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Convention de Portage d'Actions

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Convention de Portage d'Actions ?

La convention de portage d'actions est, en droit français, l'accord par lequel un porteur acquiert des actions à titre temporaire avec engagement de rétrocession au donneur d'ordre, fondée sur l'article L227-13 du Code de commerce et l'article 1156 du Code civil.

Le portage d'actions se distingue fondamentalement d'une cession ordinaire par son caractère temporaire et l'obligation de retrocession irrévocable. Le porteur est le titulaire apparent des actions (inscrit dans le registre des mouvements de titres), mais le donneur d'ordre est le bénéficiaire économique effectif (beneficial owner) et reste le véritable propriétaire économique. La Cour de cassation chambre commerciale à confirmé la validité du portage d'actions comme mécanisme de représentation indirecte (Cass.com. 26 septembre 2018, n°17-14.778).

Le portage d'actions en France à plusieurs usages légitimes distingues par la cause du portage : (i) maintien du seuil d'engagement collectif Dutreil (CGI art. 787 B) lorsqu'un associé souhaite céder temporairement ses titres sans rompre l'engagement ; (ii) neutralité concurrentielle — lorsque le donneur d'ordre ne peut figurer directement au capital de la société cible (clause d'exclusivité, conflit d'intérêt, restrictions réglementaires) ; (iii) acquisition progressive — lorsque le financement n'est pas immédiatement disponible, le porteur acquiert les titres et les retrocede après le bouclage du financement ; (iv) restructuration de groupe en attente d'autorisation AMF ou ACPR.

La validité du portage suppose une cause réelle et licite. Un portage sans cause réelle peut être requalifié en simulation (Code civil art. 1130 et 1132) ou en prêt de nom, avec nullité et conséquences fiscales. La DGFiP peut requalifier un portage fiscal fantaisiste en cession réelle si la retrocession n'est jamais mise en œuvre (abus de droit — LPF art. L64).

Les droits d'enregistrement s'appliquent à la double cession : acquisition des actions par le porteur (CGI art. 726 : 0,1% pour les SAS), puis retrocession par le porteur au donneur d'ordre (nouvelle cession soumise aux mêmes droits de 0,1%). La rémunération du porteur constitue un revenu imposable pour le porteur, et une charge déductible pour le donneur d'ordre sous certaines conditions.

Quand avez-vous besoin d'un Convention de Portage d'Actions ?

La Convention de Portage d'Actions en France est nécessaire dans des situations spécifiques ou la détention directe d'actions par le bénéficiaire économique est impossible, inopportune ou prématurée.

Lors d'une opération Dutreil, le portage permet à un associé d'acquérir des actions d'une société soumise à un engagement collectif sans le rompre : le porteur prend un engagement de conservation résiduel correspondant à la durée restante de l'engagement collectif initial. La DGFiP admet le portage dans ce contexte sous réserve que le porteur respecte les conditions de l'engagement individuel (BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10 n°170).

Dans les secteurs réglementés — assurances (ACPR), banques (BCE/ACPR), médias (CSA/ARCOM), professions libérales (ordre professionnel) — des règles d'actionnariat imposent que certains actionnaires satisfassent des conditions d'agrément ou d'honorabilité. Un investisseur souhaitant acquérir une participation en attente d'agrément peut confier les titres à un porteur en attendant l'autorisation de l'autorité de contrôle.

Dans les opérations de LBO ou d'acquisition progressive (earn-out), l'acquéreur peut ne pas disposer du financement complet dès l'origine. Un porteur (banque d'affaires, family office) acquiert les titres, et le donneur d'ordre les retrocede par fractions selon un échéancier de financement. Cette technique est utilisée dans les LMBO (leveraged management buyout) pour sécuriser l'acquisition pendant le montage du financement.

Pour les non-résidents souhaitant investir en France dans des secteurs sensibles (technologies critiques — décret n°2019-1590 sur les investissements étrangers — IEF), un porteur résident français peut tenir les titres temporairement pendant l'instruction du dossier de contrôle IEF par la Direction du Trésor (DGT).

Dans les restructurations internes de groupe, le portage permet de preallouer des titres à des salariés (plan de management package) avant la mise en place définitive du plan d'actionnariat salarie (BSPCE, AGA — actions gratuites) autorisée par l'assemblée générale. Le porteur (souvent le DG ou holding familiale) détient les titres en attente de l'attribution définitive.

Que faut-il inclure dans votre Convention de Portage d'Actions ?

La Convention de Portage d'Actions en France doit couvrir les éléments essentiels garantissant la validité et l'efficacité du portage.

L'identification des parties (porteur et donneur d'ordre) est fondamentale : mentionner les capacités de chacun à contracter (Code civil art. 1128), les pouvoirs du représentant légal pour les personnes morales, et l'absence de tout conflit d'intérêt ou d'empêchement légal à la détention des actions pour le porteur.

La cause réelle et licite du portage est un élément essentiel de validité (Code civil art. 1130). La convention doit explicitement mentionner la raison économique ou juridique du portage (Dutreil, acquisition progressive, neutralité concurrentielle). Une cause vague ou absent fragilise la convention en cas de contentieux ou de contrôle fiscal.

La description précise des actions portées : société émettrice (SIREN, forme, siège, capital), nombre d'actions, numérotation, catégorie (ordinaires, de préférence), pourcentage du capital et des droits de vote représente. Vérifier l'absence de nantissement sur ces titres au registre des nantissements (Code civil art. 2355 et suivants).

