Contrat de Mariage — Séparation de Biens
Qu'est-ce qu'un Contrat de Mariage — Séparation de Biens ?
Le Contrat de Mariage — Séparation de Biens en Belgique est régi par Code civil belge livre 2 (personnes et famille) et organise la situation familiale concernée conformément au droit belge des personnes et de la famille.
Le régime de séparation de biens en Belgique se distingue fondamentalement du régime légal de la communauté réduite aux acquêts prévu par les articles 1387 à 1465 du Code civil belge (dans leur version applicable aux mariages non contractuels). Sous le régime légal, les biens acquis pendant le mariage à titre onéreux par l'un ou l'autre des époux entrent dans la masse commune et appartiennent aux deux époux en indivision. Sous le régime de séparation de biens, chaque époux reste propriétaire exclusif de ses acquêts, sans masse commune. Les biens personnels antérieurs au mariage, les successions et donations reçues pendant le mariage, et les biens acquis à titre onéreux pendant le mariage restent exclusivement dans le patrimoine de l'époux qui les a acquis.
La séparation de biens offre plusieurs avantages pratiques et juridiques. Elle protège chaque époux des dettes contractées par l'autre : en séparation de biens, les créanciers d'un époux (fournisseurs, banques, administrations fiscales) ne peuvent en principe pas saisir les biens personnels de l'autre époux, sauf pour les dettes ménagères visées à l'article 222 du Code civil belge qui restent solidaires entre époux indépendamment du régime matrimonial. Elle simplifie la liquidation du régime en cas de divorce ou de décès : chacun reprend ce qui lui appartient sans avoir à calculer et à partager une masse commune. Elle est particulièrement adaptée aux entrepreneurs, indépendants, professions libérales (médecins, avocats, notaires) et investisseurs immobiliers qui souhaitent protéger leur activité professionnelle et leur patrimoine des risques économiques du conjoint.
La réforme du droit patrimonial de la famille belge (Livre 2 du nouveau Code civil belge) a modifié certaines dispositions applicables aux régimes matrimoniaux depuis le 1er septembre 2018. La Loi du 22 juillet 2018 portant réforme du droit patrimonial des époux a introduit plusieurs mécanismes de correction de la séparation de biens : le devoir de secours entre époux (article 213 du Code civil belge), la protection de la résidence familiale (article 215 du Code civil belge — applicable quel que soit le régime matrimonial), et la possibilité d'insérer une clause d'adjonction (clause par laquelle les époux prévoient une participation aux acquêts en cas de dissolution du mariage). Cette dernière mécanisme, parfois appelé « séparation avec participation aux acquêts », permet de corriger les inégalités économiques qui peuvent résulter d'une longue période de mariage sous séparation de biens pure.
La Cour constitutionnelle belge et la Cour de cassation ont développé une jurisprudence abondante sur les effets du régime de séparation de biens, notamment sur la question des biens indivis acquis conjointement par les époux (appartement acheté ensemble, voiture familiale), la liquidation des créances entre époux (remboursements mutuels), et la protection du logement familial selon l'article 215 du Code civil belge. Le notaire belge chargé de rédiger le contrat de mariage est tenu à un devoir de conseil renforcé pour expliquer aux futurs époux les conséquences patrimoniales de leur choix de régime, conformément à la déontologie de la Fédération royale du Notariat belge (FRNB).
En droit international privé belge, le régime matrimonial est régi par le Règlement (UE) 2016/1103 du 24 juin 2016 relatif aux régimes matrimoniaux, applicable depuis le 29 janvier 2019 dans les États membres participants (dont la Belgique). Ce règlement détermine la loi applicable au régime matrimonial des couples dont l'un des époux est ressortissant d'un autre État, et facilite la reconnaissance des contrats de mariage dans les États membres de l'UE.
Quand avez-vous besoin d'un Contrat de Mariage — Séparation de Biens ?
Le contrat de mariage en séparation de biens en Belgique est recommandé dans des situations précises où la protection individuelle des patrimoines est prioritaire.
