Convention Freelance Indépendant Belgique
Qu'est-ce qu'un Convention Freelance Indépendant Belgique ?
La Convention Freelance Indépendant en Belgique est régie par Code civil belge Livre 5 art. 5.63 (contrat de service) et encadre la collaboration entre le donneur d'ordre et le prestataire indépendant en droit belge. Le freelance belge exerce son activité en tant qu'indépendant à titre principal ou complémentaire, inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE/KBO) sous un numéro d'entreprise unique (format 0xxx.xxx.xxx), affilié à une caisse d'assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI/RSVZ — Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants) et assujetti à la TVA (Code TVA art. 4) sauf s'il bénéficie du régime de la franchise de la taxe pour les petites entreprises (article 56bis Code TVA, seuil de 25.000 EUR de chiffre d'affaires annuel). La distinction fondamentale par rapport au contrat de travail est l'absence de lien de subordination. La loi-programme du 27 décembre 2006 (article 336) a codifié les critères de qualification de la relation de travail, répartis en critères généraux (volonté des parties, liberté d'organisation, risque économique propre, intégration dans l'organisation) et critères spécifiques par secteur. Pour les freelances dans les secteurs de construction, gardiennage, nettoyage, agriculture et transport, des présomptions légales s'appliquent. La Commission administrative de Règlement de la Relation de Travail (CARRT) peut statuer sur la qualification. Sur le plan fiscal, les revenus du freelance sont des bénéfices professionnels imposables à l'impôt des personnes physiques (IPP) selon le Code des impôts sur les revenus 1992 (CIR 1992), ou à l'impôt des sociétés (Isoc) si le freelance exerce via une société. Les charges professionnelles déductibles comprennent les frais de bureau, les frais de véhicule (selon les nouvelles règles de la réforme fiscale 2023), les outils informatiques et les cotisations sociales. Le freelance doit émettre des factures conformes à l'article 53 § 1 du Code TVA avec les mentions obligatoires : numéro de TVA, numéro de facture séquentiel, description de la prestation, taux et montant de TVA. Le Code de droit économique (CDE) Livre VI protège les clients consommateurs (B2C) contre les clauses abusives, mais dans une relation B2B, les dispositions du Livre VI insérées par la loi du 4 avril 2019 (articles VI.91/1 à VI.91/8 CDE) introduisent également une protection contre les clauses manifestement déséquilibrées entre entreprises. Le freelance doit vérifier que ses conditions générales sont conformes à ce nouveau cadre B2B entré en vigueur le 1er décembre 2020. La propriété intellectuelle constitue un enjeu majeur dans les conventions freelance belges. Contrairement au salarié dont les créations réalisées dans le cadre de l'exécution du contrat appartiennent à l'employeur (article XI.175 § 2 CDE), le freelance conserve ses droits d'auteur et droits voisins par défaut. La convention doit donc prévoir une clause de cession explicite des droits patrimoniaux (reproduction, distribution, communication au public, adaptation, traduction) au profit du client, avec la rémunération requise par l'article XI.167 CDE pour la validité de la cession.
Quand avez-vous besoin d'un Convention Freelance Indépendant Belgique ?
La convention freelance s'impose dès qu'un prestataire indépendant belge s'engage à fournir des services à un client en échange d'honoraires, quelle que soit la durée ou la valeur de la mission. Sans convention écrite, les conditions ne peuvent être opposées aux parties en cas de litige, et l'ONSS pourrait requalifier la relation en salariat avec des cotisations arriérées.
Le développeur web ou mobile qui accepte une mission de création d'application pour une startup bruxelloise, le graphiste freelance qui réalise une identité visuelle pour une PME wallonne, le consultant en stratégie qui accompagne une entreprise flamande lors d'une phase de croissance : tous ont besoin d'une convention écrite précisant les livrables, les délais, les honoraires et le régime de propriété intellectuelle.
Dans le secteur IT belge, où le marché du freelancing est particulièrement développé (plateformes comme Malt.be, Hopwork, Freelancer.be), les sociétés clientes exigent systématiquement un contrat signé avant le début de mission pour valider le budget auprès de leur direction financière et satisfaire aux exigences du Code de droit économique en matière de pratiques du marché (CDE Livre VI).
