Modèle de Facture Professionnelle France
Qu'est-ce qu'un Modèle de Facture Professionnelle France ?
La facture professionnelle est, en droit français, le document comptable obligatoire qui constate une vente ou une prestation entre professionnels et ouvre droit à déduction de TVA, dont les mentions sont fixées par l'article 289 du Code général des impôts.
La Facture Professionnelle en France est obligatoire dans les transactions B2B (entre assujettis TVA) et constitue la pièce justificative permettant à l'acheteur assujetti d'exercer son droit à déduction de TVA en amont (CGI art. 271 et suivants). Sans facture conforme comportant toutes les mentions obligatoires du CGI art. 289, l'acheteur perd son droit à déduction TVA, ce qui représente une perte financière directe. Pour la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), la facture est également la pièce de contrôle centrale lors des vérifications de comptabilité (contrôle fiscal) et des demandes de remboursement de crédit de TVA.
Les mentions obligatoires d'une facture professionnelle en France, telles que fixées par le CGI art. 289 II, sont : le numéro séquentiel unique et chronologique (toute rupture de séquence peut constituer une présomption de fraude pour la DGFiP), la date d'émission, l'identification complète de l'émetteur (dénomination sociale, forme juridique, capital social pour les sociétés, adresse, numéro SIREN et RCS, numéro de TVA intracommunautaire selon le format FR + clé 2 chiffres + SIREN attribué par le Service des Impôts des Entreprises — SIE de la DGFiP), l'identification du client, la désignation précise des biens ou services avec quantités et prix unitaires HT, le taux de TVA applicable par ligne, le montant total HT et TTC. S'ajoutent les mentions obligatoires du Code de commerce art. L441-9 II : les conditions d'escompte pour paiement anticipé (ou mention 'Pas d'escompte'), le taux d'intérêts de retard (minimum taux Banque Centrale Européenne + 10 points) et l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros (décret n°2012-1115 du 2 octobre 2012).
Pour les micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs) bénéficiant de la franchise en base de TVA (CGI art. 293 B, plafond 2025 : 37 500 EUR services / 85 000 EUR ventes), les factures doivent obligatoirement porter la mention 'TVA non applicable, art. 293 B du CGI' à la place du taux et du montant de TVA. Dès que le chiffre d'affaires dépasse ces seuils, l'assujettissement à la TVA est automatique et la collecte de TVA devient obligatoire dès le premier euro dépassant le seuil.
La conservation des factures est obligatoire : 10 ans en droit commercial (Code de commerce art. L123-22) et 6 ans en droit fiscal (Livre des procédures fiscales art. L102 B). Les factures électroniques doivent être conservées dans leur format original pour garantir l'authenticité et l'intégrité. Le Fichier Écritures Comptables (FEC) exigé par la DGFiP lors des contrôles fiscaux doit intégrer les données de chaque facture de manière fidèle et non altérable.
La facture se distingue du Devis Détaillé qui anticipe les prestations et du Bon de Commande émis par l'acheteur. Sur forms-legal.com, le modèle complet de Facture Professionnelle inclut toutes les mentions obligatoires du CGI art. 289 et du Code de commerce art. L441-9, pré-rempli pour les entreprises françaises de toute forme juridique (SAS, SARL, SA, EI, micro-entreprise). Voir également le modèle d'Avoir / Note de Crédit Commerciale pour les rectifications de factures émises.
Quand avez-vous besoin d'un Modèle de Facture Professionnelle France ?
La Facture Professionnelle en France est obligatoire ou fortement recommandée dans de multiples situations réglementées par le CGI art. 289, le Code de commerce art. L441-9 et les règles comptables du Plan Comptable Général (PCG 2014).
Transactions B2B entre assujettis TVA. Dans toute relation commerciale entre deux assujettis à la TVA (entreprises, artisans, professions libérales), la facture est obligatoire dès la réalisation de la livraison ou de la prestation. Le droit à déduction TVA de l'acheteur est conditionné à la possession d'une facture conforme (CGI art. 271 II 1°). Sans facture ou avec une facture incomplète (numéro manquant, taux TVA absent, SIREN omis), la DGFiP peut rejeter la déduction lors d'un contrôle fiscal et imposer la régularisation avec pénalités de 5 % (intérêts de retard de 0,20 % par mois — LPF art. 1727).
