Demande de Naturalisation Rapide — Belgique
Qu'est-ce qu'un Demande de Naturalisation Rapide — Belgique ?
La Demande de Naturalisation Rapide en Belgique est régie par Code de la nationalité belge, art. 12bis (naturalisation ordinaire) et art. 12 (naturalisation par déclaration après 5 ans) et permet de déclarer formellement la situation requise auprès de l'autorité belge compétente.
Avant la réforme de 2012, la procédure de naturalisation était purement parlementaire (vote de l'Assemblée nationale sur chaque demande individuelle). Depuis 2013, la naturalisation peut être accordée par déclaration devant le greffe du Tribunal de première instance du lieu de résidence du demandeur, sous réserve de satisfaire aux conditions légales prévues par l'article 12bis du Code de la nationalité belge. Cette déclaration de nationalité par naturalisation est enregistrée par le greffe et transmise au Parquet du Procureur du Roi pour avis sur les conditions d'ordre public.
Les conditions principales d'accès à la naturalisation par l'article 12bis CNB sont les suivantes : séjour légal et continu de 5 ans en Belgique (la durée est portée à 10 ans dans certains cas), intégration suffisante attestée par une des conditions alternatives (emploi salarié pendant 468 jours ouvrables dans les 5 ans précédant la demande, ou activité d'indépendant, ou suivi avec succès d'un parcours d'intégration civique reconnu, ou être titulaire d'un diplôme d'enseignement belge de niveau 3 ou supérieur), connaissance suffisante d'une des langues nationales (français, néerlandais ou allemand), et absence de condamnations pénales graves incompatibles avec les conditions d'ordre public définies par le Procureur du Roi.
La condition de connaissance linguistique est évaluée différemment selon les Régions : en Wallonie et à Bruxelles, la connaissance du français est présumée si le demandeur a travaillé, a suivi des études ou a effectué son parcours d'intégration en français ; en Flandre, la connaissance du néerlandais peut être attestée par un certificat CVO (Centrum voor Volwassenenonderwijs) ou une attestation du VDAB. Pour les ressortissants dont la langue maternelle est l'une des langues nationales belges, la condition linguistique est automatiquement remplie.
Les personnes réfugiées reconnues (statut accordé par le CGRA — Commissariat général aux réfugiés et apatrides) et les apatrides bénéficient d'une condition de résidence réduite à 3 ans pour accéder à la naturalisation, conformément à la Convention sur le statut des réfugiés de Genève (28 juillet 1951) et à la Convention de New York sur la réduction des cas d'apatridie (30 août 1961). Les enfants nés en Belgique de parents étrangers légalement établis peuvent acquérir la nationalité belge par déclaration avant l'âge de 12 ans selon l'article 11 CNB.
L'acquisition de la nationalité belge confère au naturalisé tous les droits du citoyen belge : droit de vote et d'éligibilité aux élections communales, législatives et européennes, droit à la protection diplomatique et consulaire belge, accès à la fonction publique belge (pour les emplois réservés aux citoyens belges ou UE), et passeport belge ouvrant l'accès sans visa à plus de 180 pays. La double nationalité est autorisée en Belgique depuis la Loi du 27 décembre 2006 pour les ressortissants qui conservent leur nationalité d'origine.
Quand avez-vous besoin d'un Demande de Naturalisation Rapide — Belgique ?
La demande de naturalisation rapide s'impose dans plusieurs situations pour un ressortissant étranger souhaitant acquérir la nationalité belge.
Étranger résidant légalement en Belgique depuis 5 ans. La condition principale de la naturalisation par article 12bis CNB est un séjour légal et continu de 5 ans sur le territoire belge. Tout ressortissant étranger — quelle que soit sa nationalité d'origine — qui remplit cette condition de résidence et satisfait aux autres critères cumulatifs (intégration, langue, ordre public) peut déposer une déclaration de nationalité. La résidence doit être légale et continue : les interruptions de séjour de plus de 6 mois ou les périodes de séjour irrégulier ne sont pas comptabilisées dans les 5 ans.
