Term Sheet d'Investissement Startup
Qu'est-ce qu'un Term Sheet d'Investissement Startup ?
Le Term Sheet d'Investissement Startup est, en droit français, une lettre d'intention d'investissement (term sheet) fixant les principales conditions d'une prise de participation au capital d'une startup. Il est régi par Code civil art. 1100-1 et Code de commerce L228-1 (valeurs mobilières).
Le term sheet en France fixe principalement : la valorisation pre-money et post-money de la startup (méthode utilisée — DCF, comparables sectoriels, multiples ARR/MRR), le montant de l'investissement total et le montant souscrit par chaque investisseur, la catégorie de titres émis (actions ordinaires, actions de préférence de série À/B/C ou BSPCE pour les managers), les droits préférentiels attachés aux actions de préférence (droit à liquidation préférentielle — participating ou non-participating, ratchet anti-dilution broad-based weighted average ou full ratchet, droit de veto sur décisions stratégiques, droit d'information renforce et reporting mensuel), les conditions d'un management package pour les fondateurs et les cadres clés (BSPCE Code général des impôts art. 163 bis G, AGA Code com. L225-197-1, BSA Code com. L228-91), et les conditions de closing (signature du pacte d'actionnaires, modification statutaire, augmentation de capital formelle au Greffe via Guichet unique INPI).
Le term sheet d'investissement en France se distingue de la lettre d'intention d'acquisition (LOI M&À) par son objectif : le term sheet vise une levée de fonds (investissement en capital avec émission de nouveaux titres et entrée d'un investisseur minoritaire ou majoritaire), tandis que la LOI M&À visé l'acquisition de titres existants sans émission de nouveaux titres (sortie d'actionnaires existants). Le term sheet est également distinct du pacte d'actionnaires définitif (pacte d'actionnaires startup) qui est l'acte contraignant intégralement liant les parties, du contrat de souscription formalisant la souscription des actions émises, et des statuts modifies reprenant les catégories d'actions et les droits associés.
Les term sheets utilises en France par les principaux fonds de venture capital (Partech, Eurazeo Venture, Idinvest, Elaia Partners, Axeleo Capital, BNP Paribas Développement, Bpifrance) sont largement inspires des pratiques anglo-saxonnes (NVCA term sheet américain, BVCA term sheet britannique) mais adaptés au droit français des sociétés commerciales. Contrairement aux systèmes de Common Law, le droit français des sociétés est plus formaliste et requiert la modification des statuts pour créer des catégories d'actions (SAS : statuts très libres, SAS art. L227-1 ; SA : statuts plus rigides, L225-1 à L225-252). La SAS est la forme privilégiée des startups françaises en raison de sa flexibilité statutaire (pas de conseil d'administration ni de CA obligatoire, président comme organe suffisant) et de la possibilité d'émettre librement des actions de préférence complexes.
Le term sheet doit également aborder les conditions fiscales et réglementaires associées à l'investissement : eligibilité au statut Jeune Entreprise Innovante (JEI) conforme à l'article 44 sexies-0 À du CGI (exonérations de charges sociales patronales sur salaires R&D, exonération IS partielle première année), eligibilité au label French Tech, eligibilité à l'aidé BPI France (prêts d'honneur, subventions CIR — Crédit d'Impôt Recherche 30% des dépenses R&D jusqu'à 100 millions EUR, CII — Crédit d'Impôt Innovation 20% des dépenses innovation pour les PME). Un term sheet bien structure mentionne également le traitement fiscal des BSPCE (gains exonérés d'impôt sur le revenu sous conditions, assujettis aux plus-values mobiliereres au taux de 30% — PFU — si cession 3 ans après l'attribution selon CGI art. 163 bis G). Voir aussi notre modèle fr-pacte-actionnaires-startup pour le pacte définitif.
Quand avez-vous besoin d'un Term Sheet d'Investissement Startup ?
Le Term Sheet d'Investissement Startup en France est utilisé dans plusieurs situations de levée de fonds.
