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Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique ?

La Charte Anti-Discrimination Entreprise en Belgique est régie par Loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination et structure une démarche de gestion des ressources humaines conforme au droit belge du travail.

Le cadre légal belge anti-discrimination est l'un des plus élaborés d'Europe, transposant plusieurs directives européennes : la Directive 2000/43/CE sur l'égalité raciale, la Directive 2000/78/CE sur l'égalité en matière d'emploi, la Directive 2006/54/CE sur l'égalité des chances entre hommes et femmes, et la Directive 2010/41/UE sur les travailleurs indépendants. La Loi du 10 mai 2007 constitue la loi générale anti-discrimination couvrant 19 critères protégés dans les domaines de l'emploi, de l'accès aux biens et services, et de la protection sociale. La Loi du 22 décembre 2009 complète ce dispositif pour l'accès aux biens et services. La Loi du 30 juillet 1981 (loi anti-racisme) et la Loi du 22 mai 2002 (loi anti-discrimination basée sur le handicap, la foi, etc.) complètent le cadre.

Les critères de discrimination interdits par la Loi du 10 mai 2007 comprennent notamment : l'âge, l'orientation sexuelle, l'état civil, la naissance et la fortune, la conviction religieuse ou philosophique, le handicap, la race, la couleur de peau, l'ascendance, l'origine nationale ou ethnique, la nationalité, le sexe et la grossesse (couverts par la Loi du 22 décembre 2009 sur l'égalité de traitement hommes/femmes). La Loi distingue la DISCRIMINATION DIRECTE (traitement moins favorable fondé sur un critère protégé sans justification objective), la DISCRIMINATION INDIRECTE (pratique neutre en apparence mais désavantageant un groupe protégé sans justification objective), le HARCÈLEMENT DISCRIMINATOIRE (comportements liés à un critère protégé portant atteinte à la dignité), et l'INJONCTION DE DISCRIMINER.

La charte anti-discrimination se distingue d'un simple engagement moral en ce qu'elle formalise des mesures concrètes, une procédure de réclamation interne, et des indicateurs de suivi. Les domaines couverts dans la relation d'emploi comprennent obligatoirement (art. 6 Loi du 10 mai 2007) : les conditions d'accès à l'emploi (recrutement, critères de sélection, offres d'emploi), les conditions d'emploi et de travail (rémunération, horaires, congés, avantages), l'accès à la formation professionnelle, les possibilités d'avancement et de promotion, les conditions de licenciement ou de cessation du contrat.

Le Centre interfédéral pour l'égalité des chances (Unia, anciennement CEOOR) est l'organisme public belge chargé de la lutte contre les discriminations. Fondé par la Loi du 15 février 1993 et restructuré par la Loi du 22 juin 2016, Unia peut mener des enquêtes, émettre des avis, proposer des médiations et soutenir des actions en justice. L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH), créé par la Loi du 16 décembre 2002, est compétent pour les discriminations basées sur le sexe, la grossesse et le genre. Le Tribunal du travail (Arbeidsrechtbank) est compétent pour toutes les demandes d'indemnisation liées à une discrimination dans l'emploi (art. 578 Code judiciaire). En cas de discrimination avérée dans le cadre d'un licenciement, le travailleur a droit à une indemnité forfaitaire de 6 mois de rémunération brute (art. 18 Loi du 10 mai 2007), sans préjudice des dommages réels plus importants.

Quand avez-vous besoin d'un Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique ?

La Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique est nécessaire dans plusieurs situations pour les employeurs belges soucieux de conformité légale et de performance sociale.

Obligation légale pour les employeurs de 50 travailleurs et plus. La Loi du 22 avril 2012 garantissant le principe d'égalité de rémunération entre hommes et femmes impose aux entreprises de 50 travailleurs et plus de réaliser tous les 2 ans une ANALYSE DE LA STRUCTURE DES RÉMUNÉRATIONS ventilée par sexe, et de publier un rapport au Conseil d'entreprise ou à la délégation syndicale. La charte anti-discrimination formalise l'engagement de l'employeur en matière d'égalité salariale et documente les mesures correctives prises le cas échéant. Certaines CCT sectorielles renforcent ces obligations.