Lors d'une mission récurrente ou longue (plus de 3 mois), la convention freelance protège le prestataire contre la résiliation unilatérale abusive et précise les conditions d'un préavis raisonnable. Elle protège également le client en définissant les critères de validation des livrables et les conséquences du non-respect des délais (pénalités contractuelles, droit de résolution).
Dans les secteurs réglementés (conseil fiscal, conseil juridique, secteur médical paramédical, architecture), la convention doit également préciser les obligations déontologiques applicables au freelance, notamment celles imposées par les ordres professionnels compétents (Institut Professionnel des Comptables et Fiscalistes agréés IPCF, Ordre des Architectes, etc.).
Enfin, toute convention freelance impliquant un prestataire établi hors Belgique (autre État membre UE ou pays tiers) doit mentionner le droit applicable et la juridiction compétente, conformément au Règlement (CE) n° 593/2008 (Rome I) sur la loi applicable aux obligations contractuelles et au Règlement (UE) n° 1215/2012 (Bruxelles I bis) sur la compétence judiciaire internationale.
Que faut-il inclure dans votre Convention Freelance Indépendant Belgique ?
Identification complète des parties : le freelance doit indiquer son nom complet (ou dénomination sociale si société), son adresse, son numéro BCE/KBO, son numéro de TVA belge (format BE 0xxx.xxx.xxx) et sa caisse d'assurances sociales (UCM, Acerta, Xerius, Partena Professional, SNI, Liantis, etc.). Le client doit être identifié avec son numéro BCE et le nom de son représentant habilité à signer.
Description précise de la mission : les livrables doivent être définis avec suffisamment de détails pour éviter les litiges sur le périmètre de la prestation. Préciser le format des livrables (fichiers sources, formats numériques), les critères de validation par le client, les itérations incluses dans le prix et les prestations supplémentaires facturées séparément.
Honoraires et modalités de paiement : indiquer le tarif (journalier, horaire ou forfaitaire), la devise (EUR), le montant hors TVA et le taux de TVA applicable (21% standard ou 6% pour certaines prestations culturelles et éducatives). Préciser les délais de paiement (30 jours nets est standard selon la Loi du 2 août 2002 sur les retards de paiement dans les transactions commerciales B2B, maximum 60 jours si expressément convenu entre entreprises) et les intérêts de retard applicables (taux de référence BCE + 8 points selon la Loi).
Délais et planning : définir la date de début de mission, les jalons intermédiaires et la date de livraison finale. Préciser les conséquences du dépassement de délai imputable au freelance (pénalités contractuelles ou réduction d'honoraires) et du retard imputable au client (prolongation de délai équivalente, droit à facturation des heures supplémentaires).
Propriété intellectuelle : stipuler expressément la cession des droits patrimoniaux d'auteur (article XI.167 et XI.175 du Code de droit économique) au profit du client à compter du paiement intégral des honoraires. Préciser les droits cédés (reproduction, représentation, adaptation, traduction, distribution), la durée de cession (durée légale de protection ou plus courte), le territoire (monde entier ou limité), les supports et les modes d'exploitation autorisés. Le freelance conserve ses droits moraux (droit à la paternité) inaliénables.
Confidentialité et RGPD : le freelance qui accède à des données personnelles de clients du donneur d'ordre est sous-traitant au sens du RGPD (Règlement UE 2016/679) et doit conclure un accord de traitement des données (Data Processing Agreement / DPA) conforme à l'article 28 RGPD, sous peine de sanctions de l'Autorité de protection des données (APD/GBA) belge.
Les modèles disponibles sur forms-legal.com intègrent les clauses conformes au Livre 5 du Code civil belge réformé et au Code de droit économique, avec les dispositions B2B anti-clauses abusives entrées en vigueur le 1er décembre 2020. Consulter également le modèle de Détachement Intra-Groupe pour les missions au sein d'un groupe de sociétés.