Travailleur étranger intégré économiquement en Belgique. Le travailleur étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée (468 jours ouvrables attestés par l'ONSS dans les 5 ans précédant la demande) ou une activité d'indépendant (enregistrée à la BCE) satisfait à la condition d'intégration économique prévue par l'article 12bis § 1er, 2° CNB. Cette condition est particulièrement adaptée aux travailleurs qualifiés titulaires d'un permis unique ou d'une Carte bleue qui ont contribué économiquement à la société belge pendant plusieurs années.
Étranger ayant complété un parcours d'intégration civique reconnu. Un ressortissant étranger ayant suivi avec succès un parcours d'intégration civique reconnu par la Région de résidence (parcours d'intégration wallon organisé par les CRIC en Région wallonne, parcours Bruxelles Accueil à Bruxelles, inburgeringsparcours du Agentschap Integratie en Inburgering en Flandre) satisfait à la condition d'intégration civique. Ce parcours comprend des cours de langue nationale, de formation à l'orientation sociale et un bilan de compétences professionnelles.
Titulaire d'un diplôme d'enseignement belge de niveau 3 ou supérieur. Un ressortissant étranger ayant obtenu un diplôme dans un établissement d'enseignement belge reconnu (certificat d'enseignement secondaire supérieur CESS, diplôme de bachelier ou master en haute école ou université belge, diplôme d'enseignement secondaire inférieur ou professionnel de niveau 3) satisfait à la condition d'intégration par l'éducation. Ce critère est particulièrement applicable aux étudiants étrangers qui ont fait leurs études en Belgique et souhaitent s'y établir définitivement après l'obtention de leur diplôme.
Réfugié reconnu ou apatride avec 3 ans de résidence. Les personnes reconnues réfugiées par le CGRA et les apatrides reconnus par les tribunaux belges bénéficient d'une condition de résidence réduite à 3 ans (au lieu de 5) pour la naturalisation. Cette disposition est prévue par l'article 12bis § 1er, alinéa 2 CNB, en cohérence avec la Convention de Genève de 1951. La condition d'intégration (emploi, formation, diplôme) et la condition linguistique s'appliquent également.
Conjoint ou partenaire d'un ressortissant belge après 3 ans de mariage et de cohabitation effective. Le conjoint d'un ressortissant belge avec lequel il a cohabité de manière effective et légale pendant au moins 3 ans peut demander la naturalisation par déclaration dans des conditions légèrement facilitées, notamment une condition de résidence réduite à 3 ans (au lieu de 5) si le mariage avec le Belge précède la demande de naturalisation. La cohabitation effective doit être prouvée (même domicile, vie commune, liens familiaux).
Petits-enfants de ressortissants belges à l'étranger. Des règles particulières existent pour les descendants de ressortissants belges ayant perdu la nationalité belge suite à des évolutions législatives historiques ou à l'émigration. Les petits-enfants de Belges d'origine peuvent bénéficier de procédures facilitées selon l'article 8 ou 9 du Code de la nationalité belge. Consulter le SPF Affaires étrangères pour les situations de diaspora spécifiques.
Que faut-il inclure dans votre Demande de Naturalisation Rapide — Belgique ?
Une déclaration de naturalisation rapide complète et conforme aux exigences du greffe du Tribunal de première instance doit comporter les éléments suivants.
Identité complète et état civil documenté. Fournir le nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité d'origine, état civil actuel (célibataire, marié, divorcé, veuf), nombre et identité des enfants mineurs. Joindre les actes d'état civil originaux ou certifiés conformes : acte de naissance (légalisé ou apostillé et traduit en français, néerlandais ou allemand), acte de mariage le cas échéant, jugement de divorce le cas échéant. Pour les ressortissants de pays dont l'état civil est inexistant ou inaccessible (réfugiés, apatrides, ressortissants de certains pays en conflit), des moyens de preuve alternatifs sont acceptés (déclaration sous serment, présomptions documentaires).
Preuve de résidence légale et continue de 5 ans en Belgique. Prouver le séjour légal et continu sur le territoire belge depuis au moins 5 ans : certificats de résidence délivrés par les communes successives de résidence, copies des titres de séjour successifs (cartes étrangères A, B, F, ou annexes), registre d'immatriculation ou registre des étrangers. Le Registre national belge (Rijksregister) constitue la preuve officielle de résidence inscrite auprès du SPF Intérieur. Les périodes d'absence du territoire de plus de 6 mois consécutifs interrompent la continuité du séjour et doivent être justifiées (hospitalisation à l'étranger, mission professionnelle, etc.).