Prévention des risques juridiques en matière de recrutement. En matière de recrutement, toute discrimination directe ou indirecte basée sur les critères protégés de la Loi du 10 mai 2007 engage la responsabilité civile de l'employeur. Les risques sont réels : un candidat évincé pour des raisons discriminatoires (âge, origine, handicap) peut saisir Unia ou le Tribunal du travail et obtenir des dommages-intérêts. Une charte anti-discrimination formalisée, avec des processus de recrutement objectifs et documentés, réduit significativement ces risques et constitue une preuve de bonne foi en cas de litige.

Accès aux marchés publics belges et européens. Les marchés publics belges (Loi du 17 juin 2016 relative aux marchés publics) peuvent intégrer des critères sociaux exigeant des soumissionnaires une politique de non-discrimination et de diversité documentée. De même, certains grands donneurs d'ordre privés (groupes cotés en bourse, entreprises ayant des engagements ESG — Environnement, Social, Gouvernance) exigent de leurs fournisseurs une charte anti-discrimination à jour dans le cadre de leur politique d'achats responsables (supplier code of conduct).

Labels diversité et certifications. Les labels de diversité belges (Label Diversité décerné par Unia, Best Practices Diversité du SPF Emploi, label Inclusion Handicap) exigent une politique de non-discrimination documentée, avec des engagements concrets, des actions mesurables et une procédure de réclamation interne. Ces labels renforcent l'image employeur, facilitent le recrutement de candidats issus de la diversité et améliorent la réputation de l'entreprise auprès des clients, des investisseurs et des parties prenantes.

Suite à une plainte ou une procédure pour discrimination. Lorsqu'une entreprise belge fait face à une plainte de discrimination (interne ou externe, via Unia ou le Tribunal du travail), l'absence d'une charte anti-discrimination formalisée est systématiquement interprétée défavorablement. Adopter une charte après une plainte montre la volonté de remédier aux lacunes organisationnelles. La charte doit alors s'accompagner d'une analyse des causes de la discrimination alléguée et de mesures correctives concrètes.

Politique ESG et rapport de durabilité. Les entreprises cotées en bourse (soumises à la Directive CSRD — Corporate Sustainability Reporting Directive, entrée en vigueur progressivement depuis 2024) et les grandes entreprises belges doivent publier un rapport de durabilité incluant des indicateurs sociaux sur la diversité, l'égalité des chances et la non-discrimination. La charte anti-discrimination fournit le cadre documentaire nécessaire pour alimenter ces reportings et démontrer aux investisseurs et parties prenantes l'engagement de l'entreprise en matière de gouvernance sociale.

Mise en oeuvre d'une politique de diversité inclusive. Les entreprises belges souhaitant développer une culture d'entreprise inclusive (valorisant la diversité comme source d'innovation et de performance) s'appuient sur une charte anti-discrimination comme socle. La charte est le premier document d'une démarche de diversité plus large incluant des plans d'action spécifiques pour les groupes sous-représentés (travailleurs âgés, personnes handicapées, travailleurs d'origine étrangère, femmes dans les fonctions dirigeantes).

Que faut-il inclure dans votre Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique ?

La Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique doit contenir plusieurs éléments essentiels pour être opérationnelle et conforme à la Loi du 10 mai 2007. Voici les composantes indispensables.

Identification de l'entreprise et déclaration d'intention. Mention de la dénomination sociale de l'employeur (BCE/KBO), du secteur d'activité et de la commission paritaire compétente, du signataire habilité à engager l'entreprise (représentant légal ou délégué). Déclaration d'intention claire, directe et sans formules creuses : l'entreprise s'engage à respecter les droits fondamentaux de chaque travailleur et candidat à l'emploi, à traiter toute violation avec sérieux, et à améliorer continuellement ses pratiques.

Critères protégés couverts. Liste explicite des critères de discrimination interdits selon la Loi du 10 mai 2007 et les autres lois anti-discrimination belges : âge, orientation sexuelle, état civil, naissance et fortune, conviction religieuse ou philosophique, handicap, race, couleur de peau, ascendance, origine nationale ou ethnique, nationalité, caractéristiques physiques et génétiques, opinion politique (art. 19 Constitution belge). Mention spécifique du sexe, de la grossesse et du genre (Loi du 22 décembre 2009 et Loi du 12 janvier 2021 sur la reconnaissance légale des personnes transgenres). Mention de la langue (art. 11 Constitution belge), critère de discrimination interdite en Belgique mais encadré aussi par la législation linguistique régionale.