Facturation dans le cadre des marchés publics et de Chorus Pro. Pour les contrats avec des acheteurs publics (État, collectivités territoriales, hôpitaux, EPIC), la facturation électronique via Chorus Pro est obligatoire depuis le 1er janvier 2020 pour toutes les entreprises (ordonnance n°2014-697 du 26 juin 2014 et décret n°2016-1478). La facture doit respecter le format structuré (XML — UBL ou CII) et inclure le numéro d'engagement juridique (EJ), le code service destinataire et les coordonnées bancaires IBAN/BIC.
Facturation électronique obligatoire entre assujettis (réforme 2026-2027). La loi de finances pour 2020 (art. 153) impose la généralisation de la facturation électronique entre assujettis français (B2B domestique), déployée selon un calendrier progressif : grandes entreprises dès septembre 2026, ETI en 2026-2027, PME et TPE dès 2027. Le portail public de facturation (PPF), interopérable avec des Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP), remplacera progressivement Chorus Pro pour les transactions privées. La DGFiP supervisera ce dispositif de e-reporting.
Facturation des prestations de services intracommunautaires B2B. Pour les prestations de services rendues à des assujettis TVA établis dans un autre État membre de l'UE (mécanisme de l'article 196 de la Directive TVA 2006/112/CE), la facture doit mentionner le numéro de TVA intracommunautaire des deux parties et porter la mention 'Autoliquidation — art. 196 Directive 2006/112/CE' ou 'Reverse charge'. Le vendeur ne facture pas de TVA française ; l'acheteur acquitte la TVA dans son pays selon le taux local.
Facturation des exportations hors UE. Les livraisons de biens à destination de pays tiers (hors UE) sont exonérées de TVA française (CGI art. 262 I). La facture doit porter la mention 'Exonéré de TVA — exportation art. 262 CGI' et être accompagnée de la preuve d'exportation (EX1 douanier validé par la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects — DGDDI). Sans preuve d'exportation, la DGFiP peut redresser le vendeur et réclamer la TVA non collectée.
Facturation des professions libérales réglementées. Les avocats (ordonnance du Conseil National des Barreaux), experts-comptables (ordonnance n°45-2138), notaires (tarif réglementé décret 78-262) et médecins (nomenclature NGAP/CCAM) utilisent des notes d'honoraires qui constituent des factures au sens du CGI art. 289. Pour les avocats, la convention d'honoraires écrite obligatoire depuis la loi n°2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron) précède la facturation des honoraires.
Rectification d'une facture incorrecte. Lorsqu'une facture déjà émise comporte une erreur (montant, taux TVA incorrect, désignation inexacte), elle doit être rectifiée par l'émission d'un avoir (note de crédit) pour le montant total ou partiel erroné et, si nécessaire, d'une nouvelle facture correcte. Le mécanisme d'avoir est encadré par le CGI art. 272 (régularisation de TVA collectée). L'annulation et le remplacement direct d'une facture émise (par surimpression 'ANNULÉE') sont admis mais l'avoir est la pratique recommandée par la DGFiP.
Que faut-il inclure dans votre Modèle de Facture Professionnelle France ?
La Facture Professionnelle en France doit impérativement comporter toutes les mentions obligatoires fixées par le Code général des impôts art. 289 et le Code de commerce art. L441-9, sous peine de nullité fiscale, de perte du droit à déduction TVA pour le client et de sanctions administratives DGCCRF.
Mentions obligatoires CGI art. 289 II — liste complète. Le numéro séquentiel unique et chronologique (1°) : toute rupture de séquence constitue une anomalie grave pouvant déclencher une vérification de comptabilité par la DGFiP Brigade de contrôle et de recherche (BCR). La date d'émission (1°). L'identification complète de l'émetteur (2°) : dénomination sociale, forme juridique, capital social, siège social, numéro SIREN, mention RCS avec ville d'immatriculation, numéro de TVA intracommunautaire (FR + clé + SIREN). L'identification du client (3°) : dénomination sociale, adresse de facturation, SIREN pour B2B, numéro TVA intracommunautaire pour les opérations intra-UE (11°). La désignation des biens ou services rendus avec quantités et prix unitaires HT (8°). Le taux de TVA par ligne (7°) selon le CGI : 20 % standard (art. 278), 10 % intermédiaire (art. 279), 5,5 % réduit (art. 278-0 bis), 2,1 % super-réduit (art. 281 quater). Le montant de TVA par taux (8°). Le total HT et TTC (8°).