Comment remplir votre Convention Freelance Indépendant Belgique
Étape 1 — Vérifier le statut du freelance. Avant de signer, confirmer que le prestataire est bien inscrit à la BCE/KBO (www.kbo.be), affilié à une caisse d'assurances sociales indépendant et assujetti à la TVA ou bénéficiant de la franchise de la taxe. Un prestataire non inscrit ne peut légalement facturer en tant qu'indépendant en Belgique.
Étape 2 — Renseigner les coordonnées complètes. Indiquer le numéro BCE/KBO du freelance au format 0xxx.xxx.xxx, son numéro de TVA (BE 0xxx.xxx.xxx), son adresse professionnelle complète et le nom de sa caisse d'assurances sociales (Acerta, UCM, Xerius, Partena Professional, etc.). Pour le client, indiquer le numéro BCE et le nom du signataire habilité.
Étape 3 — Définir la mission en détail. Décrire les livrables avec précision dans le champ prévu. Éviter les formulations vagues du type 'prestation informatique' — préférer 'développement d'une application mobile iOS/Android conforme au cahier des charges annexé, avec 3 itérations incluses'. Joindre éventuellement un cahier des charges en annexe et y faire référence dans le contrat.
Étape 4 — Fixer les honoraires et TVA. Indiquer le montant hors TVA puis le taux de TVA applicable. Pour les freelances sous le régime de la franchise de la taxe (article 56bis Code TVA, CA < 25.000 EUR), mentionner la mention légale 'Régime particulier de franchise de la taxe' sur la facture et dans le contrat. Pour les freelances assujettis normaux, calculer le montant TTC (montant HT × 1,21 pour le taux standard).
Étape 5 — Préciser les délais de paiement. La Loi du 2 août 2002 impose un maximum de 30 jours calendrier de délai de paiement dans les contrats B2B sauf accord contraire écrit plafonné à 60 jours. Préciser la date d'exigibilité à partir de la réception de la facture ou de la validation du livrable. Indiquer l'IBAN du freelance et, le cas échéant, les coordonnées de sa banque pour les virements internationaux.
Étape 6 — Rédiger la clause de propriété intellectuelle. Mentionner explicitement que la cession des droits patrimoniaux prend effet au paiement intégral de la facture finale. Préciser les droits retenus par le freelance (droit à la paternité, droit d'intégrité) et les droits cédés (reproduction, communication au public, adaptation). Indiquer si le client peut sous-licencier les œuvres à des tiers.
Étape 7 — Signer et archiver. Le contrat doit être signé en deux exemplaires par les deux parties. La date et le lieu de signature doivent être mentionnés. Conserver l'original signé pendant au minimum 5 ans, durée de prescription de droit commun des créances commerciales selon le Livre 8 du Code civil belge.
Exigences juridiques pour Convention Freelance Indépendant Belgique
Le freelance belge doit être affilié à une caisse d'assurances sociales pour travailleurs indépendants agréée par l'INASTI (Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants), telle qu'Acerta, UCM, Xerius, Partena Professional, Liantis, SNI ou Zenito. Les cotisations sociales trimestrielles sont calculées sur les revenus professionnels de l'année N-3 (provisoirement) puis régularisées sur N réel. Le taux est d'environ 20,5% la première année (sur un revenu minimum forfaitaire) puis sur les revenus réels.
L'assujettissement à la TVA est obligatoire dès que le chiffre d'affaires annuel dépasse 25.000 EUR (seuil de la franchise de la taxe, article 56bis Code TVA). La déclaration périodique de TVA (mensuelle ou trimestrielle selon le CA) est à déposer auprès du SPF Finances via l'application Intervat. Le défaut de déclaration entraîne des amendes et des intérêts de retard.
Les retards de paiement dans les transactions commerciales B2B sont encadrés par la Loi du 2 août 2002 transposant la Directive 2011/7/UE. Le délai légal est de 30 jours calendrier, extensible à 60 jours par accord contractuel écrit entre entreprises. Au-delà, des intérêts de retard s'appliquent automatiquement au taux de la BCE majoré de 8 points, sans mise en demeure préalable requise. Une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 EUR est également due de plein droit.