Preuve de la condition d'intégration. Selon le critère satisfait : attestation ONSS des jours de travail salarié des 5 dernières années (extrait Mypension ou attestation ONSS directe) pour la condition d'emploi ; extrait BCE attestant l'activité d'indépendant pour la condition entrepreneuriale ; attestation de réussite du parcours d'intégration civique délivrée par les CRIC (Wallonie), Bon/BAPA (Bruxelles) ou het Agentschap Integratie en Inburgering (Flandre) pour la condition civique ; diplôme belge de niveau 3 ou supérieur pour la condition éducative. La preuve d'intégration est examinée en priorité par le greffier.
Preuve de connaissance d'une langue nationale. Attestation de connaissance suffisante du français, du néerlandais ou de l'allemand : pour le français, attestation d'un cours de langue dans un organisme agréé (CEFORA, FOREM, ACTIRIS, CRP, CRIC), diplôme belge délivré en français, attestation de travail dans un environnement francophone de plus de 3 ans ; pour le néerlandais, certificat CVO ou VDAB ; pour l'allemand, attestation similaire. Le Service d'intégration des personnes étrangères de Liège (SIPE) et les CRIC wallons attestent la connaissance du français pour les résidents wallons.
Casier judiciaire belge récent et casier du pays d'origine. Fournir un extrait de casier judiciaire belge (modèle 2 — pour les demandes liées à la nationalité) datant de moins de 3 mois, obtenu auprès du Casier judiciaire central (SPF Justice) ou via l'e-guichet myJustice. Fournir également un extrait de casier judiciaire du pays d'origine (apostillé et traduit) pour les pays où cela est possible. L'absence de condamnations pénales graves est vérifiée par le Procureur du Roi lors de l'examen de la demande. Des condamnations pour infractions graves (crimes, délits portant atteinte à l'ordre public, terrorisme) peuvent entraîner le refus de la naturalisation.
Formulaire de déclaration officiel conforme. La déclaration de nationalité par naturalisation doit être rédigée sur le formulaire officiel prévu par l'AR du 14 janvier 2013 fixant le modèle de la déclaration d'acquisition de la nationalité belge, disponible auprès du greffe du Tribunal de première instance ou sur le site du SPF Justice. Le formulaire doit être complété en caractères d'imprimerie, sans rature, signé par le demandeur devant le greffier. Une déclaration incomplète ou non conforme au formulaire officiel sera renvoyée par le greffe pour correction. forms-legal.com propose le formulaire complet de déclaration de naturalisation conforme au Code de la nationalité belge.
Comment remplir votre Demande de Naturalisation Rapide — Belgique
La procédure de naturalisation rapide en Belgique suit un parcours administratif précis à respecter étape par étape.
Étape 1 - Vérifier l'éligibilité avant de déposer. Avant toute démarche, vérifier si les conditions cumulatives sont réunies : au moins 5 ans de séjour légal et continu attesté par les titres de séjour successifs, satisfaction à une des conditions d'intégration (emploi 468 jours, parcours d'intégration, diplôme belge de niveau 3+, activité d'indépendant), connaissance d'une langue nationale, et absence de condamnations pénales graves. En cas de doute sur les conditions, consulter le greffe du Tribunal de première instance ou un avocat spécialisé en droit de la nationalité.
Étape 2 - Rassembler tous les documents justificatifs. Constituer le dossier complet avant de prendre rendez-vous au greffe : formulaire de déclaration de nationalité complété, actes d'état civil (naissance, mariage) légalisés et traduits, preuve de résidence (certificats de résidence des communes, copies des titres de séjour successifs), preuve d'intégration (attestation ONSS, attestation parcours d'intégration, ou diplôme belge), preuve de connaissance linguistique, casier judiciaire belge récent (modèle 2), casier judiciaire du pays d'origine, photos d'identité. Un dossier incomplet est refusé par le greffe.