Les entrepreneurs et indépendants belges ont particulièrement intérêt à opter pour la séparation de biens afin de protéger le patrimoine familial des risques liés à leur activité professionnelle. Un entrepreneur en faillite peut exposer les biens communs de son ménage aux poursuites de ses créanciers commerciaux. En séparation de biens, les biens personnels du conjoint non entrepreneur ne sont pas exposés aux dettes professionnelles de l'autre, sauf si le conjoint a personnellement garanti ces dettes (caution personnelle). Le Tribunal de l'entreprise belge et les juridictions commerciales font régulièrement application de cette distinction.
Les professions libérales (médecins, avocats, architectes, notaires, experts-comptables) exposées à des risques de responsabilité civile professionnelle importants ont intérêt à adopter la séparation de biens pour limiter l'exposition du patrimoine familial. La responsabilité professionnelle du médecin peut être engagée pour des montants considérables en cas d'erreur médicale, et la séparation de biens protège les biens du conjoint.
Les personnes qui ont hérité d'un patrimoine familial important et souhaitent le conserver intact sans qu'il soit exposé aux risques liés au mariage (divorce, dettes du conjoint) optent souvent pour la séparation de biens. Dans le régime légal de communauté, les fruits des biens propres (loyers, dividendes) peuvent entrer dans la masse commune selon certaines interprétations du Code civil belge.
Les couples qui se marient avec des patrimoines très différents peuvent préférer la séparation de biens pour éviter qu'une disparité de fortune ne crée des complications en cas de divorce ou de décès. En séparation de biens, chaque époux garde ce qu'il avait, sans partage de la valorisation ou de la dépréciation des biens de l'autre.
Les mariages tardifs (après 50 ans) impliquant des personnes disposant de patrimoines constitués et d'enfants d'un premier mariage bénéficient souvent de la séparation de biens pour protéger les droits successoraux de ces enfants. La séparation de biens évite que les biens accumulés pour les enfants du premier mariage ne soient englobés dans une communauté susceptible de bénéficier au nouveau conjoint en cas de décès.
Les couples à double carrière internationale (expatriés, fonctionnaires européens, cadres multinationaux) dont l'un des époux est ressortissant d'un autre État membre de l'UE peuvent opter pour la séparation de biens pour simplifier la gestion internationale de leur patrimoine, en application du Règlement (UE) 2016/1103 relatif aux régimes matrimoniaux qui facilite la reconnaissance transfrontalière des contrats de mariage dans l'Union européenne.
Que faut-il inclure dans votre Contrat de Mariage — Séparation de Biens ?
Le contrat de mariage en séparation de biens belge doit comporter des éléments précis pour être valable, opposable aux tiers et publié au Moniteur belge.
Identification complète des futurs époux. Nom, prénoms, date et lieu de naissance, numéro de registre national (NRN), état civil, nationalité, adresse de résidence principale selon le registre national tenu par la commune, profession et numéro de carte d'identité électronique. Pour les futurs époux étrangers ou bi-nationaux, mention de la nationalité et du pays de résidence fiscale selon les conventions de double imposition.
Désignation du régime matrimonial choisi. Mention expresse de l'adoption du régime de séparation de biens en application des articles 1466 à 1469 du Code civil belge, avec exclusion expresse du régime légal de la communauté réduite aux acquêts prévu par les articles 1387 à 1465 du Code civil belge.
Inventaire des biens propres existants. Description des biens immobiliers, mobiliers, comptes bancaires, titres financiers et droits intellectuels détenus par chaque futur époux au moment de la signature du contrat. Cet inventaire, joint en annexe, constitue la preuve des biens propres antérieurs au mariage et facilite la liquidation ultérieure du régime. Les biens immobiliers doivent être désignés par leur adresse complète et leur référence cadastrale (SPF Finances — AGDP).
Règles applicables aux biens acquis pendant le mariage. La séparation de biens exclut toute masse commune. Chaque époux acquiert, gère et aliène ses biens en pleine autonomie. Les biens acquis conjointement (en indivision) sont soumis aux règles de l'indivision selon les articles 3.69 et suivants du Code civil belge livre 3. Précisez la clé de répartition applicable aux biens indivis (50/50 ou autre proportion) et les modalités de gestion de l'indivision.
