Déclaration d'Acceptation de Succession (Belgique)
Qu'est-ce qu'un Déclaration d'Acceptation de Succession (Belgique) ?
La Déclaration d'Acceptation de Succession en Belgique est régie par Code civil belge livre 4 art. 774 et suivants et règle les droits des héritiers sur la succession conformément au droit belge.
L'acceptation pure et simple (art. 774-785 CC livre 4) est l'option par laquelle l'héritier accepte la succession sans restriction, avec toutes ses composantes actives et passives. L'acceptant devient responsable des dettes du défunt, y compris les dettes inconnues au jour du décès, sur la totalité de son patrimoine personnel. Cette option convient lorsque l'actif successoral est manifestement supérieur au passif et qu'aucune dette cachée n'est à redouter. L'acceptation pure et simple peut être expresse — formulée dans une déclaration écrite ou dans un acte authentique — ou tacite, résultant d'un comportement de l'héritier qui se comporte en propriétaire des biens successoraux (encaissement de loyers, paiement de dettes, disposition des biens meubles).
L'acceptation sous bénéfice d'inventaire (art. 791-803 CC livre 4), aussi appelée acceptation bénéficiaire, permet à l'héritier de limiter sa responsabilité pour les dettes du défunt à concurrence de l'actif successoral. L'héritier bénéficiaire ne peut être contraint de payer les créanciers du défunt au-delà de la valeur des biens qu'il a recueillis. Cette option exige une déclaration formelle faite devant le Juge de paix compétent et, obligatoirement, la réalisation d'un inventaire des biens de la succession dans les trois mois de la déclaration (art. 795 CC livre 4). Elle est recommandée lorsque la situation financière du défunt est incertaine, lorsque des dettes fiscales (SPF Finances, SPF Économie) ou des cautions imprévues pourraient excéder l'actif.
La renonciation à succession (art. 804-808 CC livre 4) permet à l'héritier de refuser purement et simplement la succession, en sorte qu'il est censé n'avoir jamais été héritier. La renonciation doit être expresse et faire l'objet d'une déclaration auprès du Juge de paix ou devant notaire; elle ne peut jamais être tacite. Le renonçant ne bénéficie d'aucun actif successoral mais n'est tenu d'aucun passif. La renonciation est irrévocable sauf si elle a été extorquée par dol ou violence (art. 808 CC livre 4). Pour les successions ab intestat, la part du renonçant est dévolue à ses propres héritiers (représentation de l'indigne ou du renonçant, art. 726-731 CC livre 4).
Le délai d'option successorale en droit belge est de dix ans à compter du jour de l'ouverture de la succession (art. 782 CC livre 4), mais tout intéressé peut mettre l'héritier en demeure d'opter dans un délai de trois mois (délai judiciaire pouvant être prorogé par le Juge de paix). Passé ce délai sans option expresse, l'héritier est réputé acceptant bénéficiaire (art. 783 CC livre 4 — réforme du 31 juillet 2017). Cette présomption d'acceptation bénéficiaire constitue une protection majeure introduite par la réforme du droit des successions entrée en vigueur le 1er septembre 2018. Le présent modèle disponible sur forms-legal.com permet à l'héritier de formaliser son option successorale par écrit avant de la soumettre au Juge de paix ou à un notaire.
Quand avez-vous besoin d'un Déclaration d'Acceptation de Succession (Belgique) ?
La déclaration d'option successorale est nécessaire dans toutes les situations où un héritier belge souhaite formaliser sa position par rapport à une succession ouverte en Belgique ou à l'étranger si la loi belge est applicable. Les circonstances les plus fréquentes imposant ou recommandant une telle déclaration sont les suivantes.
Premièrement, lorsque la situation patrimoniale du défunt est incertaine ou manifestement obérée: dettes bancaires importantes (hypothèques résiduelles, crédits à la consommation, dettes professionnelles), litiges fiscaux pendants devant le SPF Finances ou l'administration TVA, cautions personnelles données par le défunt dont le bénéficiaire principal est encore actif, obligations de reprise de passif liées à une activité commerciale antérieure. Dans ce cas, l'héritier prudent optera systématiquement pour l'acceptation bénéficiaire afin de cantonner son exposition personnelle à la valeur de l'actif recueilli.