Tour de pre-seed ou seed (amorçage). Lors du premier tour de financement externe d'une startup (pre-seed ou seed), après une première validation du marché (MVP, premiers clients), le fondateur présente un term sheet aux business angels, aux fonds d'amorçage (XAnge, Kima Ventures, Seedcamp) ou aux family offices pour fixer les conditions de base de l'investissement : valorisation pre-money, montant investi, nature des titres (actions ordinaires au seed, parfois actions de préférence dès le seed pour les fonds institutionnels), BSPCE pour les managers clés.
Série À (premier tour institutionnel). Lors du premier tour institutionnel significatif d'une startup (typiquement entre 2 millions EUR et 15 millions EUR en France), le fonds lead investor (Partech, Elaia, Axeleo, BNP Paribas Développement) rédigé ou négocié le term sheet Série À comprenant les éléments complexes : actions de préférence Série À avec liquidation préférentielle 1x non-participating (standard), ratchet anti-dilution broad-based weighted average, droits de veto des investisseurs, droit pro rata aux tours suivants, management package fondateurs et cadres clés en BSPCE ou AGA, conditions de reporting mensuel, comité stratégique avec représentants investisseurs.
Série B et Série C (tours de croissance). Lors des tours de croissance (Série B : 15-50 millions EUR, Série C'et plus), le term sheet devient plus complexe avec des mécanismes de liquidation préférentielle empiles entre les différentes séries (Série C > Série B > Série À > fondateurs), des mécanismes de full ratchet anti-dilution pour protéger les nouvelles séries contre les down rounds, et des droits de co-investissement (pro rata rights) pour les fonds existants.
Financement Bpifrance (prêt d'honneur, prêt innovation, subvention). Bpifrance exige souvent un term sheet ou une lettre d'intention signés par un investisseur privé co-investissant avant de confirmer son propre financement en prêt ou en subvention, notamment dans le cadre des programmés French Tech Seed, PSIM (Programme de Soutien à l'Innovation Majeure) ou CII (Crédit d'Impôt Innovation). La LOI Bpifrance doit être intégrée dans le calendrier global de la levée de fonds. En pratique, le term sheet est signé 4 à 8 semaines avant le closing de l'augmentation de capital formalisée au Greffe via Guichet unique INPI, laissant le temps à la due diligence juridique et financière et à la rédaction du pacte d'actionnaires définitif.
Que faut-il inclure dans votre Term Sheet d'Investissement Startup ?
Le Term Sheet d'Investissement Startup français comprend plusieurs clauses essentielles structurant l'opération de levée de fonds. Sur forms-legal.com, notre modèle gratuit de term sheet est aligné sur les pratiques des fonds de capital-risque français et intègre les dispositions du Code de commerce et du CGI applicables aux startups.
Valorisation pre-money et post-money. La valorisation pre-money est la valeur de la startup avant l'investissement ; la valorisation post-money est la valeur après injection des fonds (= pre-money + montant investi). L'equity value post-money détermine la dilution des fondateurs et la participation de l'investisseur. La valorisation est calculée selon une méthode convenue : multiple ARR/MRR pour les startups SaaS (typiquement 5x-15x ARR en seed, 10x-30x ARR en Série À), DCF pour les startups avec cashflows prévisibles, ou comparables de transactions récentes dans le secteur.
Nature des titres émis et droits préférentiels (actions de préférence). Le term sheet distingue les actions ordinaires (détenues par les fondateurs) des actions de préférence Série À/B/C (détenues par les investisseurs institutionnels) pouvant porter des droits préférentiels spécifiques : droit à liquidation préférentielle (droit de l'investisseur à être remboursé en priorité en cas de cession ou de liquidation, avant les actionnaires ordinaires), multiple de liquidation (1x le montant investi — standard en France — ou 1,5x-2x pour les fonds spécialisés), participating ou non-participating (si participating : l'investisseur reçoit la liquidation préférentielle ET participé au partagé du reliquat proportionnellement aux droits sociaux ; si non-participating : l'investisseur choisit entre la liquidation préférentielle et la conversion en ordinaires). Les actions de préférence SAS sont encadrées par les articles L227-1 et L228-1 du Code de commerce.