Le traitement des données personnelles du client ou de ses clients dans le cadre de la mission freelance est régi par le RGPD (Règlement UE 2016/679) et la Loi belge du 30 juillet 2018. Si le freelance traite des données pour le compte du client, un DPA (Data Processing Agreement) conforme à l'article 28 RGPD est obligatoire. L'APD/GBA peut infliger des amendes proportionnées à la gravité de la violation.
Certains secteurs imposent des conditions supplémentaires : les architectes doivent être inscrits à l'Ordre des Architectes et détenir une assurance décennale; les conseillers fiscaux doivent être inscrits à l'IPCF ou à l'IEC (Institut des Experts-comptables et Conseils fiscaux); les avocats relèvent de l'OBFG ou de l'OVB; les médecins et paramédicaux des ordres professionnels compétents (INAMI/RIZIV pour les conventions de remboursement).
Erreurs courantes à éviter dans votre Convention Freelance Indépendant Belgique
Ne pas rédiger de convention écrite avant le début de la mission : même pour une mission courte ou de faible montant, l'absence de contrat expose le freelance au risque de non-paiement sans recours efficace et le client au risque de requalification de la relation en contrat de travail par l'ONSS, avec des cotisations arriérées significatives.
Omettre de mentionner les numéros BCE et TVA : une facture sans numéro de TVA valide n'est pas déductible pour le client assujetti à la TVA. De même, si le freelance facture sans être inscrit à la BCE, l'ONSS et la CARRT peuvent considérer la relation comme un travail au noir (travail non déclaré), exposant les deux parties à des sanctions pénales et administratives sous la Loi du 6 juin 2010 portant sur le Code pénal social.
Négliger la clause de propriété intellectuelle : c'est l'erreur la plus fréquente dans les conventions freelance belges. Sans clause de cession explicite, le client qui utilise les créations du freelance (logo, code source, contenus rédactionnels) viole les droits patrimoniaux d'auteur protégés par le CDE Livre XI. Le freelance peut réclamer des dommages et intérêts calculés sur la base des redevances usuelles devant le Tribunal de l'entreprise. À l'inverse, le freelance qui oublie de négocier la conservation de son droit à la paternité peut se voir privé de toute référence dans son portfolio.
Sous-estimer les délais de paiement légaux : stipuler un délai de paiement supérieur à 60 jours dans un contrat B2B est nul de plein droit en droit belge depuis la Loi du 2 août 2002. De nombreux freelances acceptent des conditions de paiement à 90 ou 120 jours imposées par de grandes sociétés — ces clauses sont inopposables et le freelance peut réclamer les intérêts légaux de retard dès le 31e jour sans mise en demeure.
Ne pas prévoir de clause de résiliation anticipée équilibrée : sans clause de résiliation, un client peut mettre fin à la mission du jour au lendemain sans indemnité selon la théorie de la révocation ad nutum des contrats à durée indéterminée. Le freelance perd alors son revenu attendu sans compensation. La convention doit prévoir un préavis raisonnable (généralement 2 à 4 semaines selon la durée et la spécificité de la mission) et une indemnité pour résiliation sans préavis.
Ignorer le régime B2B du Code de droit économique : depuis le 1er décembre 2020, les clauses manifestement déséquilibrées dans les contrats B2B sont nulles en droit belge (articles VI.91/1 à VI.91/8 CDE). Les clauses d'exonération totale de responsabilité du client, les clauses de modification unilatérale du prix ou du périmètre de la mission, et les clauses de résiliation unilatérale sans indemnité sont désormais susceptibles d'annulation par le Tribunal de l'entreprise.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
Oui, toute personne exerçant une activité professionnelle indépendante en Belgique doit s'inscrire à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE/KBO) et obtenir un numéro d'entreprise unique au format 0xxx.xxx.xxx. Cette inscription s'effectue via un guichet d'entreprises agréé (Acerta, UCM, Xerius, Partena Professional, Unizo, etc.) moyennant des frais de dossier. Parallèlement, le freelance doit s'affilier à une caisse d'assurances sociales pour travailleurs indépendants auprès de l'INASTI dans les 90 jours du début d'activité, sous peine de cotisations majorées. Si le chiffre d'affaires annuel dépasse 25.000 EUR, l'assujettissement à la TVA avec déclaration périodique via Intervat est obligatoire. Le défaut d'inscription à la BCE expose le freelance à des sanctions pénales et administratives sous le Code pénal social belge du 6 juin 2010, et le client qui fait appel à un prestataire non inscrit risque une requalification de la relation en travail non déclaré. Les freelances étrangers (UE ou hors UE) souhaitant exercer régulièrement en Belgique doivent également s'inscrire à la BCE et, pour les ressortissants hors UE, obtenir les autorisations de séjour et d'établissement requises.