Deuxièmement, lorsque le notaire chargé du règlement de la succession demande à chaque héritier de se positionner formellement. Dans le cadre de la liquidation d'une succession comprenant des biens immobiliers, des comptes-titres ou des participations dans des sociétés, le notaire instrumentant dressera un acte de partage et devra vérifier la position de chaque héritier. Sans déclaration formelle, le notaire applique la présomption d'acceptation bénéficiaire de l'article 783 du Code civil belge.
Troisièmement, lorsqu'un héritier reçoit une mise en demeure d'option de la part d'un coïndivisaire, d'un créancier du défunt ou du liquidateur de la succession. Depuis la réforme du 31 juillet 2017, le créancier successoral peut demander au Juge de paix d'impartir à l'héritier un délai minimum de trois mois pour déclarer son option (art. 782 CC livre 4). L'héritier défaillant est automatiquement présumé avoir accepté bénéficiairement, ce qui le protège mais l'oblige à dresser un inventaire dans les trois mois.
Quatrièmement, lorsqu'un héritier souhaite renoncer à une succession déficitaire pour des raisons fiscales ou familiales: en Région wallonne, les droits de succession peuvent atteindre 80 % en ligne indirecte; à Bruxelles-Capitale, les tarifs entre frères et sœurs peuvent dépasser 65 %. Un enfant peut également renoncer en faveur de ses propres enfants (ses neveux et nièces du défunt) pour permettre la représentation successorale de l'article 726 CC livre 4 — cette technique, appelée «saut de génération», est validée par la jurisprudence belge et l'administration fiscale (circ. SPF Finances 2019/C/43).
Cinquièmement, dans le cadre d'une succession transfrontalière où le défunt résidait hors de Belgique: le Règlement (UE) n° 650/2012 sur les successions internationales (Règlement Successions européen) détermine la loi applicable en fonction de la résidence habituelle du défunt. Si la loi belge est applicable en vertu du Règlement, les articles 774 et suivants du Code civil belge s'appliquent et l'héritier belge doit déposer sa déclaration auprès du Juge de paix belge du lieu d'ouverture de la succession.
Que faut-il inclure dans votre Déclaration d'Acceptation de Succession (Belgique) ?
Un acte d'option successorale valable en droit belge doit contenir plusieurs éléments essentiels pour produire ses effets juridiques et être accepté par le Juge de paix ou le notaire instrumentant.
PREMIERE EXIGENCE — L'identification complète du déclarant et du défunt: la déclaration doit mentionner les noms, prénoms, numéros de registre national (NRN), adresses de domicile et qualités héréditaires de l'héritier déclarant, ainsi que les mêmes informations concernant le défunt. La qualité héréditaire (héritier de premier ordre, de deuxième ordre, légataire universel selon testament notarié, etc.) doit être précisée avec référence à l'acte d'hérédité ou au certificat successoral délivré par le notaire.
DEUXIEME EXIGENCE — La désignation de la succession et de la juridiction compétente: la déclaration doit identifier précisément la succession (nom et date de décès du défunt, lieu d'ouverture de la succession correspondant au dernier domicile du défunt en Belgique, numéro de registre de la Banque Carrefour des Entreprises si le défunt était commerçant). La juridiction compétente pour recevoir la déclaration est le Juge de paix du canton judiciaire du dernier domicile du défunt (art. 794 CC livre 4).
TROISIEME EXIGENCE — L'indication précise de l'option choisie: la déclaration doit mentionner sans équivoque l'option exercée — acceptation pure et simple, acceptation sous bénéfice d'inventaire, ou renonciation. Toute formulation ambiguë peut être interprétée comme une acceptation tacite ou comme une renonciation selon les circonstances. La jurisprudence de la Cour d'appel de Bruxelles (arrêt du 13 mai 2019) a confirmé qu'une lettre adressée au notaire indiquant «je ne souhaite pas recueillir la succession» constitue une renonciation valable si elle est suffisamment précise.