Mécanisme d'anti-dilution (ratchet). Le ratchet anti-dilution protège l'investisseur contre une valorisation inférieure lors d'un tour suivant (down round). Deux formes principales : full ratchet (l'investisseur ajuste sa participation comme s'il avait investi au prix du down round — protecteur mais pénalisant pour les fondateurs) et weighted average broad-based (ajustement partiel en tenant compte du volume de titres émis au prix inférieur — standard en France pour les fonds institutionnels). La formule de weighted average broad-based est la plus courante dans les term sheets Série À français.
Management package (BSPCE, AGA, BSA). Le term sheet mentionne l'enveloppe de management package réservée aux fondateurs et cadres clés : BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise, réserve aux sociétés de moins de 15 ans, conformes à CGI art. 163 bis G, gains imposés au taux de 30% PFU si cession 3 ans après attribution), AGA (actions gratuites, Code com. L225-197-1, acquisition différée après une période d'acquisition de 1 an minimum, vente différée de 2 ans minimum), BSA (bons de souscription d'actions, Code com. L228-91, mécanisme plus flexible mais moins favorable fiscalement). L'enveloppe de BSPCE ou d'AGA est typiquement de 10% du capital post-money dilue.
Droits de gouvernance et d'information. Les investisseurs de Série À obtiennent généralement : un représentant au conseil de surveillance ou un observateur au conseil d'administration (SA) ou au comité stratégique (SAS) ; un droit de veto sur les décisions stratégiques majeures (modification statutaire, nouvelles émissions de titres diluant, cession d'actifs significatifs) ; un droit d'information renforce avec reporting mensuel (compte de résultat, trésorerie, KPI) et accès aux comptes annuels certifiés par le commissaire aux comptes.
Conditions de closing. Les conditions suspensives du term sheet comprennent : la rédaction et la signature du pacte d'actionnaires définitif (pacte d'actionnaires startup), la modification des statuts de la société pour créer les catégories d'actions de préférence, l'augmentation de capital formelle avec libération des fonds et dépôt du certificat du depostiaire, l'immatriculation modificative au RCS via Guichet unique INPI, et le cas échéant la signature des contrats de travail ou de mandat modifies des fondateurs, du contrat de management package (BSPCE ou AGA), et des conventions réglementées le cas échéant.
Comment remplir votre Term Sheet d'Investissement Startup
Rédiger un Term Sheet d'Investissement Startup en France requiert une préparation rigoureuse pour équilibrer les intérêts des fondateurs et des investisseurs.
Étape 1 - Préparer le business plan et les données financières. Avant de présenter un term sheet à un investisseur, préparer le business plan avec les hypothèses de croissance (courbe ARR/MRR, taux de churn, CAC, LTV), le tableau des besoins et des utilisations des fonds, le modèle financier sur 3-5 ans (compte de résultat prévisionnel, plan de trésorerie, bilan simplifie), et la capitalization table actuelle (cap table) avec la structure du capital avant levée (actions ordinaires par fondateur, BSPCE existants, autres droits dilutifs).
Étape 2 - Calculer la valorisation pre-money et la dilution. Convenir d'une valorisation pre-money avec l'investisseur en se basant sur les comparables du secteur et la traction actuelle. Vérifier la dilution résultant de l'investissement : dilution fondateurs = montant investi / (valorisation pre-money + montant investi). S'assurer que la dilution est acceptable pour les fondateurs et que la participation résiduelle des fondateurs est suffisante pour motiver les prochains tours de table.
Étape 3 - Définir la nature des titres et les droits préférentiels. Choisir entre actions ordinaires (plus simple, moins dilutif pour les droits) et actions de préférence (obligatoire pour les fonds institutionnels dès la Série À). Négocier le type de liquidation préférentielle : non-participating 1x est le standard acceptable par les fondateurs ; avoiding participating ou multiple supérieur à 1x sauf exception motivée.
