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Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales ?

La convention de cession d'actions et de parts sociales est, en droit français, l'acte qui transfère la propriété de titres de société entre cédant et cessionnaire, régie par les articles L228-1, L221-13 et L227-14 du Code de commerce.

La convention de cession de titres française se distingue de la cession de fonds de commerce (acte par lequel le titulaire d'un fonds de commerce en transfère la propriété à un acquéreur, avec publicités obligatoires, droit de préemption de la commune, régime fiscal spécifique, formalités au Greffe et au SIE DGFiP) par le fait qu'elle porte sur les droits sociaux représentatifs du capital de la société détenant le fonds, et non sur les éléments constitutifs du fonds lui-même. Cette distinction est fondamentale : la cession de titres laisse la société cible intacte avec ses actifs, ses passifs, ses contrats, ses salariés et ses engagements, et l'acquéreur devient titulaire des droits sociaux représentatif du capital de la société qui continue d'exister.

La convention de cession comporte généralement deux parties complémentaires : la convention de cession proprement dite, par laquelle le cédant s'engage à céder et le cessionnaire à acquérir les titres au prix convenu sous conditions suspensives, et la convention de garantie d'actif et de passif (GAP), par laquelle le cédant garantit à l'acquéreur l'exactitude des déclarations faites sur la situation de la société cible (actif net, passifs non déclarés, litiges, conformité réglementaire). La GAP est l'élément le plus négocier dans les transactions M&À françaises, car elle permet à l'acquéreur de se retourner contre le cédant en cas de découverte post-closing de passifs non déclarés non indemnisés par le prix.

Les conditions de cession des actions différent selon la forme de la société. Pour les SA et SAS, les actions sont librement cessibles sauf clause d'agrément statutaire ou conventionnelle (Code com. L227-14 pour SAS), étant transmissibles par simple virement de compte à compte pour les titres au nominatif pur, ou par enregistrement dans les registres de la société après notification (Code com. L228-23 et suivants). Pour les SARL, les parts sociales sont soumises à l'agrément des autres associés en cas de cession à un tiers non associé (Code com. L223-14) selon une procédure formaliste (notification par acte d'huissier ou LRAR, assemblée générale dans les 3 mois). Pour les SNC, la cession de parts sociales requiert le consentement unanime des associés (Code com. L221-13).

La convention de cession de titres doit être enregistrée auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) de la DGFiP dans le mois suivant la date de signature (art. 635 CGI), avec paiement des droits d'enregistrement : 0,1% du prix de cession pour les actions de SA, SAS, SCA, plafonnes à 5 000 EUR par mutation (art. 726 CGI) ; 3% du prix de cession pour les parts sociales de SARL, SELARL, SCI, avec abattement de 23 000 EUR par part sociale (art. 726 CGI), soit un taux effectif de 3% après abattement. Ces droits d'enregistrement sont à la charge du cessionnaire sauf clause contraire. Voir également notre modèle fr-letter-of-intent-acquisition pour la lettre d'intention préalable et fr-pacte-actionnaires-startup pour le pacte d'actionnaires complémentaire.

Quand avez-vous besoin d'un Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales ?

La Convention de Cession d'Actions ou de Parts Sociales en France est nécessaire dans plusieurs situations de transfert de titres sociaux.

Cession totale ou majoritaire du capital (rachat d'entreprise). Lors de l'acquisition d'une PME, d'une startup ou d'une société de taille intermédiaire (ETI) par un acquéreur industriel, un fonds de private equity ou un repreneur individuel, la convention de cession porte sur 100% du capital ou sur une participation majoritaire. Le prix est généralement compose d'un prix initial fixe (basé sur l'enterprise value et l'equity value) et d'un éventuel complément de prix conditionnel (earn-out lié aux performances post-acquisition). La convention de cession comprend systématiquement une garantie de passif pour protéger l'acquéreur contre les passifs non déclarés.

Cession minoritaire dans le cadre d'une levée de fonds secondaire (secondary). Lors d'un secondary (rachat partiel des actions des fondateurs par un fonds de private equity en cours d'investissement dans la startup), la convention de cession porte sur un pourcentage du capital des fondateurs cedants et fixe le prix par action, la garantie de passif allégee (représentations limitées), et les conditions de rétention des fondateurs cedants (engagement de non-revente du solde pendant une période de lock-up).