L'obligation irrévocable de retrocession constitue le cœur de la convention de portage. La Cour de cassation qualifie cette obligation de promesse de cession ferme et irrévocable au sens de l'article 1589 du Code civil. Le refus du porteur de retroceder constitue une inexécution caractérisée justifiant exécution forcée et dommages-intérêts.

Les modalités d'exercice des droits d'actionnaire : le porteur vote en assemblée selon les instructions du donneur d'ordre ou lui donne procuration permanente. La convention doit prévoir le régime des dividendes reçus (reversement intégral au donneur d'ordre dans les 5 jours) et des droits préférentiels de souscription en cas d'augmentation de capital.

La rémunération du porteur doit être fixée pour couvrir ses risques et contraintes : risque de responsabilité en tant qu'actionnaire apparent, immobilisation de capital, coûts administratifs. Une rémunération trop faible ou nulle peut être requalifiée par la DGFiP comme prêt à taux zéro sans justification.

Le template forms-legal.com pour la convention de portage comprend les 8 clauses identifiées par la jurisprudence commerciale comme indispensables à la validité du portage, incluant la référence à l'arrêt Cass.com. 26 septembre 2018.

Comment remplir votre Convention de Portage d'Actions

Remplir la Convention de Portage d'Actions en France requiert précision et cohérence entre les différentes sections pour éviter toute requalification.

Étape 1 : Porteur. Identifier une personne de confiance, capable de détenir les actions sans conflit d'intérêt ni empêchement réglementaire. Pour un portage Dutreil, le porteur doit être éligible à souscrire l'engagement individuel de conservation. Vérifier la capacité financière du porteur à acquérir les titres (même si le donneur d'ordre finance l'acquisition).

Étape 2 : Donneur d'ordre. Identifier le bénéficiaire économique réel. Si le donneur d'ordre est une personne morale, vérifier les statuts (objet social autorisant l'investissement en actions) et les pouvoirs du représentant.

Étape 3 : Société émettrice. Extraire le Kbis, les statuts et la liste des actionnaires de la société émettrice. Vérifier l'absence de clause d'agrément dans les statuts rendant le portage inopérant (si la société exige l'agrément de tout nouvel actionnaire, le porteur doit obtenir cet agrément avant d'acquérir les titres).

Étape 4 : Actions portées. Identifier les titres avec leur numérotation dans le registre des mouvements de titres. Pour une SAS, vérifier les catégories d'actions et les droits spécifiques attaches.

Étape 5 : Prix d'entrée. Fixer le prix d'acquisition des actions par le porteur (prix de marché ou valeur nominale selon la nature du portage). Documenter la méthode de valorisation retenue.

Étape 6 : Cause du portage. Rédiger une clause explicite sur la cause économique ou juridique (ex: engagement Dutreil, acquisition progressive, neutralité concurrentielle). Cette clause protège les parties en cas de contrôle fiscal DGFiP.

Étape 7 : Retrocession. Préciser le prix de retrocession (fixe, valeur de marché ou formule), les modalités (sur demande du donneur d'ordre, délai de 15 jours ouvrables), et les conditions de force majeure.

Étape 8 : Vote et dividendes. Préciser le mécanisme de transmission des instructions de vote (écrit préalable, procuration permanente), et la procédure de reversement des dividendes (dans les 5 jours de leur perception).

Erreurs courantes à éviter dans votre Convention de Portage d'Actions

Les erreurs dans la rédaction d'une Convention de Portage d'Actions en France peuvent conduire à la nullité du portage, à une requalification fiscale, ou à des litiges sur la retrocession.

Omettre la cause réelle du portage expose la convention à une requalification en simulation (Code civil art. 1130 et 1132) ou en prêt de nom. La DGFiP, en cas de contrôle, cherchera à vérifier la réalité du portage. Un portage dont la cause économique n'est pas documentée sera suspect. La cause doit être réelle, licite, et anticipée dans le contrat (Dutreil, neutralité concurrentielle, acquisition progressive).

Ne pas prévoir de rémunération pour le porteur. Un portage gratuit (porteur non rémunéré) peut être requalifié en prêt à taux zéro non justifié, exposant les deux parties à un redressement fiscal (avantage indirect pour le donneur d'ordre, revenu gratuit pour le porteur). La rémunération doit couvrir les risques du porteur, notamment le risque de responsabilité civile comme actionnaire apparent.

Oublier le reversement des dividendes. Sans clause specifiqueobligueant le porteur à reverser les dividendes au donneur d'ordre immédiatement après leur perception, un litige peut survenir sur la propriété des dividendes. Par défaut, les dividendes appartiennent au titulaire apparent (le porteur) ; le reversement au donneur d'ordre est une obligation purement contractuelle inter partes.

Ne pas prévoir la clause d'exercice des droits de vote. En l'absence de clause sur le vote, le porteur vote librement en assemblée. Si ses votes sont contraires aux intérêt du donneur d'ordre, la responsabilité contractuelle du porteur est engagée mais les décisions de l'assemblée restent validés à l'égard des tiers. La procuration permanente ou la clause d'instructions préalables permet d'éviter ce risque.

Ignorer les clauses d'agrément des statuts de la société émettrice. Si les statuts de la SAS émettrice precoient un agrément pour les cessions d'actions, le porteur qui acquiert sans agrément expose la cession à la nullité (Code com. L227-15). Vérifier systématiquement les statuts avant tout portage.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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