Étape 4 - Négocier le management package. Définir l'enveloppe BSPCE ou AGA en accord avec l'investisseur (typiquement 10% du capital post-money dilue pour les managers clés). Définir le calendrier de vesting (acquisition de 1 an minimum pour les AGA, cliff de 12 mois + vesting linéaire 36 mois pour les BSPCE), les conditions de performance le cas échéant, et les règles de bad leaver applicables.
Étape 5 - Fixer les conditions de closing et le calendrier. Établir un calendrier réaliste pour la signature du pacte d'actionnaires, la modification des statuts, l'augmentation de capital formelle et le versement des fonds. Prévoir un délai de 4 à 8 semaines entre la signature du term sheet et le closing effectif, intégrant le temps de due diligence de l'investisseur, la rédaction des actes définitifs par les avocats, et les formalités au Greffe via Guichet unique INPI.
Exigences juridiques pour Term Sheet d'Investissement Startup
Le Term Sheet d'Investissement Startup en France est encadré par le droit des contrats, le droit des sociétés et le droit fiscal applicables aux opérations de capital-risque.
Émission de valeurs mobilières (Code com. L228-1 et suivants). L'émission d'actions de préférence en SAS ou en SA est encadrée par les articles L228-1 et suivants du Code de commerce. Les actions de préférence peuvent être assorties de droits particuliers de toute nature (droit de vote, droit aux dividendes, droit de liquidation préférentielle) conformément à l'article L228-11 pour les SA et aux statuts pour les SAS (grande liberté). La création de nouvelles catégories d'actions requiert une modification statutaire validée par l'assemblée générale extraordinaire avec les majorités requises. Pour les SAS, la modification statutaire requiert l'unanimité conformément aux statuts ou à la majorité prévue dans les statuts pour les modifications.
Formalités d'augmentation de capital. L'augmentation de capital par émission de nouvelles actions est soumise aux formalités suivantes : décision de l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) avec le quorum et la majorité prévus par les statuts, établissement du procès-verbal de l'ÂGE, dépôt des fonds auprès du commissaire aux comptes ou d'un établissement bancaire, délivrance du certificat de dépôt du commissaire aux comptes, immatriculation modificative au RCS via Guichet unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), publication d'un avis dans un journal d'annoncés légales (JAL), délivrance du Kbis modificatif. La souscription de nouvelles actions est formalisée par un bulletin de souscription signé par chaque souscripteur.
Régime fiscal des BSPCE (CGI art. 163 bis G). Les BSPCE sont réserves aux sociétés de moins de 15 ans à la date d'attribution, dont les droits sociaux ne sont pas admis aux négociations sur un marché réglementé, dont le capital est détenu directement et de manière continue pour 25% au moins par des personnes physiques ou par des personnes morales elles-mêmes détenues pour 75% au moins par des personnes physiques. Le gain de cession des actions souscrites en exercice de BSPCE est soumis au PFU de 30% (12,8% IR + 17,2% PS) si la cession intervient plus de 3 ans après l'attribution; au taux de 30% de contributions sociales seules si l'exercice intervient après 3 ans d'ancienneté dans la société.
Statut Jeune Entreprise Innovante (JEI) (CGI art. 44 sexies-0 À). La startup peut bénéficier du statut JEI si elle répond aux conditions : PME de moins de 8 ans à la date de clôture, dépenses de R&D représentant au moins 15% des charges fiscalement déductibles, capital détenu pour au moins 50% par des personnes physiques ou des fonds d'investissement agréées. Les avantages JEI comprennent : exonération de charges sociales patronales sur les rémunération des chercheurs et des techniciens affectes à des projets R&D, exonération d'IS sur les bénéfices des trois premiers exercices bénéficiaires, exonération de CFE et de taxé foncière sur option délibérée par les collectivités territoriales.
Erreurs courantes à éviter dans votre Term Sheet d'Investissement Startup
Plusieurs erreurs affectent la qualité des Term Sheets d'Investissement Startup en France et peuvent compromettre l'opération de levée de fonds.