Clause d'adjonction (optionnelle). La Loi du 22 juillet 2018 a introduit la possibilité d'insérer dans le contrat de séparation de biens une clause de participation aux acquêts, selon laquelle chaque époux aura droit à une quote-part des acquêts réalisés par l'autre époux en cas de dissolution du régime par divorce, séparation de corps ou décès. Cette clause corrige les inégalités économiques résultant d'une longue période de mariage, notamment lorsque l'un des époux a sacrifié sa carrière pour s'occuper du ménage ou des enfants. Le notaire belge doit expliquer les conséquences de cette clause et son articulation avec le régime de séparation de biens pur.
Clause relative à la résidence familiale. L'article 215 du Code civil belge s'applique impérativement à tout régime matrimonial : le logement qui sert à la résidence principale de la famille ne peut être vendu, hypothéqué ou loué sans le consentement des deux époux, même s'il appartient exclusivement à l'un d'eux. Le contrat de mariage peut préciser les modalités d'application de cette protection dans le contexte de la séparation de biens.
Règles applicables aux dettes. En séparation de biens, chaque époux est responsable de ses propres dettes. Les dettes contractées pour les besoins ordinaires de la famille (loyer, courses, frais médicaux, frais de scolarité) sont solidaires entre époux en application de l'article 222 du Code civil belge, indépendamment du régime matrimonial. Le contrat peut préciser quelles dépenses sont considérées comme ménagères et quel est le montant au-delà duquel la solidarité ne joue pas.
Régime successoral. La séparation de biens n'affecte pas les droits successoraux entre époux, qui sont déterminés par le droit des successions (Code civil belge livre 4) et par les dispositions testamentaires. Le contrat de mariage peut contenir des stipulations au profit du conjoint survivant (donation entre époux, clause de préciput) dans la mesure des droits autorisés par la réserve héréditaire des enfants. Le notaire belge conseille sur la coordination entre le contrat de mariage et le testament.
Forme et publicité. Le contrat de mariage doit être reçu par acte authentique devant un notaire belge inscrit au tableau de la Fédération royale du Notariat belge (FRNB). Il doit être conclu avant la célébration du mariage. L'extrait du contrat est publié au Moniteur belge et au registre central des contrats matrimoniaux tenu par la FRNB, garantissant son opposabilité aux tiers. Les modèles de forms-legal.com constituent une base de réflexion mais ne remplacent pas la consultation préalable d'un notaire belge.
Comment remplir votre Contrat de Mariage — Séparation de Biens
Préparer un contrat de mariage en séparation de biens en Belgique requiert une consultation notariale obligatoire avant la célébration du mariage. Le présent formulaire est un outil de préparation.
Étape 1 — Prendre rendez-vous chez un notaire belge. Le contrat de mariage doit obligatoirement être reçu par un notaire belge inscrit au tableau de la FRNB, avant la date du mariage civil. Contactez le notaire au moins 4 à 6 semaines avant la date prévue du mariage pour laisser le temps de rédiger, relire et signer l'acte. Le notaire peut être commun aux deux futurs époux ou chacun peut choisir son propre notaire.
Étape 2 — Rassembler les documents d'identification. Pour chaque futur époux : carte d'identité électronique en cours de validité, numéro de registre national, acte de naissance récent (moins de 6 mois) délivré par la commune, et, pour les futurs époux étrangers, une copie légalisée et traduite de leurs documents d'état civil.
Étape 3 — Préparer l'inventaire des biens propres. Listez tous les biens immobiliers (avec désignation cadastrale et valeur estimée), les comptes bancaires (avec numéros IBAN), les portefeuilles de titres financiers, les biens professionnels (fonds de commerce, parts sociales de SRL ou SA, matériel professionnel), les droits intellectuels, et les biens mobiliers d'une valeur significative (véhicules, œuvres d'art, bijoux de valeur). Cet inventaire sera joint en annexe au contrat.
Étape 4 — Réfléchir aux clauses supplémentaires. Discutez avec le notaire de l'opportunité d'insérer une clause de participation aux acquêts (pour corriger les inégalités économiques en cas de divorce), une clause de préciput (attribution d'un ou plusieurs biens au survivant), une donation entre époux pour avantager le conjoint survivant en cas de décès.
Étape 5 — Renseigner le formulaire préparatoire. Indiquez les nom, prénoms, date et lieu de naissance, NRN, adresse et profession de chaque futur époux. Précisez le régime choisi (séparation de biens) et listez les principales stipulations souhaitées.