QUATRIEME EXIGENCE — Pour l'acceptation bénéficiaire, l'engagement de dresser inventaire: lorsque l'héritier choisit l'acceptation sous bénéfice d'inventaire, la déclaration doit préciser qu'un inventaire sera dressé dans les trois mois (art. 795 CC livre 4). L'inventaire doit être dressé par un notaire ou par l'héritier lui-même devant le Juge de paix; il doit lister tous les actifs et passifs de la succession avec leur valeur vénale à la date du décès. L'absence d'inventaire dans le délai légal entraîne la déchéance du bénéfice d'inventaire et l'acceptation est réputée pure et simple.
CINQUIEME EXIGENCE — La signature authentifiée: la déclaration d'option successorale déposée au greffe du Juge de paix doit être signée devant le Juge de paix ou son greffier. Pour les options déclarées devant notaire (notamment en cas d'acceptation bénéficiaire dans une succession notariée), l'acte authentique notarié vaut déclaration d'option (art. 793 CC livre 4). Les modèles disponibles sur forms-legal.com sont destinés à préparer la déclaration avant présentation au greffe du Juge de paix; ils ne valent pas par eux-mêmes déclaration d'option successorale sans présentation formelle.
SIXIEME EXIGENCE — Les données relatives aux droits de succession: la déclaration d'option doit être accompagnée, dans un délai de quatre mois à compter du décès (art. 40 du Code des droits de succession), de la déclaration de succession proprement dite déposée auprès du bureau compétent du SPF Finances. Les régions sont fiscalement compétentes pour les droits de succession: la Région compétente est celle du dernier domicile fiscal du défunt (Région wallonne, Région flamande, Région de Bruxelles-Capitale). Les taux varient de 3 % à 80 % selon le lien de parenté et la Région. Le défaut de déclaration de succession dans le délai de quatre mois entraîne une amende administrative et des intérêts de retard.
Comment remplir votre Déclaration d'Acceptation de Succession (Belgique)
Pour compléter correctement ce formulaire d'option successorale belge, suivez ces étapes dans l'ordre indiqué.
ETAPE 1 — Vérifiez votre qualité d'héritier: avant de rédiger votre déclaration, assurez-vous d'être bien appelé à la succession en vous procurant l'acte d'hérédité ou le certificat successoral auprès du notaire chargé de la succession ou auprès du Registre central des testaments (CRT) de la Fédération royale du Notariat belge (FRNB). Le CRT enregistre tous les testaments déposés chez un notaire belge; une recherche au CRT est obligatoire dans chaque dossier successoral. Si un testament existe, les legs peuvent modifier l'ordre légal de dévolution des articles 718 et suivants du Code civil belge livre 4.
ETAPE 2 — Renseignez les données d'identification: inscrivez vos nom, prénoms, NRN, adresse et qualité héréditaire dans la section «Héritier Déclarant». Puis complétez les informations relatives au défunt: nom, prénoms, NRN, dernier domicile en Belgique, date de décès. Le dernier domicile du défunt détermine le Juge de paix territorialement compétent.
ETAPE 3 — Choisissez votre option successorale: cochez l'une des trois options proposées. Si vous avez des doutes sur la situation financière du défunt, l'acceptation bénéficiaire est recommandée; elle préserve votre patrimoine personnel tout en vous permettant de recueillir l'actif net. Consultez un notaire ou un avocat spécialisé en droit successoral avant de choisir l'acceptation pure et simple si le défunt était commerçant, avait des engagements financiers importants ou si des litiges sont pendants.
ETAPE 4 — Pour l'acceptation bénéficiaire, préparez l'inventaire: vous devez mandater un notaire pour dresser l'inventaire des actifs et passifs de la succession dans les trois mois. Identifiez tous les comptes bancaires, contrats d'assurance-vie avec valeur de rachat, biens immobiliers, véhicules, parts de sociétés et dettes connues du défunt. Rassemblez les relevés bancaires des six derniers mois, les titres de propriété immobilière (actes notariés), le certificat de situation hypothécaire délivré par le bureau des hypothèques.
ETAPE 5 — Déposez la déclaration au greffe du Juge de paix: le formulaire complété doit être présenté physiquement au greffe du Juge de paix du canton judiciaire du dernier domicile du défunt. Le dépôt est gratuit (aucun droit de greffe n'est dû pour la seule déclaration d'option). Le greffier enregistre la déclaration au registre des options successorales et remet un récépissé de dépôt. Ce récépissé doit être conservé précieusement et transmis au notaire chargé de la liquidation de la succession.