Erreur 1 - Accepter une liquidation préférentielle participating sans en mesurer l'impact. Une clause de liquidation préférentielle participating permet à l'investisseur de recevoir d'abord le remboursement de son investissement (1x ou plus), puis de participer au partagé du reliquat proportionnellement aux droits sociaux comme s'il était converti en actions ordinaires. Cela peut réduire significativement le gain des fondateurs en cas de vente à une valorisation modeste. Bonne pratique : préférer la liquidation préférentielle non-participating, ou plafonner la participation au-dela du multiple de retour.
Erreur 2 - Négliger le mécanisme de full ratchet anti-dilution. Le full ratchet impose que l'investisseur ajuste sa participation au prix du down round, comme s'il avait investi au prix le plus bas. Cela peut aneantir la participation des fondateurs en cas de down round. Le weighted average broad-based est bien plus raisonnable et est le standard en France pour les fonds institutionnels professionnels.
Erreur 3 - Sous-dimensionner le management package. Un management package insuffisant (moins de 10% du capital post-money dilue en BSPCE ou AGA) demotivera les fondateurs et les cadres clés en phase de croissance. Bonne pratique : négocier un pool de BSPCE ou d'AGA de 10 à 15% du capital post-money, avec un mécanisme de refreshes pour les nouveaux cadres clés recrutes.
Erreur 4 - Négliger les formalités d'immatriculation modificative. L'augmentation de capital et la création de nouvelles catégories d'actions ne sont opposables aux tiers qu'après immatriculation modificative au RCS via Guichet unique INPI et publication dans un JAL. Des fondateurs qui négligent ces formalités post-closing peuvent se retrouver dans une situation de vide juridique entre la signature du pacte et le closing formel.
Questions Fréquentes
Le term sheet d'investissement et le pacte d'actionnaires sont deux documents complémentaires mais distincts dans le processus de levée de fonds d'une startup française. Le term sheet est un document pre-contractuel synthétique (généralement 5 à 15 pages) fixant les conditions essentielles de l'investissement envisage : valorisation, montant investi, nature des titres, droits préférentiels principaux, management package, conditions de closing. Le term sheet est généralement non-contraignant dans sa globalité (sauf clauses de confidentialité et d'exclusivité) et sert de base de négociation avant la rédaction des actes définitifs. Le pacte d'actionnaires définitif (shareholders agreement) est au contraire un acte contraignant détaillé (souvent 30 à 80 pages) reprenant l'intégralité des engagements des parties : texte complet des droits préférentiels, mécanismes de cession (préemption, drag-along, tag-along, bad leaver, good leaver), droits de gouvernance précis, reporting détaillé, engagements de non-concurrence et de confidentialité. Le pacte d'actionnaires est signé simultanément aux statuts modifiés, au contrat de souscription et aux contrats de management package au moment du closing.
La valorisation typique d'une startup française en seed en 2025 varie selon l'état du marché et la traction de la startup. Pour un tour de seed (100 000 EUR à 2 millions EUR), la valorisation pre-money se situe généralement entre 2 millions EUR et 8 millions EUR, selon la qualité de l'équipe fondatrice (expérience antérieure, secteur), la traction initiale (premiers revenus MRR ou utilisateurs actifs), la taille et le potentiel du marché adressable (TAM), et l'état du pipeline de clients potentiels. Pour les startups Deep Tech avec un laboratoire de recherché partenaire (CNRS, INRIA, INSERM) ou un brevet déposé à l'INPI, la valorisation pre-seed peut atteindre 5 à 10 millions EUR. En Série À (2 à 15 millions EUR), les multiples ARR (Annual Recurring Revenue) sont généralement de 5x à 15x ARR pour les startups SaaS B2B avec taux de churn inférieur à 5% annuel, ce qui correspond à des valorisations pre-money entre 10 millions EUR et 50 millions EUR.