Mentions obligatoires Code de commerce art. L441-9 II. Conditions d'escompte pour paiement anticipé ou mention explicite 'Pas d'escompte pour paiement anticipé'. Taux d'intérêts de retard applicable en cas de paiement tardif (minimum taux BCE + 10 points). Indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 EUR par facture impayée (décret n°2012-1115 du 2 octobre 2012). Ces trois mentions sont exigibles sous peine d'amende administrative DGCCRF pouvant atteindre 2 millions EUR pour une personne morale.
Coordonnées bancaires. L'IBAN et le BIC de l'émetteur sont fortement recommandés pour faciliter les paiements par virement dans les délais légaux. Pour les factures soumises à Chorus Pro (marchés publics), l'IBAN est obligatoire dans les métadonnées du fichier XML. Les coordonnées bancaires ne doivent jamais être communiquées oralement ou modifiées par email non sécurisé (risque de fraude au faux RIB — FOVI — signalable à l'Autorité Bancaire Européenne et à Cybermalveillance.gouv.fr).
Numéro de bon de commande correspondant. Le Code de commerce art. L441-3 impose la mention du bon de commande sur la facture pour assurer la traçabilité documentaire. Pour les marchés publics, le numéro d'engagement juridique (EJ) est obligatoire dans Chorus Pro. Cette traçabilité facilite les audits DGFiP et les vérifications de comptabilité (FEC — Fichier Écritures Comptables exigible à première demande du vérificateur).
Mentions spécifiques pour les micro-entrepreneurs. Les micro-entrepreneurs sous franchise en base de TVA (CGI art. 293 B) doivent porter la mention 'TVA non applicable, art. 293 B du CGI' à la place du taux et du montant de TVA. Cette mention est obligatoire et non négociable : omettre cette mention alors que le prestataire n'est pas assujetti constitue une facturation indue de TVA au sens de l'article 283 du CGI, sanctionnée par la DGFiP. Sur forms-legal.com, le modèle de Facture Professionnelle permet de sélectionner 'Franchise en base' pour afficher automatiquement cette mention légale.
Mentions spécifiques pour les opérations intracommunautaires. Pour les livraisons intracommunautaires B2B (Directive TVA 2006/112/CE art. 138), porter la mention 'Exonéré TVA — livraison intracommunautaire' et les numéros TVA intracommunautaires des deux parties vérifiables sur VIES (VAT Information Exchange System — ec.europa.eu). Pour les prestations de services intra-UE B2B (art. 196 Directive), porter la mention 'Autoliquidation — art. 196 Directive 2006/112/CE'. Le vendeur doit déclarer l'opération dans son état récapitulatif (DES — Déclaration Européenne de Services) ou déclaration d'échanges de biens (DEB) transmise à la Direction Générale des Douanes.
Conformité RGPD pour les données personnelles. Les données personnelles figurant sur les factures (nom, adresse, email du contact client) sont traitées sur la base de l'article 6 §1 b) du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD — Règlement UE 2016/679), légitimité contractuelle. La CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, 3 Place de Fontenoy, 75007 Paris) peut sanctionner tout traitement non conforme jusqu'à 20 millions EUR ou 4 % du CA annuel mondial. Les factures envoyées par email doivent prévoir un avis de traitement des données.
Comment remplir votre Modèle de Facture Professionnelle France
Émettre une Facture Professionnelle conforme en France requiert le respect rigoureux d'une procédure en plusieurs étapes, chaque mention obligatoire conditionnant la validité fiscale du document et le droit à déduction TVA de votre client.
Étape 1 - Attribution du numéro séquentiel. Attribuer un numéro chronologique unique et séquentiel (ex : FAC-2026-00234). La séquence ne doit jamais comporter de rupture ou de doublon — une anomalie déclenche une vérification DGFiP. Le numéro peut intégrer l'année, le mois et un compteur incrémental. Pour les factures rectificatives ou avoirs, utiliser une série distincte (ex : AV-2026-00012) et référencer la facture originale.
Étape 2 - Identification complète de votre entreprise. Dénomination sociale exacte, forme juridique (SAS, SARL, SA, EI, micro-entreprise), capital social pour les sociétés (ex : 'Capital de 10 000,00 EUR'), adresse du siège social, mention RCS avec ville d'immatriculation (ex : 'RCS Paris B 123 456 789'), numéro SIREN à 9 chiffres (INSEE), numéro de TVA intracommunautaire (FR + clé algorithmique + SIREN, attribué par votre SIE — Service des Impôts des Entreprises). Pour les micro-entrepreneurs en franchise de base, ne pas mentionner le numéro TVA intracom (non applicable).