Domaines d'application dans les processus RH. Engagement explicite sur chaque étape du cycle de vie employé : recrutement et sélection (offres d'emploi neutres sans mention âge/sexe/nationalité, CV anonyme recommandé pour les entreprises de 100+ travailleurs, critères de sélection objectifs et documentés, panels de sélection diversifiés); rémunération (audit salarial annuel selon Loi du 22 avril 2012, suppression des écarts injustifiés, grilles salariales objectives liées aux fonctions et à l'ancienneté); promotion et avancement de carrière (critères de promotion objectifs et transparents, accès égal aux postes de direction pour tous les groupes protégés); formation et développement (accès équitable aux formations internes et externes, mentoring pour les groupes sous-représentés); conditions de travail (aménagement raisonnable pour les travailleurs handicapés au sens de l'art. 4 Loi du 10 mai 2007, adaptations pour les femmes enceintes selon art. 40 Loi du 16 mars 1971); licenciement (critères objectifs de sélection en cas de restructuration, protection contre le licenciement discriminatoire — indemnité forfaitaire 6 mois art. 18 Loi du 10 mai 2007). Pour télécharger un modèle complet conforme à la réglementation belge, les utilisateurs peuvent consulter forms-legal.com.

Mesures anti-discrimination au recrutement. Description des mesures concrètes pour neutraliser les biais dans le processus de recrutement : rédaction d'offres d'emploi neutres (sans formulation excluant implicitement un groupe protégé), application de la procédure de CV anonyme (recommandée par Unia pour les entreprises de 100 travailleurs et plus afin de neutraliser les biais liés à l'origine ou au genre), panels de sélection diversifiés (mixité de genre, de génération), grilles d'évaluation standardisées basées sur les compétences et les capacités, formation des recruteurs à la détection des biais inconscients (implicit bias training). Conformité avec les recommandations du Pacte pour l'emploi (SPF Emploi et Unia).

Égalité salariale et audit. Rappel de l'obligation d'audit salarial tous les 2 ans pour les entreprises de 50 travailleurs et plus (Loi du 22 avril 2012) et des engagements de l'entreprise en matière d'égalité de rémunération hommes/femmes. Description des mesures correctives prises en cas d'écarts identifiés. Pour les entreprises de moins de 50 travailleurs : engagement volontaire d'audit interne régulier. Mention des grilles salariales objectives liées aux fonctions (référentiel de fonctions, bandes salariales) pour prévenir la discrimination dans la rémunération.

Procédure de réclamation interne et protection contre les représailles. Description de la procédure interne permettant à tout travailleur ou candidat à l'emploi de signaler une discrimination alléguée : interlocuteur désigné (RH, personne de confiance ou responsable diversité), délai de traitement (recommandé : 30 jours calendriers maximum), garantie de confidentialité, protection contre les représailles (art. 22 Loi du 10 mai 2007 — dommages-intérêts forfaitaires de 6 mois de rémunération pour toute mesure défavorable en réponse à une plainte de bonne foi). Recours externes accessibles : Unia (0800 12 800, www.unia.be), IEFH (+32 2 233 42 65), SPF Emploi, Tribunal du travail (art. 578 Code judiciaire).

Formation et sensibilisation. Plan de formation annuel sur la non-discrimination et la diversité : formation obligatoire pour les recruteurs et les managers (sensibilisation aux biais inconscients, cadre légal belge, meilleures pratiques de recrutement inclusif), formation de sensibilisation pour tous les travailleurs (valeurs de l'entreprise, procédure de réclamation interne, exemples de comportements discriminatoires), e-learning disponible en continu sur l'intranet. Fréquence minimale recommandée par Unia : une formation de sensibilisation tous les 2 ans pour tous les travailleurs.

Comment remplir votre Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique

Compléter une Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique requiert une réflexion préalable sur les processus RH de l'entreprise et un engagement sincère de la direction. Les étapes ci-dessous guident la rédaction.

Étape 1 — Identifier les parties prenantes et lancer un diagnostic. Avant de rédiger la charte, réalisez un diagnostic interne en consultant les responsables RH, les représentants du personnel (CE, délégation syndicale, CPPT) et les managers. Analysez les données disponibles : répartition hommes/femmes dans les différentes fonctions et niveaux hiérarchiques, pyramide des âges, présence de travailleurs en situation de handicap, écarts salariaux par sexe (obligatoires pour les entreprises de 50+ travailleurs selon Loi du 22 avril 2012), résultats de l'enquête de bien-être sur la perception de l'égalité de traitement.