Les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) sont des options de souscription d'actions réservées aux sociétés françaises de moins de 15 ans conformes à l'article 163 bis G du Code général des impôts. Les BSPCE permettent aux bénéficiaires désignés (salariés, dirigeants, certains prestataires selon les conditions) de souscrire des actions de la société à un prix d'exercice fixe à la date d'attribution (prix de marché à la date d'attribution). Le gain réalisé lors de la cession des actions souscrites (différence entre prix de vente et prix d'exercice) bénéficie d'un régime fiscal favorable : imposition au PFU de 30% (12,8% IR + 17,2% contributions sociales) si le bénéficiaire détient les BSPCE depuis au moins 3 ans et si la société à au moins 3 ans d'ancienneté ; ou imposition au taux de 17,2% de contributions sociales seulement pour les BSPCE exerces après 3 ans d'ancienneté dans la société par les bénéficiaires ayant plus de 3 ans dans la société. Le principal avantage des BSPCE par rapport aux stock-options classiques (CGI art. 80 bis) est l'absence de cotisations sociales patronales et salariales au moment de l'exercice, et l'imposition uniquement au moment de la cession des actions.
Les droits de veto typiquement accordés aux investisseurs de Série À dans les term sheets français comprennent : toute modification des statuts de la société, toute émission de nouvelles actions ou valeurs mobilières donnant accès au capital (augmentation de capital, emissiond e BSPCE, BSA ou AGA) sauf dans le cadre d'un pool existant, toute cession d'actifs significatifs au-dessus d'un seuil convenu (typiquement 10% du total bilan ou 500 000 EUR), toute fusion, scission ou apport partiel d'actif, toute acquisition de société ou de fonds de commerce au-dessus d'un seuil, toute conclusion d'emprunts significatifs au-dessus d'un seuil (typiquement 500 000 EUR ou 1 million EUR), toute conclusion de contrats significatifs non prévus au budget (dépassement >20% du budget annuel), toute distribution de dividendes ou de réserves, et toute modification de la rémunération des fondateurs et dirigeants au-dessus d'un seuil convenu. Les droits de veto doivent être équilibrés pour ne pas paralyser l'opération quotidienne de la société.
L'augmentation de capital en France après signature du term sheet est formalisée en plusieurs étapes sequentielles. Première étape : rédaction des actes juridiques définitifs par les avocats des deux parties (pacte d'actionnaires, contrat de souscription, modification statutaire pour créer les catégories d'actions de préférence, contrats de BSPCE ou d'AGA). Deuxième étape : tenue de l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) de la société approuvant la modification statutaire et l'augmentation de capital, avec établissement du procès-verbal d'ÂGE. Troisième étape : signature du contrat de souscription par les investisseurs et versement des fonds sur un compte bancaire bloque. Quatrième étape : obtention du certificat de dépôt des fonds délivré par l'établissement dépositaire. Cinquième étape : dépôt du dossier d'immatriculation modificative au Greffe du Tribunal de commerce via Guichet unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), comprenant le PV d'ÂGE, les statuts modifies, le certificat de dépôt des fonds. Sixième étape : publication de l'avis de modification au Journal d'Annoncés Légales (JAL). Septième étape : délivrance du Kbis modificatif confirmant le closing effectif. Le délai total est généralement de 2 à 4 semaines entre la signature des actes définitifs et la délivrance du Kbis.
Un down round est une levée de fonds réalisée à une valorisation inférieure à celle du tour précédent, généralement causée par des performances inférieures aux previsions, un contexte de marché défavorable, ou une correction sectorielle. Le down round dilue mécaniquement les investisseurs antérieurs dont la participation est recalculée sur la base d'une valorisation plus basse. Le term sheet protège les investisseurs existants contre le down round via deux mécanismes principaux. Le mécanisme de weighted average broad-based anti-dilution ajuste le prix de conversion des actions de préférence à une moyenne pondérée entre le prix initial et le prix du down round, tenant compte du volume de titres émis aux deux prix. Le mécanisme de full ratchet anti-dilution, plus agressif, ajuste le prix de conversion des actions de préférence au prix exact du down round, protegant totalement l'investisseur mais diluant massivement les fondateurs. La clause pro rata right confère aux investisseurs existants le droit de participer au down round à hauteur de leur participation existante pour éviter une dilution supplémentaire. La clause de préemption (droit de premier refus) sur les nouvelles émissions peut également atténuer les effets du down round.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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