Étape 6 — Rédaction par le notaire. Le notaire rédige l'acte selon les instructions des parties, l'explique aux futurs époux lors d'une séance de lecture et de questions-réponses, et s'assure que chacun comprend les conséquences patrimoniales du régime choisi.
Étape 7 — Signature de l'acte authentique. Les deux futurs époux signent le contrat devant le notaire en présence du notaire instrumentant. Le notaire appose son sceau et sa signature. L'acte est conservé aux minutes du notaire et un extrait est remis aux parties.
Étape 8 — Publication au Moniteur belge. Dans les 15 jours de la signature, le notaire transmet un extrait du contrat pour publication au Moniteur belge et inscription au registre central des contrats matrimoniaux tenu par la FRNB. Cette publication rend le contrat opposable aux tiers, notamment aux créanciers de chaque époux.
Exigences juridiques pour Contrat de Mariage — Séparation de Biens
Le contrat de mariage en séparation de biens belge est soumis à des exigences légales strictes dont le non-respect peut entraîner sa nullité absolue.
Forme authentique obligatoire. L'article 1387 du Code civil belge (dans sa version applicable) et la Loi du 25 ventôse an XI organique du notariat imposent que tout contrat de mariage soit reçu par acte authentique devant un notaire belge inscrit au tableau de la FRNB. Un contrat de mariage sous seing privé est nul de nullité absolue, ce qui entraîne l'application du régime légal de la communauté réduite aux acquêts. Le notaire instrumentant doit vérifier l'identité des parties, leur capacité à contracter et l'absence de vice du consentement.
Antériorité par rapport au mariage. Le contrat de mariage doit être signé avant la célébration du mariage civil devant l'officier de l'état civil de la commune. Un contrat signé le jour du mariage ou après le mariage est nul. Le Code civil belge livre 2 article 1387 dispose qu'il ne peut être fait de conventions matrimoniales qu'avant le mariage. Des modifications ultérieures du régime matrimonial (changement de régime) sont toutefois possibles après le mariage, selon la procédure de mutation de régime prévue par les articles 1394 et suivants du Code civil belge.
Capacité des futurs époux. Les futurs époux doivent être juridiquement capables de contracter un mariage et un contrat. Les mineurs émancipés ou les personnes sous mesure de protection judiciaire peuvent conclure un contrat de mariage, sous réserve des conditions spécifiques prévues par la Loi du 17 mars 2013 et les dispositions du Code civil belge livre 2 sur la capacité.
Publicité et opposabilité aux tiers. L'extrait du contrat de mariage est publié au Moniteur belge en application de l'article 76 du Code civil belge (dans sa version antérieure à la réforme du droit des personnes et de la famille) et inscrit au registre central des contrats matrimoniaux tenu par la FRNB, accessible aux tiers qui souhaitent vérifier le régime matrimonial d'une personne. Sans cette publication, le contrat de mariage est inopposable aux tiers de bonne foi.
Protection de la résidence familiale. L'article 215 du Code civil belge s'applique impérativement à tous les régimes matrimoniaux, y compris la séparation de biens : tout acte de disposition portant sur l'immeuble servant de logement principal à la famille (vente, hypothèque, donation) requiert le consentement des deux époux, même si l'immeuble appartient exclusivement à l'un d'eux. La méconnaissance de cette règle rend l'acte annulable à la demande du conjoint non consentant devant le Tribunal de première instance dans les deux ans de la connaissance de l'acte.
Limites de la liberté contractuelle. Les époux ne peuvent pas déroger par leur contrat de mariage aux dispositions légales d'ordre public sur les devoirs personnels entre époux (devoir de secours et de fidélité), aux règles de protection de la résidence familiale (article 215), aux règles de la réserve héréditaire protégeant les descendants du défunt (Code civil belge livre 4), ni aux obligations familiales envers les enfants (obligation alimentaire de l'article 203 du Code civil belge). Les clauses contraires à ces dispositions d'ordre public sont nulles et réputées non écrites.
Droit de la preuve en régime de séparation de biens. L'article 1538 du Code civil belge (dans sa version applicable) dispose que, dans le régime de séparation de biens, chaque époux conserve l'administration et la jouissance de ses biens personnels et en dispose librement. La propriété exclusive est prouvée par tous les moyens de droit, mais en cas de doute, les biens sont présumés indivis par moitié entre les époux. L'inventaire établi lors du contrat de mariage facilite cette preuve pour les biens antérieurs au mariage.