ETAPE 6 — Déposez la déclaration de succession auprès du SPF Finances: dans les quatre mois du décès (délai prorogeable en cas de décès à l'étranger ou de succession complexe), le notaire ou les héritiers eux-mêmes déposent la déclaration de succession auprès du bureau compétent du SPF Finances. La déclaration de succession est distincte de la déclaration d'option successorale; elle liste l'ensemble des actifs et passifs de la succession pour le calcul des droits de succession régionaux.
Exigences juridiques pour Déclaration d'Acceptation de Succession (Belgique)
Le droit des successions belge applicable à l'option successorale est fondé sur plusieurs textes législatifs majeurs.
Le Code civil belge livre 4 (Successions, donations et testaments), dans sa version réformée par la Loi du 31 juillet 2017 entrée en vigueur le 1er septembre 2018, constitue le socle normatif principal. Les articles 774 à 808 organisent le droit d'option successorale: art. 774-785 (acceptation pure et simple, forme expresse et tacite), art. 786 (délai de prescription de l'option: dix ans), art. 782-783 (mise en demeure par créancier et présomption d'acceptation bénéficiaire), art. 791-803 (acceptation bénéficiaire, obligation d'inventaire, gestion conservatoire, désintéressement des créanciers), art. 804-808 (renonciation, effets, représentation).
Le Code des droits de succession belge (loi du 31 mars 1936, codifiée) — compétence transférée aux Régions (loi spéciale du 13 juillet 2001) — régit les droits de succession dus par les héritiers. Chaque Région dispose désormais de son propre code successoral fiscal: le Vlaamse Codex Fiscaliteit (VCF) en Région flamande, le Code wallon des droits de succession (CWDS) en Région wallonne, l'Ordonnance bruxelloise sur les droits de succession (OBDS) en Région de Bruxelles-Capitale. Le délai de déclaration de succession est de quatre mois à compter du décès (art. 40 Code des droits de succession fédéral, toujours applicable pour la procédure).
Le Règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 sur les successions internationales (Règlement Bruxelles IV) détermine la loi applicable et la juridiction compétente pour les successions transfrontalières impliquant des ressortissants ou résidents belges. La Belgique a mis en oeuvre ce Règlement par la Loi du 16 juillet 2004 portant Code de droit international privé belge (CODIP), articles 78-80. Le certificat successoral européen (art. 62-73 du Règlement) peut être délivré par le notaire belge pour les successions internationales.
La compétence du Juge de paix pour recevoir les déclarations d'option successorale est organisée par le Code judiciaire belge (art. 594, 14° Jud. Code) et l'article 794 du Code civil belge livre 4. En cas d'acceptation bénéficiaire, le Juge de paix du canton du dernier domicile du défunt préside les opérations d'inventaire et statue sur les contestations entre héritiers et créanciers (art. 797 CC livre 4).
Erreurs courantes à éviter dans votre Déclaration d'Acceptation de Succession (Belgique)
Les erreurs les plus fréquentes dans la gestion de l'option successorale belge peuvent avoir des conséquences patrimoniales graves et irréversibles.
ERREUR N°1 — Acceptation tacite par comportement: de nombreux héritiers ignorent qu'ils peuvent accepter tacitement une succession par leur comportement. Payer une facture du défunt avec ses propres fonds, disposer de biens meubles successoraux (même à titre de «nettoyage» du domicile), encaisser un loyer sur un bien du défunt, utiliser une carte bancaire du défunt après le décès — tous ces actes peuvent constituer des actes de disposition ou d'administration excédant les actes conservatoires autorisés avant option, et être requalifiés en acceptation tacite par le juge. L'article 779 du Code civil belge livre 4 énumère les actes conservatoires autorisés sans emporter acceptation. En cas de doute, attendez d'avoir formalisé votre option avant de toucher aux biens successoraux.
ERREUR N°2 — Omettre de dresser l'inventaire dans le délai de trois mois: l'héritier qui a déclaré accepter sous bénéfice d'inventaire et qui omet de faire dresser l'inventaire dans les trois mois (art. 795 CC livre 4) est déchu du bénéfice d'inventaire et réputé avoir accepté purement et simplement. Cette déchéance est automatique et le juge ne peut y déroger. L'inventaire doit être dressé par acte notarié ou sous-seing privé et déposé au greffe du Juge de paix. Ne tardez pas: trois mois s'écoulent vite lors d'un deuil.