Étape 2 — Identifier l'entreprise et définir le périmètre. Renseignez les données d'identification de l'entreprise : dénomination sociale exacte, BCE/KBO, secteur d'activité et commission paritaire compétente (certaines CCT sectorielles — comme dans le secteur financier ou l'enseignement — imposent des obligations spécifiques en matière de diversité). Identifiez le signataire habilité à engager l'entreprise : le représentant légal (PDG, directeur général) ou un délégué expressément mandaté (directeur RH). La signature par la plus haute autorité de l'entreprise renforce la crédibilité de la démarche.

Étape 3 — Choisir les critères protégés couverts et les domaines d'application. Cochez tous les critères protégés par la Loi du 10 mai 2007 que votre charte couvre. Recommandation : couvrez TOUS les critères protégés par la loi, même si certains risques sont théoriquement faibles dans votre secteur. Une charte qui exclut certains critères sans justification objective (par exemple omission du handicap dans un secteur physiquement exigeant) est vulnérable à la critique. De même, cochez tous les domaines d'application (recrutement, rémunération, promotion, formation, conditions de travail, licenciement).

Étape 4 — Rédiger les engagements concrets pour le recrutement. Décrivez les mesures concrètes adoptées dans votre processus de recrutement pour neutraliser les biais : vérifiez que vos offres d'emploi ne mentionnent pas l'âge, le sexe, la nationalité ou d'autres critères protégés (sauf exception légale, par exemple modèles pour publicité). Précisez si vous appliquez le CV anonyme (recommandé pour les 100+ travailleurs par Unia). Décrivez votre grille d'évaluation des candidats (compétences, qualifications, expérience). Mentionnez la formation des recruteurs aux biais inconscients si elle est en place ou prévue.

Étape 5 — Formaliser l'engagement sur l'égalité salariale. Pour les entreprises de 50 travailleurs et plus, mentionnez la réalisation de l'audit salarial obligatoire tous les 2 ans selon la Loi du 22 avril 2012 et le rapport au Conseil d'entreprise. Pour toutes les entreprises, décrivez les grilles salariales ou les bandes salariales objectives liées aux fonctions et à l'ancienneté, permettant de prévenir les discriminations salariales individuelles. Mentionnez la politique d'égalité de rémunération pour les congés de maternité, de paternité et de naissance (art. 40 et s. Loi du 16 mars 1971 et Loi du 22 décembre 2009).

Étape 6 — Mettre en place la procédure de réclamation. Désignez clairement l'interlocuteur interne pour les signalements de discrimination : responsable RH, personne de confiance désignée selon Loi du 4 août 1996, ou responsable diversité. Fixez un délai de traitement raisonnable (30 jours recommandés). Précisez les garanties de confidentialité et la protection contre les représailles (art. 22 Loi du 10 mai 2007). Mentionnez les recours externes avec coordonnées complètes : Unia (0800 12 800), IEFH, Tribunal du travail.

Étape 7 — Adoption, communication et suivi. Soumettez la charte pour avis au Conseil d'entreprise (CE) ou à la délégation syndicale avant adoption (obligation pour les entreprises de 50+ travailleurs selon les prérogatives d'information du CE). Faites signer la charte par le représentant légal et communiquez-la à tous les travailleurs (via intranet, affichage, réunions d'équipe) et aux partenaires externes si pertinent (agences de recrutement, sous-traitants). Mettez en place des indicateurs de suivi annuels (répartition H/F par niveau, taux de recrutement de candidats issus de la diversité, résultats de l'audit salarial) présentés au CE et à la délégation syndicale. Révisez la charte tous les 2 à 3 ans.

Erreurs courantes à éviter dans votre Charte Anti-Discrimination Entreprise Belgique

La mise en oeuvre d'une politique anti-discrimination en Belgique comporte plusieurs erreurs fréquentes dont les conséquences peuvent être sérieuses pour l'employeur.

Erreur 1 — Confondre discrimination positive et discrimination illégale. Certains employeurs belges tentent d'améliorer la diversité de leurs équipes par des mesures favorisant les candidats issus de groupes sous-représentés. La Loi du 10 mai 2007 autorise les MESURES D'ACTION POSITIVE (art. 11) : mesures spécifiques destinées à compenser des désavantages liés à un critère protégé, lorsqu'elles sont temporaires, proportionnées, justifiées objectivement, et préalablement notifiées au SPF Emploi. Attention : donner systématiquement la préférence à un candidat moins qualifié uniquement en raison de son appartenance à un groupe protégé (par exemple toujours privilégier un candidat d'origine étrangère sur un candidat d'origine belge à qualifications égales) peut constituer une discrimination envers le candidat écarté. Les mesures d'action positive doivent être soigneusement encadrées et documentées.