Cession entre associés dans le cadre d'une réorganisation du capital. La convention de cession peut être utilisée pour reorganiser le capital d'une société entre associés existants : rachat des parts d'un associé sortant (retraite, désaccord stratégique, départ) par les associés restants ou par la société (rachat en vue d'annulation, sous réserve des conditions de l'article L227-18 pour les SAS et L223-34 pour les SARL), rachat d'une participation minoritaire non stratégique, cession des parts d'une holding à une personne physique dans le cadre d'une rationalisation patrimoniale.

Transmission familiale avec réduction des droits de succession. La cession de titres sociaux dans le cadre d'une transmission familiale (donation-cession à des enfants, cession entre conjoints avec régime matrimonial) bénéficie de régimes fiscaux spécifiques : abattement de 100 000 EUR par enfant tous les 15 ans (CGI art. 779), mécanisme de Pacte Dutreil pour les entreprises exploitées (CGI art. 787 B) permettant une exonération de 75% des droits de transmission sous conditions de conservation. La convention de cession est adaptée pour formaliser ces transmissions.

Que faut-il inclure dans votre Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales ?

La Convention de Cession d'Actions ou de Parts Sociales française comprend plusieurs clauses essentielles. Sur forms-legal.com, notre modèle gratuit de convention de cession est conforme aux pratiques des opérateurs M&À français et intègre les dispositions du Code de commerce et du CGI.

Identification des parties, des titres et de la société cible. La convention identifie précisément le(s) cédant(s) et le(s) cessionnaire(s) avec leur identité complète (nom, prénom, date de naissance, nationalité, domicile pour les personnes physiques ; dénomination, forme, capital, SIREN, siège, représentant légal pour les personnes morales). La description des titres cédés est essentielle : nombre d'actions ou de parts sociales, valeur nominale unitaire, catégorie des titres (actions ordinaires, actions de préférence Série À), numéro de compte titres ou de registre, pourcentage de capital et de droits de vote représente. La société cible est identifiée avec sa dénomination, forme, SIREN, siège, capital, activité.

Prix de cession et modalités de paiement. Le prix de cession est exprimé en toutes lettres et en chiffres pour éviter les contestations. Les modalités de paiement sont précisées : prix payable intégralement au closing, ou echele (acompte à la signature, solde au closing), ou avec earn-out conditionnel (complément de prix lié aux performances futures de la société). En cas d'earn-out, les critères de calcul (EBITDA, CA, jalons) et les modalités de vérification et de paiement sont détaillés avec précision pour éviter les contestations ultérieures.

Conditions suspensives et conditions résolutoires. Les conditions suspensives tipiques sont : l'obtention du financement de l'acquéreur, l'achèvement satisfaisant de la due diligence, l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires (autorisation de l'Autorité de la concurrence, autorisations sectorielles), la levée de la procédure d'information-consultation du CSE en cas d'obligation légale, l'absence de survenance d'un MAE (material adverse event — changement matériel défavorable affectant la société cible). Les conditions résolutoires (événements remettant en cause la convention après sa signature) sont limitées et précisément définies.

Garantie d'actif et de passif (GAP). La GAP est le cœur de la protection de l'acquéreur : par cette garantie, le cédant garantit l'exactitude de l'ensemble des déclarations et représentations faites sur la situation de la société cible à la date de référence (date de signing ou date de closing). La GAP couvre typiquement : l'exactitude des états financiers (comptes annuels certifies), l'absence de passifs non déclarés ou contingents au-dela d'un seuil de minimis, l'absence de litiges significatifs non déclarés, la conformité aux lois et règlements applicables (Code trav., fiscalité, environnement, RGPD), la validité des contrats significatifs, la titularité des brevets et droits de propriété intellectuelle, la conformité sociale (contrats de travail, cotisations URSSAF, retraite). La GAP prévoit un plafond de garantie (généralement 100% du prix de cession pour les PME, 20-50% pour les grandes entreprises), un seuil de déclenchement (franchise absolue ou relative), et une durée de garantie (3 ans pour les garanties fiscales et sociales, 18 à 24 mois pour les garanties commerciales).

Comment remplir votre Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales

Rédiger une Convention de Cession d'Actions ou de Parts Sociales en France nécessite une préparation rigoureuse et l'assistance de conseils spécialisés.

Étape 1 - Vérifier les conditions de cessibilité des titres. Avant de rédiger la convention, vérifier les conditions de cessibilité des titres de la société cible : clause d'agrément statutaire SAS (Code com. L227-14), clause d'agrément SARL (Code com. L223-14 — assemblée générale dans les 3 mois), consentement unanime des associés SNC (Code com. L221-13), exercice des droits de préemption prévus par le pacte d'actionnaires existant. S'assurer que le cédant respecte ces conditions avant de procéder à la cession.