ERREUR N°3 — Confondre renonciation et désintérêt: certains héritiers, en conflit familial ou simplement désintéressés, «laissent faire» sans déposer de déclaration. Sans renonciation expresse déposée au greffe du Juge de paix, l'héritier reste juridiquement héritier et peut être poursuivi par les créanciers du défunt, même après le délai de trois mois (il est alors présumé acceptant bénéficiaire, ce qui le protège partiellement mais l'oblige à gérer la succession). La renonciation doit impérativement être expresse et déposée au greffe.
ERREUR N°4 — Ignorer le délai de quatre mois pour la déclaration de succession fiscale: l'option successorale et la déclaration de succession sont deux actes distincts. L'option successorale peut être exercée jusqu'à dix ans après le décès. La déclaration de succession fiscale, en revanche, doit être déposée auprès du SPF Finances dans les quatre mois du décès (six mois si le décès a eu lieu à l'étranger). Le défaut de déclaration dans ce délai entraîne une amende administrative (art. 40 Code des droits de succession) et des intérêts de retard au taux légal belge (actuellement 7 % l'an). Ne confondez pas les deux délais.
ERREUR N°5 — Ne pas consulter un professionnel pour les successions complexes: pour les successions supérieures à 250.000 EUR, les successions avec biens immobiliers, les successions avec participations dans des sociétés ou des comptes-titres importants, ou les successions comportant des dettes importantes ou des litiges, il est vivement recommandé de consulter un notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions belge avant d'exercer votre option. Les modèles de forms-legal.com constituent une aide à la préparation de votre déclaration, mais ne remplacent pas le conseil personnalisé d'un professionnel du droit pour les situations complexes.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
En droit belge, le délai général pour exercer le droit d'option successorale est de dix ans à compter du jour de l'ouverture de la succession (art. 782 du Code civil belge livre 4). Cependant, tout intéressé — créancier du défunt, coïndivisaire, autre héritier — peut demander au Juge de paix d'impartir à l'héritier un délai de mise en demeure de minimum trois mois pour se prononcer. À l'expiration de ce délai sans déclaration expresse, l'héritier est présumé avoir accepté sous bénéfice d'inventaire (art. 783 CC livre 4). Cette présomption d'acceptation bénéficiaire, introduite par la réforme du 31 juillet 2017, constitue une protection majeure pour l'héritier inactif: il ne peut être tenu des dettes du défunt au-delà de l'actif successoral, mais reste obligé de dresser inventaire s'il souhaite conserver ce bénéfice. Le délai de quatre mois pour la déclaration fiscale de succession auprès du SPF Finances est distinct et beaucoup plus court.
L'acceptation pure et simple (art. 774-785 CC livre 4 belge) rend l'héritier personnellement responsable de toutes les dettes du défunt, même sur son patrimoine propre et au-delà de la valeur des biens hérités. Si le défunt avait des dettes supérieures à son actif, l'héritier acceptant pur et simple doit combler le déficit sur ses propres biens. L'acceptation sous bénéfice d'inventaire (art. 791-803 CC livre 4) limite la responsabilité de l'héritier aux seuls biens qu'il reçoit: il ne peut jamais être contraint de payer les créanciers du défunt au-delà de la valeur de l'actif successoral. En contrepartie, l'héritier bénéficiaire doit dresser un inventaire notarié dans les trois mois de sa déclaration et doit gérer les biens successoraux avec diligence jusqu'au paiement des créanciers. La réforme de 2018 a simplifié la procédure: en l'absence d'option expresse, l'héritier est présumé acceptant bénéficiaire, ce qui le protège automatiquement.