Étape 3 - Prendre rendez-vous au greffe du Tribunal de première instance. La déclaration de nationalité doit être déposée en personne au greffe du Tribunal de première instance du lieu de résidence principal du demandeur en Belgique. La plupart des greffes acceptent les demandes sur rendez-vous uniquement. Prendre rendez-vous suffisamment à l'avance (les délais peuvent être de plusieurs semaines selon les tribunaux). Apporter l'original et des photocopies de toutes les pièces du dossier.
Étape 4 - Déposer la déclaration devant le greffier. Lors du rendez-vous, le greffier réceptionne la déclaration, vérifie la complétude formelle du dossier et enregistre la déclaration dans le registre des nationalités. Le greffier délivre un récépissé de dépôt. La déclaration est ensuite transmise au Parquet du Procureur du Roi pour avis sur les conditions légales et les antécédents judiciaires du demandeur.
Étape 5 - Attendre l'avis du Parquet. Le Procureur du Roi dispose d'un délai de 4 mois pour émettre un avis sur la demande de naturalisation. L'avis du Parquet est basé sur l'examen du casier judiciaire et les éventuelles informations de la police fédérale ou des services de renseignement sur la personne du demandeur. En cas d'avis défavorable motivé du Parquet, la déclaration est rejetée et un recours peut être introduit.
Étape 6 - Réception de la décision et enregistrement. En cas d'absence d'opposition du Procureur du Roi dans le délai de 4 mois, la naturalisation est accordée de plein droit par l'effet de la loi. Le greffe enregistre l'acquisition de la nationalité belge dans le registre des nationalités et en informe les services communaux pour mise à jour du registre national. Le demandeur reçoit une copie certifiée conforme de l'acte d'acquisition de la nationalité belge.
Étape 7 - Faire établir les documents d'identité belges. Une fois la nationalité belge acquise, faire établir la carte d'identité électronique belge (eID) et le passeport belge auprès de la commune de résidence. Pour la carte eID, se présenter à l'administration communale avec l'acte d'acquisition de la nationalité. Le passeport belge est délivré par les communes (via le SPF Affaires étrangères) sur présentation de la nouvelle carte d'identité belge.
Exigences juridiques pour Demande de Naturalisation Rapide — Belgique
La naturalisation rapide en Belgique est encadrée par des textes légaux précis.
Code de la nationalité belge — article 12bis. L'article 12bis du Code de la nationalité belge (introduit par la Loi du 4 décembre 2012) définit les conditions de la naturalisation par déclaration pour les étrangers majeurs résidant légalement en Belgique. La procédure est non-discrétionnaire : si les conditions légales sont remplies, la naturalisation doit être accordée. Le délai de résidence de 5 ans est apprécié à la date de dépôt de la déclaration. Les interruptions de résidence légale ou les périodes de séjour irrégulier ne sont pas comptabilisées dans les 5 ans. La loi prévoit une durée de 10 ans pour certaines catégories (personnes ayant fait l'objet d'une mesure d'éloignement annulée ou d'un refus de naturalisation antérieur).
Condition d'intégration — article 12bis § 1er, 2°. Le demandeur doit satisfaire à une seule des conditions alternatives d'intégration : avoir exercé une activité salariée pendant 468 jours ouvrables dans les 5 années précédant la demande (attesté par un relevé ONSS), ou avoir exercé une activité d'indépendant enregistrée à la BCE, ou avoir suivi avec succès un parcours d'intégration civique reconnu par la Région de résidence, ou être titulaire d'un diplôme délivré par un établissement d'enseignement belge reconnu de niveau CITE 3 ou supérieur. L'article 12bis § 1er, 3° exige en outre une connaissance suffisante de l'une des langues nationales.
Ordre public et sécurité nationale — avis du Procureur du Roi. L'article 12bis § 2 prévoit que le Procureur du Roi peut s'opposer à la naturalisation dans un délai de 4 mois si le demandeur a fait l'objet d'une condamnation pénale grave (crime ou délit portant atteinte à l'ordre public, acte de terrorisme), s'il représente une menace pour la sécurité nationale selon les services de renseignement (SGRS/ADIV, VSSE/CASS), ou en cas de fraude dans les documents ou les conditions présentées. L'opposition motivée du Procureur entraîne le refus de la naturalisation. Un recours est possible devant la chambre des mises en accusation de la Cour d'appel.