Erreurs courantes à éviter dans votre Contrat de Mariage — Séparation de Biens
La conclusion d'un contrat de mariage en séparation de biens en Belgique expose à des erreurs fréquentes qui peuvent réduire sa protection ou créer des complications imprévues.
Erreur 1 — Confier la rédaction à un particulier ou utiliser un modèle non notarié. Un contrat de mariage non reçu par un notaire belge est nul de nullité absolue selon le droit belge. Le couple se retrouve alors sous le régime légal de la communauté sans en avoir été conscient, avec toutes les complications patrimoniales qui en découlent. La consultation notariale obligatoire est une protection, pas une contrainte.
Erreur 2 — Signer le contrat le jour du mariage ou après. La loi belge interdit de conclure un contrat de mariage après la célébration du mariage civil. Le contrat non signé avant le mariage est nul, et seule la procédure de changement de régime matrimonial (articles 1394 et suivants du Code civil belge) permettra de modifier le régime après le mariage, avec des délais, des formalités et des coûts supplémentaires.
Erreur 3 — Ne pas établir d'inventaire des biens propres. Sans inventaire détaillé des biens personnels de chaque époux au moment du mariage, la preuve de la propriété exclusive d'un bien peut devenir difficile après des années de mariage. Les biens non inventoriés sont présumés indivis par moitié, ce qui peut conduire à des litiges coûteux lors de la liquidation du régime.
Erreur 4 — Ne pas prévoir une clause d'adjonction ou de correction. La séparation de biens pure peut créer des inégalités criantes en cas de divorce après un long mariage, notamment lorsque l'un des époux a renoncé à sa carrière pour s'occuper du ménage et des enfants. Sans clause de participation aux acquêts, l'époux économiquement plus faible repart avec bien moins que le conjoint qui a développé son patrimoine. Le notaire belge doit expliquer cette conséquence et proposer des mécanismes correcteurs.
Erreur 5 — Ignorer la protection obligatoire de la résidence familiale. En séparation de biens, un époux propriétaire exclusif du logement familial pourrait être tenté de le vendre ou de l'hypothéquer sans l'accord du conjoint. L'article 215 du Code civil belge interdit formellement tout acte de disposition sur la résidence familiale sans le consentement des deux époux, sous peine d'annulation. Cette protection est d'ordre public et ne peut pas être écartée par le contrat de mariage.
Erreur 6 — Confondre séparation de biens et séparation des dettes ménagères. Même en séparation de biens, les dettes contractées pour les besoins ordinaires du ménage et l'éducation des enfants sont solidaires entre époux en application de l'article 222 du Code civil belge. Un bailleur, un prestataire de services médicaux ou une école peuvent donc s'adresser à l'un ou l'autre des époux pour le paiement de ces dettes, quelle que soit la séparation de biens.
Questions Fréquentes
Le coût d'un contrat de mariage en Belgique comprend les honoraires notariaux, les droits d'enregistrement et les frais de publication au Moniteur belge. Les honoraires notariaux pour un contrat de mariage en séparation de biens standard varient de 300,00 € à 800,00 € selon la complexité du contrat, le nombre de clauses supplémentaires (clause d'adjonction, donation entre époux, clause de préciput) et l'étude notariale choisie. La réforme de 1999 sur le notariat belge a partiellement libéralisé les honoraires notariaux, ce qui justifie de comparer les devis de plusieurs notaires. Le droit d'enregistrement fixe perçu par le SPF Finances s'élève à environ 50,00 €. La publication de l'extrait au Moniteur belge et l'inscription au registre central de la FRNB entraînent des frais supplémentaires d'environ 100,00 € à 200,00 €. Pour les couples disposant de patrimoines importants, d'activités entrepreneuriales complexes ou de situations fiscales particulières, un contrat avec inventaire détaillé et clauses spéciales peut coûter de 1.000,00 € à 2.500,00 €. Les couples à revenus modestes peuvent bénéficier de l'aide juridique de deuxième ligne (BAJ — Bureau d'Assistance Judiciaire) sous conditions de ressources définies par le SPF Justice. Malgré ce coût, le contrat de mariage représente un investissement juridique majeur par rapport aux frais d'un divorce contentieux ou d'une liquidation compliquée de communauté, qui peuvent facilement dépasser 10.000,00 €.