Le régime de la franchise de la taxe (article 56bis du Code TVA belge) permet aux freelances dont le chiffre d'affaires annuel en Belgique ne dépasse pas 25.000 EUR hors TVA de ne pas facturer la TVA à leurs clients. Sous ce régime, les factures portent la mention légale obligatoire 'Régime particulier de franchise de la taxe' et aucune TVA n'est portée en compte. L'avantage est la simplification administrative (pas de déclaration TVA périodique); l'inconvénient est l'impossibilité de récupérer la TVA payée sur les achats professionnels (ordinateurs, logiciels, fournitures de bureau). Dès que le chiffre d'affaires dépasse 25.000 EUR au cours d'une année civile, le freelance doit s'assujettir à la TVA ordinaire dans un délai d'un mois. Sous le régime normal, le freelance facture la TVA à 21% (ou 6% pour certaines prestations culturelles, éducatives ou médicales) et dépose une déclaration mensuelle ou trimestrielle via Intervat. La TVA collectée est reversée au SPF Finances, déduction faite de la TVA payée en amont sur les achats professionnels. Les clients assujettis à la TVA récupèrent la TVA facturée, ce qui la rend neutre pour eux; en revanche, les clients particuliers (B2C) ou les clients exonérés de TVA (ASBL, hôpitaux, établissements d'enseignement) supportent la TVA comme coût définitif.
Le taux journalier (day rate) d'un freelance belge doit refléter la réalité économique de la prestation indépendante : le freelance supporte ses propres charges sociales (cotisations INASTI environ 20,5%), l'impôt des personnes physiques (IPP jusqu'à 50% pour les tranches supérieures), la TVA non récupérable sur ses achats si sous franchise, les frais professionnels (bureau, matériel, assurance RC professionnelle), le risque d'interruption de revenu (pas de salaire garanti, pas de mutualité INAMI pour les indépendants — uniquement la caisse d'assurances sociales pour les incapacités longues), et les congés non payés. La pratique du marché belge pour un développeur IT senior en 2026 se situe entre 600 et 900 EUR/jour HT; pour un consultant stratégique entre 1.000 et 1.500 EUR/jour HT. Pour éviter la requalification en contrat de travail, le taux doit être significativement supérieur au coût total employeur d'un salarié équivalent, le freelance doit avoir plusieurs clients actifs simultanément (ou la possibilité démontrée d'en avoir), ne pas être intégré exclusivement dans les équipes du client, et ne pas recevoir d'instructions sur la méthode d'exécution. La CARRT dispose d'une méthode de calcul pour apprécier ces critères de manière préventive.
Les clauses de non-concurrence insérées dans une convention freelance belge sont encadrées par le Livre 5 du Code civil belge (liberté contractuelle, article 5.87) et par les règles de protection contre les clauses manifestement déséquilibrées du Code de droit économique (CDE Livre VI, art. VI.91/1 entré en vigueur le 1er décembre 2020 pour les contrats B2B). Contrairement au salarié soumis à des règles impératives strictes (article 65 et arrêté royal du 22 janvier 2014 de la Loi du 3 juillet 1978 — clause de non-concurrence salariale limitée à 12 mois, rémunération compensatoire obligatoire), l'indépendant est soumis au seul droit commun des obligations. La jurisprudence des Cours d'appel belges (Bruxelles, Liège, Mons) admet la validité des clauses de non-concurrence entre indépendants à condition qu'elles soient proportionnées : limitées dans le temps (2 ans maximum recommandé), délimitées géographiquement (territoire précis, pas 'monde entier' pour une petite PME locale), et définies quant à l'objet (secteur d'activité précis, pas 'toute activité concurrente'). Une clause trop large risque l'annulation totale ou la réduction judiciaire (article VI.91/3 CDE qui permet au juge de réduire ou d'annuler la clause abusive). Une indemnité compensatoire, bien que non légalement imposée pour les indépendants, renforce la validité de la clause et démontre l'absence de déséquilibre manifeste.