Étape 3 - Identification du client. Dénomination sociale ou nom/prénom, adresse de facturation complète, SIREN pour les clients B2B, numéro TVA intracommunautaire pour les clients UE (obligatoire pour l'exonération des opérations intracommunautaires selon CGI art. 262 ter I). Vérifier les numéros TVA intracommunautaires des clients UE via le portail VIES (ec.europa.eu/taxation_customs/vies).
Étape 4 - Désignation précise des prestations ou produits. Décrire avec précision chaque ligne de facturation : nature du bien ou de la prestation, référence éventuelle, quantité, unité, prix unitaire HT et montant HT par ligne. Relier la facture au bon de commande correspondant par la référence (ex : 'Réf. BC-2026-00142'). La désignation vague est interprétée contre l'émetteur (Code civil art. 1190) et peut être rejetée par la DGFiP lors du contrôle.
Étape 5 - Application du taux de TVA correct. Identifier le taux de TVA applicable à chaque ligne selon le CGI : 20 % pour les services standard (CGI art. 278), 10 % pour les travaux de rénovation sur logement de plus de 2 ans, les restaurants, le transport de voyageurs (CGI art. 279), 5,5 % pour les produits alimentaires, les livres, l'isolation thermique (CGI art. 278-0 bis), 2,1 % pour la presse et les médicaments remboursés (CGI art. 281 quater). En cas de doute sur le taux applicable, consulter le bulletin officiel des finances publiques (BOFiP — bofip.impots.gouv.fr) ou votre SIE. Une erreur de taux expose au redressement.
Étape 6 - Calcul et contrôle des montants. Vérifier l'arithmétique de chaque ligne (quantité × prix unitaire HT = montant HT) et du total (total HT × taux TVA = montant TVA, total HT + total TVA = total TTC). Pour les factures comportant des taux de TVA différents, calculer séparément le montant TVA pour chaque taux. Le total TTC est le montant dû par le client.
Étape 7 - Insertion des mentions obligatoires de paiement. Date d'échéance calculée à partir de la date d'émission (maximum 60 jours date facture ou 45 jours fin de mois selon Code de commerce art. L441-10). Mode de paiement (virement avec IBAN/BIC, chèque, prélèvement SEPA). Taux d'escompte pour paiement anticipé ou 'Pas d'escompte pour paiement anticipé' (Code de commerce art. L441-9). Taux d'intérêts de retard (BCE + 10 points) et indemnité forfaitaire de 40 EUR (décret n°2012-1115 du 2 octobre 2012).
Étape 8 - Envoi et conservation. Envoyer la facture au client par email (format PDF non modifiable, recommandé horodaté) ou par voie postale, ou via une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) pour les opérations B2B électroniques. Pour les marchés publics, obligatoirement via Chorus Pro en format UBL 2.1 ou CII D16B. Conserver l'original pendant 10 ans (Code de commerce art. L123-22) et 6 ans pour les obligations fiscales (LPF art. L102 B). Les factures électroniques doivent être conservées en garantissant l'authenticité, l'intégrité et la lisibilité (arrêté du 7 mars 2013).
Exigences juridiques pour Modèle de Facture Professionnelle France
La Facture Professionnelle en France est soumise à un ensemble dense d'obligations légales et fiscales issues du Code général des impôts, du Code de commerce et du droit comptable. Le non-respect de ces exigences expose l'émetteur et le destinataire à des sanctions fiscales, administratives et comptables.
Obligation d'émettre une facture (CGI art. 289 I). Tout assujetti à la TVA est tenu d'émettre une facture pour chaque livraison de biens ou prestation de services réalisée à un autre assujetti, pour les acomptes reçus avant la livraison et pour les livraisons intracommunautaires exonérées. Pour les particuliers (B2C), la facture est obligatoire sur demande. Le défaut de facturation est sanctionné par une amende de 50 % du montant de la transaction non facturée (CGI art. 1737), avec un minimum de 75 EUR par facture manquante.