En droit belge, le changement de régime matrimonial après la célébration du mariage est possible, mais il obéit à une procédure plus lourde que la conclusion d'un contrat de mariage avant le mariage. La procédure de mutation de régime matrimonial est régie par les articles 1394 et suivants du Code civil belge. Les époux qui souhaitent changer de régime doivent d'abord s'accorder sur le nouveau régime choisi, puis se présenter chez un notaire belge qui rédige un acte de changement de régime. Cet acte doit être publié au Moniteur belge et dans un journal national à grand tirage pour permettre aux créanciers des époux de s'y opposer dans un délai de 3 mois. À l'expiration de ce délai, si aucune opposition valable n'a été formulée, le nouveau régime entre en vigueur. Les créanciers qui s'estiment lésés par le changement de régime peuvent s'y opposer devant le Tribunal de première instance. Le coût d'un changement de régime est généralement supérieur à celui d'un contrat de mariage initial, en raison des formalités de publicité supplémentaires. Pour les couples qui n'ont pas conclu de contrat de mariage avant leur union et souhaitent désormais opter pour la séparation de biens, la procédure de mutation de régime est la seule voie disponible. La liquidation préalable du régime de communauté (inventaire et partage des biens communs) est nécessaire avant l'adoption de la séparation de biens.
En régime de séparation de biens belge, lorsque les deux époux acquièrent ensemble un bien (appartement, terrain, voiture, parts sociales d'une société), ce bien est en indivision entre eux, régi par les règles de l'indivision du Code civil belge livre 3 (articles 3.69 et suivants, en vigueur depuis 2021). L'indivision est distincte de la communauté : il n'y a pas de masse commune, mais une copropriété sur des biens déterminés. La proportion de la copropriété (50/50, 60/40, ou autre) doit être précisée dans l'acte d'acquisition pour éviter les litiges ultérieurs. Si aucune proportion n'est mentionnée, la présomption est celle d'une indivision à parts égales (50/50). Chaque indivisaire peut demander le partage de l'indivision à tout moment en application du principe d'article 3.75 du Code civil belge. Pour un logement familial acquis en indivision, le partage est soumis à la protection de l'article 215 du Code civil belge tant que le bien sert de résidence principale à la famille : un époux ne peut pas unilatéralement demander la vente du logement familial sans l'accord de l'autre. Pour la gestion courante des biens indivis, l'accord de tous les indivisaires est requis pour les actes de disposition (vente, hypothèque), tandis que les actes d'administration peuvent être accomplis par un seul indivisaire selon les règles de l'article 3.75 et suivants du Code civil belge. En cas de désaccord persistant sur la gestion ou le partage, le Juge de paix ou le Tribunal de première instance peut être saisi.
En régime de séparation de biens belge, la protection contre les dettes du conjoint est réelle mais comporte des limites importantes. En principe, en séparation de biens, les créanciers personnels d'un époux (fournisseurs, banques, administration fiscale pour les dettes personnelles) ne peuvent pas saisir les biens personnels de l'autre époux pour le paiement de ces dettes. C'est la principale protection offerte par la séparation de biens par rapport au régime légal de communauté, où les créanciers peuvent s'attaquer à la masse commune. Cependant, plusieurs exceptions à cette protection existent. L'article 222 du Code civil belge dispose que les dettes contractées pour les besoins ordinaires du ménage et l'éducation des enfants sont solidaires entre époux, quel que soit le régime matrimonial. Ainsi, les dettes pour le loyer du logement familial, les factures d'énergie, les frais médicaux courants et les frais de scolarité peuvent être réclamées à l'un ou l'autre des époux par le créancier. Les engagements souscrits solidairement (co-emprunteurs d'un crédit hypothécaire, cautions mutuelles) créent une solidarité indépendante du régime matrimonial. En cas de fraude, un époux peut tenter de placer ses biens sous le nom du conjoint pour les soustraire à ses créanciers — la jurisprudence belge (Cour de cassation, Cours d'appel) sanctionne ces tentatives par l'action paulienne (Code civil belge livre 5 art. 5.169) ou par la simulation. Pour une protection optimale, la séparation de biens doit être complétée par un évitement des engagements de solidarité et une gestion patrimoniale rigoureuse avec l'aide d'un notaire ou d'un conseiller fiscal belge.