En cas de non-paiement d'une facture freelance en Belgique, le droit belge offre plusieurs voies de recours. Dès le lendemain du délai de paiement contractuel ou légal (30 jours), les intérêts de retard courent automatiquement au taux BCE + 8 points et une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 EUR est due de plein droit (Loi du 2 août 2002, art. 5). Une mise en demeure par recommandé est conseillée avant toute procédure judiciaire. Si le montant ne dépasse pas 5.000 EUR, la Justice de paix est compétente (procédure simplifiée, représentation par avocat non obligatoire). Pour les montants supérieurs, le Tribunal de l'entreprise (Ondernemingsrechtbank) est compétent. La procédure en recouvrement de créance incontestée (PRCI, ancienne procédure d'injonction de payer) permet d'obtenir un titre exécutoire sans audience si la créance n'est pas contestée, en déposant une requête auprès du greffe du Tribunal de l'entreprise compétent. Les honoraires d'avocat pour la rédaction de la mise en demeure sont partiellement récupérables (dépens et indemnité de procédure). En cas d'insolvabilité avérée du client, le freelance peut introduire une déclaration de créance dans le cadre de la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) ou de la faillite organisée par le Livre XX du CDE, traitée par le Tribunal de l'entreprise.
Le RGPD (Règlement (UE) 2016/679) s'applique à toute activité de traitement de données personnelles effectuée dans le cadre d'une convention freelance belge. Si le freelance traite des données personnelles pour le compte du client (conception d'un CRM, accès aux bases de données clients, traitement de données RH), le freelance est sous-traitant au sens de l'article 4(8) RGPD et doit conclure un accord de traitement des données (DPA — Data Processing Agreement) conforme à l'article 28 RGPD. Ce DPA, qui peut figurer en annexe de la convention freelance ou constituer un document séparé, doit préciser : l'objet, la durée et la nature du traitement; les catégories de personnes concernées et de données; les obligations et droits du responsable du traitement (le client) et du sous-traitant (le freelance); les mesures techniques et organisationnelles de sécurité; les conditions d'intervention des sous-sous-traitants; les procédures en cas de violation de données (notification au responsable de traitement dans les 24 heures, notification à l'APD/GBA dans les 72 heures si risque élevé). L'APD belge (Autorité de protection des données, Drukpersstraat 35, 1000 Bruxelles) peut infliger des amendes administratives allant jusqu'à 20 millions EUR ou 4% du chiffre d'affaires mondial annuel en cas de violation grave du RGPD. Le freelance a tout intérêt à préciser contractuellement qu'il ne traite les données qu'aux fins définies par le client et qu'il les efface ou les restitue à la fin de la mission.
Oui, et c'est même l'un des critères distinguant le statut d'indépendant du statut de salarié en droit belge. La possibilité avérée d'exercer pour plusieurs clients simultanément est l'un des critères généraux de qualification d'une relation de travail indépendante selon la loi-programme du 27 décembre 2006 (art. 336). Si un freelance travaille exclusivement et de manière permanente pour un seul client pendant une longue période, avec des conditions similaires à celles d'un salarié (horaires imposés, lieu de travail fixe, hiérarchie, intégration dans les équipes), l'ONSS et la CARRT peuvent requalifier la relation en contrat de travail. La convention freelance peut autoriser le prestataire à travailler pour d'autres clients, à l'exclusion éventuellement des concurrents directs du donneur d'ordre (clause de non-concurrence active pendant la mission). Pour les missions longues en régie (présence chez le client 5 jours par semaine pendant plusieurs mois), la pratique belge recommande de documenter la diversité des missions parallèles, les périodes de congé non soldées et la liberté d'organisation du freelance afin de prévenir le risque de requalification, particulièrement dans les secteurs IT, conseil et communication où l'ONSS mène régulièrement des contrôles.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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