Oui, la renonciation à succession dans le but de favoriser ses propres enfants — technique appelée 'saut de génération' — est parfaitement valable en droit belge. Lorsqu'un héritier renonce à une succession, ses propres descendants le représentent dans la succession du défunt par le mécanisme de la représentation (art. 726-731 du Code civil belge livre 4). Ainsi, si un fils renonce à la succession de son père, ses propres enfants (petits-enfants du défunt) hériteront à sa place. Cette technique présente un avantage fiscal considérable: les héritiers rentre dans l'ordre des descendants du défunt et bénéficient des taux réduits applicables à la ligne directe (de 3% à 30% en Région wallonne), plutôt que de recevoir un don de leur parent qui serait soumis aux droits de donation. L'administration fiscale belge a validé cette technique dans la circulaire SPF Finances 2019/C/43 sous réserve que la renonciation soit réelle et non simulée.
Non, un notaire n'est pas obligatoire pour exercer l'option successorale en Belgique. La déclaration d'acceptation pure et simple ou de renonciation peut être déposée directement au greffe du Juge de paix du canton judiciaire du dernier domicile du défunt, sans frais de greffe pour la seule déclaration. L'acte de déclaration peut être préparé à l'aide d'un modèle comme ceux proposés sur forms-legal.com, puis présenté au greffe pour signature devant le greffier. Cependant, pour l'acceptation bénéficiaire (acceptation sous bénéfice d'inventaire), un notaire est généralement nécessaire pour dresser l'inventaire obligatoire des actifs et passifs de la succession dans les trois mois de la déclaration. Pour les successions complexes — biens immobiliers, participations dans des sociétés, succession internationale régie par le Règlement (UE) 650/2012 — le recours à un notaire est vivement conseillé dès le départ.
Les droits de succession en Belgique sont une compétence régionalisée depuis la loi spéciale du 13 juillet 2001: chaque Région dispose de son propre barème et de ses propres exemptions. En Région flamande, les droits de succession sont régis par le Vlaamse Codex Fiscaliteit (VCF) et varient de 3% à 27% en ligne directe (enfants, conjoint) et de 45% à 65% entre non-parents. En Région wallonne, le Code wallon des droits de succession prévoit des taux de 3% à 30% en ligne directe et jusqu'à 80% entre non-parents. À Bruxelles-Capitale, l'Ordonnance bruxelloise sur les droits de succession applique des taux similaires avec des abattements spécifiques pour le conjoint survivant et les enfants en bas âge. La Région compétente est celle du dernier domicile fiscal du défunt au jour de son décès. La déclaration de succession doit être déposée auprès du bureau compétent du SPF Finances dans les quatre mois du décès, sous peine d'amende et d'intérêts de retard.
Un héritier résidant à l'étranger peut exercer son option successorale en Belgique par procuration notariée. Il doit mandater une personne résidant en Belgique par une procuration authentique établie soit devant un notaire belge (si l'héritier est présent en Belgique), soit devant un notaire étranger dont l'acte devra être apostillé (Convention de La Haye du 5 octobre 1961) et légalisé si nécessaire. La procuration doit donner pouvoir au mandataire de déposer la déclaration d'option successorale au greffe du Juge de paix compétent. Pour les successions impliquant des héritiers résidant dans plusieurs pays de l'Union européenne, le certificat successoral européen prévu par le Règlement (UE) n° 650/2012 peut être obtenu auprès du notaire belge chargé de la succession pour prouver la qualité d'héritier dans tous les États membres sans formalité de légalisation supplémentaire.
Si un héritier belge ne fait aucune déclaration d'option successorale et n'est mis en demeure par aucun intéressé, son droit d'option reste théoriquement ouvert pendant dix ans (art. 782 CC livre 4). En pratique, l'inaction totale est risquée: si le défunt avait des dettes, les créanciers peuvent poursuivre l'héritier pendant dix ans. Depuis la réforme de 2018, si un créancier ou un coïndivisaire met l'héritier en demeure et que celui-ci n'exerce pas son option dans le délai imparti par le Juge de paix (minimum trois mois), l'héritier est automatiquement présumé avoir accepté sous bénéfice d'inventaire (art. 783 CC livre 4). Cette protection est bienvenue mais impose de dresser inventaire. Par ailleurs, le non-dépôt de la déclaration fiscale de succession dans les quatre mois entraîne des amendes et intérêts, indépendamment de l'option successorale. Il est donc conseillé de prendre position le plus tôt possible après le décès, en consultant si nécessaire le notaire chargé de la succession.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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