Mentions obligatoires CGI art. 289 II. La liste exhaustive des 11 mentions obligatoires sur la facture est fixée par le CGI art. 289 II et son décret d'application. Toute omission d'une mention obligatoire constitue une irrégularité qui peut entraîner le rejet de la déduction TVA pour l'acheteur (CGI art. 271 II 1°) lors d'un contrôle DGFiP. La DGFiP peut rectifier d'office la TVA indûment déduite par l'acheteur et appliquer des intérêts de retard (0,20 % par mois — LPF art. 1727) et des majorations (10 % pour insuffisance, 40 % pour manquement délibéré).
Facturation électronique obligatoire — réforme 2026-2027. La généralisation de la facturation électronique entre assujettis français est imposée par la loi de finances pour 2020 (art. 153) : les grandes entreprises sont concernées à partir de septembre 2026, les ETI dès 2026-2027, les PME et TPE à partir de 2027. Les factures électroniques doivent transiter par le portail public de facturation (PPF) ou une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) accréditée par la DGFiP. Le e-reporting (transmission des données des transactions B2C et avec les non-établis) est également imposé.
Conservation des factures et Fichier Écritures Comptables (FEC). Les factures sont des pièces comptables conservées 10 ans (Code de commerce art. L123-22) et des pièces fiscales conservées 6 ans (LPF art. L102 B). Le FEC (Fichier Écritures Comptables) exigé par la DGFiP lors des vérifications de comptabilité (Vérification de Comptabilité — VCA ou Examen de Comptabilité — EC) doit intégrer les données fidèles de chaque facture. Les factures électroniques doivent être conservées en garantissant leur authenticité, leur intégrité et leur lisibilité (arrêté du 7 mars 2013 relatif aux conditions de conservation des documents sous forme électronique).
TVA et risques de fraude à la facturation. L'émission de fausses factures ou de factures de complaisance (factures sans prestation réelle) constitue l'infraction pénale la plus grave en matière fiscale : escroquerie à la TVA (Code pénal art. 313-1, peine max 5 ans + 375 000 EUR amende) et fraude fiscale (LPF art. 1741, peine max 7 ans + 3 millions EUR amende, portée à 7 ans + 7 millions EUR en cas de circonstances aggravantes). La Brigade Nationale de Répression de la Délinquance Fiscale (BNRDF) et l'Office Central pour la Répression de la Grande Délinquance Financière (OCRGDF) traitent ces infractions en liaison avec la Direction des Vérifications Nationales et Internationales (DVNI) de la DGFiP.
Pénalités commerciales et DGCCRF. Le Code de commerce art. L441-9 impose la mention des conditions d'escompte, du taux d'intérêts de retard et de l'indemnité forfaitaire de 40 EUR sous peine d'amende DGCCRF (75 000 EUR pour une personne physique, 2 millions EUR pour une personne morale). La DGCCRF effectue des contrôles ciblés sur les conditions générales de vente et peut saisir le Tribunal de commerce pour faire prononcer la nullité de clauses abusives.
Erreurs courantes à éviter dans votre Modèle de Facture Professionnelle France
La Facture Professionnelle en France est le document qui donne lieu au plus grand nombre d'erreurs susceptibles de déclencher des redressements DGFiP, des sanctions DGCCRF et des contentieux commerciaux. Les erreurs suivantes sont les plus fréquentes et les plus coûteuses.
Erreur 1 - Numéro de facture non séquentiel ou dupliqué. L'oubli de la séquentialité du numéro de facture (saut de numéros, numéros dupliqués, numérotation reprenant à 1 chaque mois sans préfixe de période) constitue pour la DGFiP une présomption grave d'omission de recettes. Lors d'une vérification de comptabilité (VCA), le vérificateur DGFiP reconstituera les recettes par la méthode de reconstitution extra-comptable. Bonne pratique : numérotation chronologique continue avec préfixe année (FAC-2026-XXXXX), jamais remise à zéro en cours d'exercice.
Erreur 2 - Taux de TVA incorrect ou inapplicable. Appliquer le taux normal de 20 % à des travaux de rénovation qui relèvent du taux de 10 % (CGI art. 279) expose le vendeur à une facture rectificative coûteuse et l'acheteur à une déduction erronée. Inversement, appliquer le taux réduit à des prestations relevant du taux normal (ex : consultations médicales non exonérées, cours particuliers non agréés) expose au redressement DGFiP. Vérifier systématiquement sur BOFiP (bofip.impots.gouv.fr) pour chaque type de prestation.