SPF Justice — Casier judiciaire central. Le casier judiciaire central (géré par le SPF Justice, Service Casier judiciaire central) enregistre toutes les condamnations pénales prononcées par les juridictions belges. L'extrait modèle 2 (utilisé pour la naturalisation) est le plus complet et mentionne toutes les condamnations non effacées. Certaines condamnations peuvent être effacées du casier judiciaire après un délai de réhabilitation ou par décision judiciaire de réhabilitation (art. 619 et suivants du Code d'instruction criminelle belge), ce qui peut permettre de satisfaire à la condition d'ordre public pour la naturalisation.
Erreurs courantes à éviter dans votre Demande de Naturalisation Rapide — Belgique
Les demandes de naturalisation rapide présentent des pièges fréquents que les demandeurs doivent éviter.
Erreur 1 - Interruption non justifiée de la période de résidence. La condition de 5 ans de résidence légale et continue est strictement appréciée. Des absences du territoire belge dépassant 6 mois consécutifs ou 10 mois cumulés sur les 5 ans interrompent la continuité du séjour et remettent le compteur à zéro. Conserver les preuves de toutes les entrées et sorties de Belgique (tampons de passeport, billets de transport, attestations médicales en cas d'absence pour soins), et vérifier soigneusement les dates avant d'introduire la demande.
Erreur 2 - Preuve d'intégration insuffisante ou mal documentée. La condition d'intégration doit être prouvée par des documents officiels spécifiques. Un relevé de carrière ONSS incomplet ou ne couvrant pas les 5 années précédant la demande, une attestation de parcours d'intégration délivrée par un organisme non agréé, ou un diplôme délivré par un établissement non reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles ou la Communauté flamande sont refusés par le greffier. Vérifier que les documents présentés correspondent exactement aux critères légaux.
Erreur 3 - Documents d'état civil non légalisés et non traduits. Les actes d'état civil étrangers (acte de naissance, acte de mariage) doivent être légalisés (apostille de La Haye si le pays d'origine est signataire, légalisation consulaire sinon) et traduits par un traducteur assermenté belge. Un acte d'état civil non légalisé ou traduit par un traducteur non assermenté belge est irrecevable. Cette erreur est l'une des causes les plus fréquentes de renvoi du dossier par le greffe.
Erreur 4 - Demande déposée prématurément avant les 5 ans. Compter rigoureusement les 5 années de résidence légale à partir de la date d'entrée effective et légale sur le territoire belge (date du premier titre de séjour légal, pas la date du premier séjour irrégulier). Déposer la demande même quelques jours avant la date anniversaire des 5 ans entraîne le rejet formel par le greffe. Attendre d'avoir les 5 ans complets avant le dépôt.
Erreur 5 - Antécédent judiciaire non déclaré. Le casier judiciaire belge est vérifié de manière systématique par le Procureur du Roi. Une condamnation pénale non déclarée dans la demande, même ancienne, aggrave la position du demandeur. En cas de condamnation, consulter un avocat pour évaluer si la condamnation est de nature à entraîner l'opposition du Parquet et si une procédure de réhabilitation préalable est envisageable.
Erreur 6 - Méconnaissance de la langue nationale requise. La condition de connaissance d'une langue nationale belge doit être prouvée par un document officiel. La simple affirmation verbale ne suffit pas. Si le demandeur n'a pas de preuve formelle (diplôme belge, attestation de parcours d'intégration avec cours de langue), suivre préalablement des cours dans un organisme agréé et obtenir l'attestation correspondante avant de déposer la demande.
Erreur 7 - Confusion entre naturalisation et option de nationalité. Le Code de la nationalité belge prévoit plusieurs modes d'acquisition de la nationalité : la naturalisation (art. 12bis — procédure au greffe du tribunal), l'option de nationalité (art. 11 — pour les enfants nés en Belgique ou descendants de Belges), et d'autres voies spécifiques. La naturalisation rapide (art. 12bis) s'applique aux étrangers adultes résidant en Belgique depuis 5 ans. L'option de nationalité (art. 11) s'applique à d'autres catégories selon des critères différents. Identifier précisément la voie applicable à sa situation pour éviter d'introduire une demande selon une procédure inadaptée.