En Belgique, le régime légal de la communauté réduite aux acquêts et le régime de séparation de biens diffèrent fondamentalement dans la gestion et le destin des biens acquis pendant le mariage. Sous le régime légal (articles 1387 à 1465 du Code civil belge), les biens acquis à titre onéreux par l'un ou l'autre des époux pendant le mariage entrent dans une masse commune appartenant aux deux époux par moitié. Les biens propres de chaque époux (biens antérieurs au mariage, successions et donations reçues pendant le mariage) restent personnels, mais leurs fruits (loyers, dividendes) peuvent entrer dans la masse commune selon l'interprétation retenue. En cas de divorce ou de décès, la masse commune est partagée par moitié entre les époux ou leurs héritiers, après déduction des récompenses (remboursements entre masses propres et commune). Sous le régime de séparation de biens (articles 1466-1469 du Code civil belge), il n'y a pas de masse commune : chaque époux reste propriétaire exclusif de ses biens antérieurs et postérieurs au mariage, gère ses biens en pleine autonomie et n'est pas exposé aux dettes personnelles de l'autre. La liquidation du régime de séparation de biens est en principe plus simple : chacun reprend ses biens propres, et les biens indivis sont partagés selon les règles de l'indivision. En contrepartie, la séparation de biens peut créer des inégalités en cas de divorce après un long mariage si l'un des époux n'a pas pu développer son patrimoine (conjoint au foyer, parent à temps partiel). La clause de participation aux acquêts peut corriger cette inégalité.
Depuis le 29 janvier 2019, le Règlement (UE) 2016/1103 du 24 juin 2016 relatif à la compétence, la loi applicable, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière de régimes matrimoniaux s'applique dans la plupart des États membres de l'Union européenne participants (dont la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg et 16 autres États). Ce règlement détermine quelle loi nationale s'applique au régime matrimonial d'un couple ayant des liens avec plusieurs États membres (nationalités différentes, résidence dans des États différents). Pour les couples qui ont conclu un contrat de mariage belge avant leur installation dans un autre État membre, le Règlement prévoit en principe la reconnaissance de la validité et des effets de ce contrat dans les États membres participants. Cependant, des clauses d'ordre public de l'État de résidence peuvent limiter la reconnaissance du contrat si ses effets sont contraires aux principes fondamentaux de cet État. Pour les couples dont l'un des époux est ressortissant d'un État non membre de l'UE (USA, Canada, Maroc, Russie), les règles de droit international privé belge s'appliquent : la loi applicable est celle choisie par les époux dans leur contrat de mariage, à défaut la loi du premier domicile conjugal. Il est recommandé aux couples internationaux de consulter un notaire belge spécialisé en droit international privé pour s'assurer de la validité et de la portée de leur contrat dans tous les pays concernés.
La donation entre époux peut être insérée dans un contrat de mariage en séparation de biens belge, mais elle obéit à des règles spécifiques du Code civil belge livre 4 sur les donations et les successions. La donation entre époux dans un contrat de mariage est une donation de biens à venir (institution contractuelle) par laquelle un époux donne au conjoint survivant tout ou partie des biens dont il sera propriétaire au moment de son décès. Cette donation peut porter sur la totalité des biens, sur une quotité de la succession, ou sur un ou plusieurs biens déterminés (clause de préciput). En séparation de biens, la donation entre époux permet de compenser l'absence de masse commune et d'avantager le conjoint survivant au-delà de sa vocation successorale légale. Cependant, la donation entre époux est limitée par la réserve héréditaire des descendants (enfants, petits-enfants) du donateur : la quotité disponible (la part dont le défunt peut librement disposer) est d'un quart si le défunt laisse 3 enfants ou plus, d'un tiers pour 2 enfants, de la moitié pour 1 enfant. La Loi du 31 juillet 2017 réformant les successions belges a introduit la notion de quotité disponible entre époux (réserve entre époux), précisant les droits du conjoint survivant en présence d'enfants. La donation entre époux dans un contrat de mariage est révocable unilatéralement par le donateur pendant le mariage, contrairement aux donations ordinaires qui sont en principe irrévocables. Le notaire belge doit expliquer ces règles complexes aux futurs époux avant l'insertion de la clause.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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