Erreur 3 - Omission du numéro SIREN ou TVA intracommunautaire. L'omission du SIREN ou du numéro TVA intracom prive le client de sa capacité à vérifier la régularité du prestataire et peut être rejetée par la DGFiP lors du contrôle. Pour les opérations intracommunautaires, l'absence du numéro TVA intracom du client peut annuler l'exonération TVA et obliger le vendeur à reverser la TVA française non collectée (CGI art. 262 ter I conditionné à la vérification du numéro du client).
Erreur 4 - Facture émise en devises étrangères sans conversion en euros. Les factures des assujettis français doivent exprimer la base d'imposition TVA en euros (CGI art. 266 II et art. 267). Pour les factures en devises (USD, GBP, CHF), la conversion doit s'effectuer au taux de change BCE du jour de l'exigibilité de la TVA. L'absence de conversion en euros ou l'utilisation d'un taux de change arbitraire expose au redressement TVA.
Erreur 5 - Micro-entrepreneur : omission de la mention franchise en base. L'émission d'une facture sans la mention 'TVA non applicable, art. 293 B du CGI' par un micro-entrepreneur en franchise de base est une erreur grave : si le client déduit la TVA figurant à tort sur la facture, il subira un redressement. Et si le micro-entrepreneur a facturé de la TVA sans la reverser, il sera tenu de la reverser intégralement à la DGFiP sur le fondement de l'article 283 al. 3 du CGI (TVA indûment facturée due). Cette double erreur coûte souvent plusieurs milliers d'euros en redressements cumulés.
Erreur 6 - Délai de paiement supérieur à 60 jours. Fixer dans les conditions de paiement un délai de 90 ou 120 jours contrevient à l'article L441-10 du Code de commerce (d'ordre public) et expose l'auteur à une sanction DGCCRF. Les clauses 'net 90 jours' ou 'net 120 jours' pratiquées par certains grands groupes envers leurs fournisseurs PME sont systématiquement sanctionnées lors des enquêtes sectorielles DGCCRF.
Erreur 7 - Facture modifiée ou altérée après émission. Toute modification d'une facture déjà émise et transmise au client (correction de montant, de taux, de désignation) doit passer par l'émission d'un avoir (note de crédit au sens du CGI art. 272) et, si nécessaire, d'une nouvelle facture de remplacement. Modifier directement une facture originale (par surimpression ou remplacement de fichier) peut être qualifié de faux en écriture privée (Code pénal art. 441-1, peine max 3 ans + 45 000 EUR amende).
Questions Fréquentes
Une facture professionnelle en France doit comporter toutes les mentions obligatoires fixées par le Code général des impôts art. 289 II : le numéro séquentiel unique et chronologique, la date d'émission, l'identification complète de l'émetteur (dénomination sociale, forme juridique, capital social, siège social, numéro SIREN, mention RCS, numéro TVA intracommunautaire), l'identification du client, la désignation précise des biens ou services avec quantités et prix unitaires HT, le taux de TVA applicable par ligne (20 % standard CGI art. 278, 10 % intermédiaire art. 279, 5,5 % réduit art. 278-0 bis, 2,1 % super-réduit art. 281 quater ou mention franchise en base art. 293 B), le montant de TVA, le total HT et TTC. S'ajoutent les mentions obligatoires du Code de commerce art. L441-9 II : la condition d'escompte ou mention 'Pas d'escompte', le taux d'intérêts de retard (minimum taux BCE + 10 points, exigibles de plein droit sans rappel), et l'indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement (décret n°2012-1115 du 2 octobre 2012). L'omission d'une mention entraîne le risque de rejet de la déduction TVA pour le client et une amende DGCCRF jusqu'à 2 millions EUR pour l'émetteur.
La numérotation des factures en France doit être séquentielle, chronologique et unique selon le CGI art. 289 II 1°. Cela signifie que chaque facture porte un numéro attribué dans l'ordre chronologique d'émission, sans saut ni doublon. La séquence peut intégrer un préfixe (année, année-mois) pour faciliter l'identification : 'FAC-2026-00001', 'FAC-2026-00002', etc. La série ne doit jamais être remise à zéro en cours d'exercice comptable. Pour les avoirs et notes de crédit, utiliser une série distincte (ex : 'AV-2026-00001') avec référence à la facture originale. En cas d'erreur de numérotation (saut de numéro, doublon), contacter immédiatement votre expert-comptable et documenter la correction. La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) considère toute rupture dans la séquence comme une présomption d'omission de recettes, susceptible de déclencher une vérification de comptabilité (VC) avec reconstitution extra-comptable du chiffre d'affaires.