Questions Fréquentes
La durée minimale de résidence légale requise pour la naturalisation ordinaire par déclaration en Belgique est de 5 ans, conformément à l'article 12bis du Code de la nationalité belge (CNB) tel que modifié par la Loi du 4 décembre 2012. Cette période de 5 ans doit être légale (couverture par un titre de séjour valide tout au long de la période), continue (sans interruption de plus de 6 mois consécutifs ou 10 mois cumulés), et se terminant à la date de dépôt de la déclaration. Des délais réduits s'appliquent pour certaines catégories : 3 ans pour les réfugiés reconnus par le CGRA et les apatrides reconnus, et 3 ans pour le conjoint d'un ressortissant belge avec lequel le demandeur a cohabité de manière effective. Une durée de 10 ans peut être imposée dans certains cas définis par la loi (notamment en cas de refus antérieur de naturalisation ou de mesures d'éloignement annulées). La nationalité d'origine et la région de résidence n'influencent pas le délai de résidence requis pour la naturalisation par déclaration.
Oui, la double nationalité (ou la plurinationalité) est pleinement autorisée en Belgique depuis la Loi du 27 décembre 2006 portant des dispositions diverses. Un ressortissant étranger qui se naturalise belge peut conserver sa nationalité d'origine, sous réserve que la législation de son pays d'origine autorise également la double nationalité. La Belgique n'impose aucune renonciation à la nationalité étrangère lors de l'acquisition de la nationalité belge par naturalisation. Certains pays (notamment quelques pays africains, asiatiques ou du Moyen-Orient) n'autorisent pas la double nationalité et considèrent que leurs ressortissants perdent automatiquement leur nationalité d'origine lorsqu'ils acquièrent une autre nationalité. Il appartient au demandeur de vérifier la législation de son pays d'origine sur ce point avant de se naturaliser belge, pour éviter de perdre involontairement sa nationalité d'origine. La Belgique n'intervient pas dans les décisions de nationalité des autres États. Après la naturalisation, le ressortissant belge possède à la fois sa nationalité d'origine (sous réserve du droit de son pays d'origine) et la nationalité belge, avec tous les droits et obligations attachés à chacune.
L'article 12bis § 4 du Code de la nationalité belge prévoit que lors de la naturalisation par déclaration d'un parent, les enfants mineurs non mariés du demandeur peuvent également acquérir la nationalité belge par l'effet de l'extension de la naturalisation parentale, sous conditions. Pour bénéficier de cette extension automatique, l'enfant mineur doit résider légalement en Belgique avec le parent se naturalisant au moment du dépôt de la déclaration. L'extension s'applique aux enfants dont la filiation avec le parent se naturalisant est légalement établie (acte de naissance reconnu en Belgique). Si l'enfant réside à l'étranger avec l'autre parent ou séparément du parent se naturalisant, l'extension automatique ne s'applique pas : l'enfant devra effectuer une démarche distincte d'acquisition de la nationalité belge. Le parent doit mentionner explicitement dans sa déclaration de naturalisation les enfants mineurs pour lesquels il sollicite l'extension. Il est recommandé de consulter le greffe du tribunal ou un avocat spécialisé pour s'assurer que la situation de chaque enfant est correctement prise en compte dans la demande de naturalisation.
Le Procureur du Roi dispose d'un délai de 4 mois après le dépôt de la déclaration de naturalisation pour s'y opposer, en cas de condamnations pénales graves, de menace pour la sécurité nationale ou de fraude dans les conditions présentées (art. 12bis § 2 CNB). L'opposition du Procureur du Roi est motivée et notifiée au demandeur. En cas d'opposition, la naturalisation est refusée. Un recours contre l'opposition du Procureur du Roi peut être introduit devant la chambre des mises en accusation de la Cour d'appel compétente dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'opposition. La chambre des mises en accusation examine si l'opposition est fondée en droit et en fait. Si le recours est accueilli par la Cour d'appel, la naturalisation peut être accordée nonobstant l'opposition du Parquet. Si le recours est rejeté, le demandeur peut réintroduire une nouvelle demande de naturalisation après un délai (en principe 10 ans selon l'article 12bis § 1er, alinéa 3 CNB si la condition d'ordre public est en cause). L'assistance d'un avocat pénaliste spécialisé en droit de la nationalité est vivement recommandée pour les recours contre les oppositions du Procureur du Roi.