Erreur 2 — Offres d'emploi discriminatoires par inadvertance. Publier des offres d'emploi mentionnant des critères protégés (âge maximum de 40 ans, Belgique uniquement, langue maternelle française, permis B exigé pour un poste de bureau sédentaire) constitue une discrimination directe ou indirecte sanctionnable. Unia a traité de nombreuses plaintes relatives à des offres d'emploi discriminatoires en Belgique. Faire relire toutes les offres d'emploi par le responsable RH ou le juriste avant publication, et utiliser un checklist de conformité basé sur les critères protégés de la Loi du 10 mai 2007.

Erreur 3 — Ignorer la discrimination indirecte. La discrimination indirecte est difficile à détecter car elle résulte d'une pratique en apparence neutre qui désavantage de facto un groupe protégé. Exemples de discrimination indirecte fréquents en Belgique : exiger de tous les candidats une maîtrise parfaite du néerlandais pour un poste en Région wallonne sans justification professionnelle (peut exclure les candidats d'origine étrangère ou de Wallonie francophone); ne recruter qu'en interne (réseaux personnels) sans publication d'offres externes (favorise de facto les candidats du même réseau social de l'employeur); appliquer une règle de présentéisme strict (100% de présence en dehors du droit légal aux congés) qui désavantage de facto les mères de famille ou les travailleurs en situation de handicap. Analyser chaque pratique RH sous l'angle de l'impact disparate sur les groupes protégés.

Erreur 4 — Ne pas documenter les décisions de recrutement et de promotion. L'absence de documentation des critères et du déroulement des processus de recrutement et de promotion fragilise considérablement l'employeur en cas de litige. Si un candidat évincé porte plainte pour discrimination, l'employeur doit pouvoir prouver que le candidat retenu était objectivement plus qualifié pour les critères définis. La Loi du 10 mai 2007 prévoit un RENVERSEMENT DE LA CHARGE DE LA PREUVE : dès que le plaignant établit des présomptions de discrimination, c'est à l'employeur de prouver qu'il n'y a pas eu de discrimination (art. 28 Loi du 10 mai 2007). Conserver les notes d'entretien, les grilles d'évaluation et les rapports de sélection pendant au moins 2 ans.

Erreur 5 — Négliger l'aménagement raisonnable pour les personnes handicapées. L'obligation d'aménagement raisonnable pour les travailleurs handicapés (art. 4 Loi du 10 mai 2007, transposant la Directive 2000/78/CE) est souvent méconnue des employeurs belges. Refuser d'adapter un poste de travail ou les horaires pour permettre à une personne handicapée d'exercer ses fonctions, sans évaluation sérieuse des coûts et des alternatives, constitue une discrimination. Unia a traité un nombre croissant de dossiers liés au refus d'aménagements raisonnables. L'AWIPH (Wallonie), le PHARE (Bruxelles) et le VAPH (Flandre) proposent des aides financières pour cofinancer les aménagements.

Erreur 6 — Charte adoptée sans formation des managers. Adopter une charte anti-discrimination sans former les managers et les recruteurs à son contenu et à ses implications pratiques est inefficace. Ce sont les managers de première ligne qui prennent les décisions quotidiennes de recrutement, de promotion, d'attribution des missions et de gestion des comportements discriminatoires. Sans formation, les biais inconscients persistent et la charte reste un document formel sans impact réel sur les pratiques. Programmez une formation de sensibilisation aux biais inconscients et au cadre légal belge pour tous les managers recruteurs dans les 6 mois suivant l'adoption de la charte.

Erreur 7 — Absence de suivi des indicateurs de diversité. Une charte anti-discrimination sans indicateurs de suivi et sans reporting annuel manque de crédibilité auprès des travailleurs, des représentants du personnel et des autorités. Mettez en place un tableau de bord annuel sur la diversité incluant : répartition hommes/femmes par niveau hiérarchique, pyramide des âges, taux de travailleurs en situation de handicap, résultats de l'audit salarial (Loi du 22 avril 2012), nombre de signalements de discrimination traités. Présentez ces indicateurs au CE ou à la délégation syndicale et engagez un dialogue constructif sur les progrès et les axes d'amélioration.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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