Étape 2 - Fixer le prix et le mécanisme d'ajustement. Déterminer l'enterprise value et l'equity value avec les ajustements de prix nécessaires (trésorerie nette, dette financière nette, BFR normatif). Choisir le mécanisme de prix : prix fixe (fixed price), locked box (gel des comptes à une date de référence avec interdiction de leakage), ou complétion accounts (ajustement final sur la base de comptes établis à la date de closing). En cas d'earn-out, définir précisément les critères de performance et les modalités de calcul et de paiement.

Étape 3 - Négocier la garantie de passif. La négociation de la GAP est le cœur de la transaction M&À française. Cédant et cessionnaire négocient : l'étendue des représentations (ce qui est garanti), les exclusions (ce qui n'est pas garanti — faits connus, faits post-closing), le plafond de garantie (montant maximum de la garantie), le seuil de déclenchement (franchise en dessous de laquelle les réclamations ne sont pas prises en compte), la durée (généralement 18-36 mois pour les garanties commerciales, 5-7 ans pour les garanties fiscales et sociales). Le cédant peut souscrire une assurance représentation and warranty (insurance GAP) pour transférer le risque de garantie à une assurance.

Étape 4 - Organiser le closing. Établir un checklist de closing comprenant : signature des actes par toutes les parties, versement du prix de cession, transfert formel des titres (ordre de mouvement d'actions pour les SA/SAS, acte de cession enregistre auprès de la DGFiP dans le mois pour les parts sociales SARL), mise à jour du registre des actionnaires ou des associés de la société, enregistrement de la cession auprès du SIE DGFiP dans le mois, et immatriculation modificative au RCS si changement de dirigeant.

Étape 5 - Accomplir les formalités post-closing. Dans le mois suivant la signature, déposer la convention de cession au SIE DGFiP pour enregistrement et paiement des droits (0,1% plafonnes à 5 000 EUR pour les actions, 3% pour les parts sociales avec abattement 23 000 EUR par part). Mettre à jour le registre des actionnaires ou des associés. Si la cession entraîne un changement de dirigeant, déposer le dossier modificatif au Greffe via Guichet unique INPI.

Erreurs courantes à éviter dans votre Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales

Plusieurs erreurs affectent les Conventions de Cession d'Actions ou de Parts Sociales en France et peuvent être sources de litiges post-closing.

Erreur 1 - Négliger les formalités d'agrément pour les parts sociales SARL. La cession de parts sociales de SARL à un tiers sans respecter la procédure d'agrément légale (Code com. L223-14) est inopposable à la SARL et aux autres associés. Le cessionnaire peut se retrouver dans une situation de titulaire de droits non reconnus par la société. Bonne pratique : vérifier systématiquement les statuts de la SARL et respecter la procédure d'agrément avant toute cession à un tiers.

Erreur 2 - Rédiger une garantie de passif trop vague. Une GAP sans liste précise des représentations garanties, sans plafond et seuil clairement déterminés, et sans durée précise est source de litiges importants. La Cour de cassation à développé une jurisprudence abondante sur l'interprétation des GAP en droit français, généralement en faveur d'une interprétation restrictive des exclusions revendiquees par le cédant. Bonne pratique : rédiger une GAP avec des représentations exhaustives, des exclusions limitatives et un plafond/seuil clairement déterminés.

Erreur 3 - Omettre l'enregistrement de la cession auprès du SIE DGFiP. L'enregistrement de la convention de cession auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) dans le mois suivant la signature est obligatoire pour les parts sociales de SARL (sous peine de sanctions fiscales et de non-opposabilité en cas de litige). Pour les actions de SA ou SAS, l'enregistrement est obligatoire pour les droits d'enregistrement (0,1% plafonnes à 5 000 EUR). Bonne pratique : intégrer systématiquement les formalités fiscales post-closing dans le calendrier de clôture.

Erreur 4 - Mal gérer l'earn-out post-closing. Les earn-outs mal rédigés (critères de performance vagues, période de mesure ambiguë, obligations de l'acquéreur de ne pas modifier la gestion de la société cible non specifiees) sont fréquemment sources de litiges entre cédant et cessionnaire. La Chambre commerciale de la Cour de cassation à jugé que l'acquéreur avait une obligation de bonne foi dans la gestion de la société cible pendant la période d'earn-out (Cass. com. 19 octobre 2010, n°09-13.163). Bonne pratique : définir précisément les critères d'earn-out et les obligations de gestion de l'acquéreur pour préserver les conditions de réalisation de l'earn-out.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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