L'acquisition de la nationalité belge confère plusieurs droits spécifiques et impose des obligations propres aux citoyens belges. Parmi les droits principaux : le droit de vote actif et passif aux élections législatives fédérales, régionales et sénatoriales (vote obligatoire en Belgique, sous peine d'amende), aux élections provinciales et communales, et aux élections du Parlement européen ; l'accès aux emplois de la fonction publique belge réservés aux citoyens belges ou aux ressortissants UE ; la protection diplomatique et consulaire des missions diplomatiques belges dans le monde entier ; le passeport belge permettant un accès sans visa à plus de 180 pays ; le droit de résider et de travailler dans les autres États membres de l'UE sans restriction. Parmi les obligations principales : le vote aux élections est obligatoire en Belgique — l'abstention sans excuse valable est sanctionnée d'une amende administrative ; le service militaire a été suspendu en Belgique depuis 1994 (réserve militaire professionnelle uniquement, pas de conscription active) ; le paiement de l'impôt des personnes physiques (IPP) sur les revenus mondiaux pour les résidents fiscaux belges, conformément au CIR 1992 ; le respect de la Constitution belge de 1831 et des lois belges. Le naturalisé conserve également sa nationalité d'origine si son pays d'origine l'autorise, mais doit respecter les lois des deux pays dont il est ressortissant.
Oui, la nationalité belge peut être perdue dans plusieurs circonstances prévues par le Code de la nationalité belge. La perte volontaire de la nationalité belge : tout Belge majeur résidant habituellement à l'étranger peut renoncer à la nationalité belge par déclaration devant l'autorité compétente (consul, officier d'état civil), conformément à l'article 22bis CNB. La déchéance de nationalité : depuis la réforme constitutionnelle de 2017 (modification de l'article 22ter de la Constitution belge), la déchéance de nationalité est possible pour les Belges condamnés pour des actes de terrorisme ou ayant combattu pour une organisation terroriste, sur décision judiciaire. La déchéance ne peut toutefois pas rendre le naturalisé apatride si celui-ci n'a pas d'autre nationalité. La perte automatique pour certaines catégories : dans des cas très spécifiques prévus par l'article 22 CNB (notamment pour les enfants qui perdent leur lien de filiation avec le parent belge avant l'âge de 12 ans dans certaines circonstances). En dehors de ces cas, la nationalité belge acquise par naturalisation est permanente et ne peut être retirée sur la seule base que le naturalisé aurait fourni de fausses informations, sauf en cas de fraude grave établie par une décision judiciaire.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
Une erreur ? Signalez-le-nousDocuments Connexes
Vous pourriez également trouver ces documents utiles :
Demande Nationalité Belge (Acquisition)
Demande d'acquisition de la nationalité belge en Belgique par déclaration, fondée sur l'article 12bis du Code de la nationalité belge et la Loi du 4 décembre 2012 réformant la nationalité.
Demande de Titre de Séjour Long — Belgique
Formulaire de demande de titre de séjour pour séjour de longue durée (supérieur à 90 jours) en Belgique, conforme à la Loi du 15 décembre 1980. Couvre le regroupement familial, travail, études et résidence permanente. Pour ressortissants hors UE/EEE.
Demande de Titre de Séjour Court — Belgique
Formulaire de demande de titre de séjour pour séjour de courte durée (jusqu'à 90 jours) en Belgique, conforme à la Loi du 15 décembre 1980 sur l'accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers. Pour ressortissants hors UE/EEE.
Demande de Permis Unique (Single Permit) — Belgique
Formulaire de demande de permis unique combinant titre de séjour et permis de travail en Belgique, conforme à la Directive UE 2011/98 et à l'Arrêté royal du 21 avril 2019. Document unique pour ressortissants hors UE/EEE souhaitant travailler et résider en Belgique.