaux belges, notamment le Tribunal de première instance de Bruxelles, requalifient systématiquement en bail une convention prétendument gratuite dès lors qu'une valeur économique est échangée.
La Convention d'Occupation Gratuite en Belgique n'est soumise à aucune durée maximale légale impérative au titre des articles 1875-1891 du Code civil. Cependant, si aucune durée n'est prévue dans la convention (commodat à durée indéterminée), le prêteur peut reprendre le bien dès qu'il en a besoin (art. 1889 Code civil), sous réserve de ne pas reprendre la chose avant le terme prévu ou avant que l'usage pour lequel elle a été prêtée soit accompli. La Justice de paix apprécie souverainement si le besoin du prêteur est suffisant et légitime (arrêts Cour de cassation du 14 mars 2013 et du 25 juin 2015). Pour les commodats à durée déterminée, le prêteur ne peut en principe reprendre la chose avant l'échéance, sauf urgence grave justifiée. En pratique, la jurisprudence belge considère que des conventions d'occupation gratuite de plus de 9 ans sans enregistrement présentent un risque de requalification, notamment en présence d'investissements consentis par l'occupant. Un enregistrement auprès du SPF Finances sécurise la convention et lui confère date certaine opposable aux tiers.
L'occupant à titre gratuit (emprunteur) dans le cadre d'une Convention d'Occupation Gratuite en Belgique supporte des obligations d'entretien définies par les articles 1880 à 1885 du Code civil. L'emprunteur est tenu: de veiller à la garde et à la conservation du bien avec la diligence d'un bon père de famille (art. 1880); d'employer la chose uniquement à l'usage déterminé dans la convention, à défaut d'usage convenu selon sa nature normale (art. 1881); de supporter les frais d'usage ordinaires, c'est-à-dire les charges courantes (eau, gaz, électricité, entretien courant) par analogie avec les charges locatives de l'article 1754 du Code civil. Les grosses réparations au sens de l'article 1754 demeurent à charge du propriétaire prêteur. En cas de dégradation par défaut d'entretien de l'emprunteur, ce dernier engage sa responsabilité civile extracontractuelle sur le fondement de l'article 1382 de l'ancien Code civil (art. 6.1 du nouveau livre 6 en cours d'adoption). Un état des lieux contradictoire établi à l'entrée et à la sortie de l'occupant est fortement recommandé pour prévenir les litiges devant la Justice de paix.
La cessation d'une Convention d'Occupation Gratuite en Belgique obéit aux règles des articles 1888-1891 du Code civil. Pour une convention à durée déterminée, la convention prend fin de plein droit à l'échéance prévue; le prêteur peut cependant reprendre le bien avant terme si un besoin pressant et imprévu est établi (art. 1889). Pour une convention à durée indéterminée, la reprise est possible dès que le prêteur en a besoin (art. 1889 alinéa 2), sans délai de préavis légal mais avec un délai raisonnable en pratique selon les juridictions (Justice de paix, Tribunal de première instance). La Justice de paix de Bruxelles retient généralement un préavis de 1 à 3 mois selon les circonstances. Le décès de l'emprunteur entraîne la fin de la convention si elle était intuitu personae, mais les héritiers doivent restituer la chose. Le décès du prêteur ne met pas fin au commodat; les héritiers du prêteur sont liés. La restitution est constatée par un état des lieux de sortie contradictoire, signé des deux parties. En cas de refus de restitution, le prêteur peut saisir la Justice de paix compétente pour expulsion et dommages-intérêts.
L'enregistrement d'une Convention d'Occupation Gratuite (commodat) au bureau compétent du SPF Finances (anciennement Bureau de l'enregistrement, désormais Service Sécurité juridique) n'est pas obligatoire en droit belge pour la validité du contrat. Cependant, l'enregistrement confère plusieurs avantages pratiques importants: il donne date certaine à la convention, la rendant opposable aux tiers (créanciers du prêteur, acquéreurs ultérieurs, locataires concurrents) à compter de la date d'enregistrement; il évite toute contestation sur l'antériorité de la convention en cas de vente ou de saisie du bien. Le droit d'enregistrement applicable à une convention d'occupation gratuite immobilière est le droit fixe général de 50 € prévu par l'article 176 du Code des droits d'enregistrement, d'hypothèque et de greffe. L'enregistrement est recommandé notamment pour les conventions de longue durée (plus de 3 ans), pour les conventions impliquant des travaux d'aménagement par l'occupant, ou pour les conventions entre membres d'une famille où les droits patrimoniaux peuvent être contestés ultérieurement par des créanciers ou des cohéritiers. Le modèle disponible sur forms-legal.com constitue une base solide pour la rédaction avant soumission au bureau du SPF Finances.
Non, l'occupant à titre gratuit dans le cadre d'une Convention d'Occupation Gratuite (commodat) en Belgique ne peut pas, en principe, prêter ou louer la chose à un tiers sans l'accord exprès du prêteur, conformément à l'article 1881 alinéa 2 du Code civil belge: l'emprunteur ne peut pas employer la chose à un autre usage que celui convenu ou sa destination normale. Le prêt à un tiers ou la mise en location du bien par l'emprunteur constitue une violation contractuelle grave qui autorise le prêteur à reprendre immédiatement le bien et à demander des dommages-intérêts devant la Justice de paix (art. 1881 al. 3). Si le prêteur autorise expressément un sous-prêt ou une sous-location dans la convention, les conditions de cet acte dérivé doivent être précisément encadrées. La Cour d'appel de Liège (arrêt du 8 novembre 2019) a confirmé qu'une mise en location non autorisée du bien faisant l'objet d'un commodat constitue une faute contractuelle justifiant la résolution immédiate aux torts de l'emprunteur et l'indemnisation du prêteur pour la totalité du préjudice subi.
L'occupant à titre gratuit d'un immeuble en Belgique est en principe soumis au régime fiscal du revenu cadastral fictif imputé, conformément aux articles 7 et suivants du Code des impôts sur les revenus 1992 (CIR/WIB). Le propriétaire prêteur, lui, ne perçoit aucun loyer réel et ne déclare théoriquement que le revenu cadastral indexé au titre des revenus immobiliers. Cependant, l'administration fiscale du SPF Finances peut, en application de l'article 344 §1 CIR, requalifier une convention d'occupation gratuite entre proches en avantage anormal ou bénévole imposable dans le chef du bénéficiaire (art. 26 CIR/WIB pour les sociétés). En cas de gratuité entre sociétés liées (groupe de sociétés), la mise à disposition gratuite d'un immeuble constitue un avantage imposable au sens de l'article 26 CIR. Pour les particuliers, la mise à disposition gratuite d'un logement à un membre de la famille est généralement tolérée par l'administration fiscale, sous réserve que le bénéficiaire ne soit pas redevable d'un loyer normal au sens de l'article 39bis CIR. La consultation préalable d'un conseiller fiscal belge ou d'un avocat membre de l'OBFG ou de l'OVB est recommandée pour les situations à enjeu patrimonial.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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