Non, sauf s'il dépasse les seuils de franchise en base. Un micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) bénéficiant de la franchise en base de TVA (CGI art. 293 B) ne facture pas de TVA et doit porter obligatoirement la mention 'TVA non applicable, art. 293 B du CGI' sur ses factures à la place du taux et du montant de TVA. Les seuils 2025 de la franchise en base sont : 37 500 EUR de chiffre d'affaires pour les prestations de services (BNC et BIC services), et 85 000 EUR pour les ventes de marchandises et la fourniture de logement. Si le chiffre d'affaires dépasse ces seuils, l'assujettissement à la TVA est automatique dès le premier jour du mois de dépassement, et le micro-entrepreneur doit contacter son Service des Impôts des Entreprises (SIE — DGFiP) pour obtenir son numéro de TVA intracommunautaire et commencer à collecter et reverser la TVA. En cas de dépassement, les factures émises sans TVA depuis le dépassement doivent être rectifiées.
En France, les factures professionnelles doivent être conservées a minima pendant deux durées légales distinctes : 10 ans en droit commercial (Code de commerce art. L123-22 — délai de prescription pour les actions en responsabilité et les litiges contractuels) et 6 ans en droit fiscal (Livre des Procédures Fiscales art. L102 B — délai permettant à la Direction Générale des Finances Publiques d'exercer son droit de reprise en matière de TVA et d'impôts directs). En pratique, la plupart des experts-comptables recommandent de conserver toutes les factures pendant 10 ans pour couvrir l'intégralité des risques. Pour les factures électroniques, l'arrêté du 7 mars 2013 impose la conservation garantissant l'authenticité de l'origine, l'intégrité du contenu et la lisibilité pendant toute la durée de conservation. Les factures papier numérisées peuvent valoir comme originaux si la copie est certifiée conforme par un archivage numérique probant (NF Z 42-026). La DGFiP peut demander la présentation des factures dans le cadre d'une vérification de comptabilité (VC) jusqu'à l'expiration du délai de reprise de 3 ans (LPF art. L169), voire 10 ans en cas de fraude.
La facturation électronique entre entreprises françaises assujetties à la TVA devient progressivement obligatoire en France. Déjà obligatoire pour les fournisseurs des acheteurs publics depuis 2020 via Chorus Pro (ordonnance n°2014-697 du 26 juin 2014), elle sera généralisée à l'ensemble des transactions B2B domestiques selon le calendrier suivant : les grandes entreprises (CA > 1,5 milliard EUR) seront concernées à partir de septembre 2026 en réception, les ETI (CA entre 50 millions et 1,5 milliard EUR) dès le premier semestre 2026, et les PME-TPE à partir de 2027. Ce déploiement a été prévu par la loi de finances pour 2020 (art. 153) et sera opéré via le portail public de facturation (PPF) géré par la DGFiP ou via des Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP) accréditées. Les factures électroniques devront être au format structuré (UBL 2.1 ou CII D16B) ou hybride (Factur-X combinant PDF/A-3 et XML). Le e-reporting (transmission des données des transactions B2C et avec les non-résidents) accompagne ce dispositif. Se préparer dès maintenant en choisissant un logiciel de facturation compatible PDP.
Une facture déjà émise et transmise au client ne peut pas être modifiée directement : toute altération d'une facture originale peut constituer un faux en écriture privée au sens du Code pénal art. 441-1. La procédure légale impose d'émettre un avoir (note de crédit) référençant la facture erronée et une nouvelle facture correcte si nécessaire. L'avoir annule partiellement ou totalement la facture d'origine : pour une erreur sur le montant total, l'avoir porte sur le montant total TTC erroné et une nouvelle facture correcte est émise ; pour une erreur partielle (ligne incorrecte), l'avoir ne porte que sur le montant erroné. L'avoir régularise la TVA collectée par l'émetteur (CGI art. 272 I) et la TVA déduite par le client. Les numéros d'avoir doivent être séquentiels dans une série distincte (AV-2026-XXXXX) et référencer la facture originale. Si l'erreur porte sur le taux de TVA (ex : 20 % appliqué au lieu de 10 %), l'émetteur doit régulariser sa déclaration de TVA (CA3) du mois concerné. Consulter votre expert-comptable pour les régularisations complexes impliquant plusieurs exercices comptables.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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