Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales
Qu'est-ce qu'un Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales ?
La convention de cession d'actions et de parts sociales est, en droit français, l'acte qui transfère la propriété de titres de société entre cédant et cessionnaire, régie par les articles L228-1, L221-13 et L227-14 du Code de commerce.
La convention de cession de titres française se distingue de la cession de fonds de commerce (acte par lequel le titulaire d'un fonds de commerce en transfère la propriété à un acquéreur, avec publicités obligatoires, droit de préemption de la commune, régime fiscal spécifique, formalités au Greffe et au SIE DGFiP) par le fait qu'elle porte sur les droits sociaux représentatifs du capital de la société détenant le fonds, et non sur les éléments constitutifs du fonds lui-même. Cette distinction est fondamentale : la cession de titres laisse la société cible intacte avec ses actifs, ses passifs, ses contrats, ses salariés et ses engagements, et l'acquéreur devient titulaire des droits sociaux représentatif du capital de la société qui continue d'exister.
La convention de cession comporte généralement deux parties complémentaires : la convention de cession proprement dite, par laquelle le cédant s'engage à céder et le cessionnaire à acquérir les titres au prix convenu sous conditions suspensives, et la convention de garantie d'actif et de passif (GAP), par laquelle le cédant garantit à l'acquéreur l'exactitude des déclarations faites sur la situation de la société cible (actif net, passifs non déclarés, litiges, conformité réglementaire). La GAP est l'élément le plus négocier dans les transactions M&À françaises, car elle permet à l'acquéreur de se retourner contre le cédant en cas de découverte post-closing de passifs non déclarés non indemnisés par le prix.
Les conditions de cession des actions différent selon la forme de la société. Pour les SA et SAS, les actions sont librement cessibles sauf clause d'agrément statutaire ou conventionnelle (Code com. L227-14 pour SAS), étant transmissibles par simple virement de compte à compte pour les titres au nominatif pur, ou par enregistrement dans les registres de la société après notification (Code com. L228-23 et suivants). Pour les SARL, les parts sociales sont soumises à l'agrément des autres associés en cas de cession à un tiers non associé (Code com. L223-14) selon une procédure formaliste (notification par acte d'huissier ou LRAR, assemblée générale dans les 3 mois). Pour les SNC, la cession de parts sociales requiert le consentement unanime des associés (Code com. L221-13).
La convention de cession de titres doit être enregistrée auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) de la DGFiP dans le mois suivant la date de signature (art. 635 CGI), avec paiement des droits d'enregistrement : 0,1% du prix de cession pour les actions de SA, SAS, SCA, plafonnes à 5 000 EUR par mutation (art. 726 CGI) ; 3% du prix de cession pour les parts sociales de SARL, SELARL, SCI, avec abattement de 23 000 EUR par part sociale (art. 726 CGI), soit un taux effectif de 3% après abattement. Ces droits d'enregistrement sont à la charge du cessionnaire sauf clause contraire. Voir également notre modèle fr-letter-of-intent-acquisition pour la lettre d'intention préalable et fr-pacte-actionnaires-startup pour le pacte d'actionnaires complémentaire.
Quand avez-vous besoin d'un Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales ?
La Convention de Cession d'Actions ou de Parts Sociales en France est nécessaire dans plusieurs situations de transfert de titres sociaux.
Cession totale ou majoritaire du capital (rachat d'entreprise). Lors de l'acquisition d'une PME, d'une startup ou d'une société de taille intermédiaire (ETI) par un acquéreur industriel, un fonds de private equity ou un repreneur individuel, la convention de cession porte sur 100% du capital ou sur une participation majoritaire. Le prix est généralement compose d'un prix initial fixe (basé sur l'enterprise value et l'equity value) et d'un éventuel complément de prix conditionnel (earn-out lié aux performances post-acquisition). La convention de cession comprend systématiquement une garantie de passif pour protéger l'acquéreur contre les passifs non déclarés.
Cession minoritaire dans le cadre d'une levée de fonds secondaire (secondary). Lors d'un secondary (rachat partiel des actions des fondateurs par un fonds de private equity en cours d'investissement dans la startup), la convention de cession porte sur un pourcentage du capital des fondateurs cedants et fixe le prix par action, la garantie de passif allégee (représentations limitées), et les conditions de rétention des fondateurs cedants (engagement de non-revente du solde pendant une période de lock-up).
Cession entre associés dans le cadre d'une réorganisation du capital. La convention de cession peut être utilisée pour reorganiser le capital d'une société entre associés existants : rachat des parts d'un associé sortant (retraite, désaccord stratégique, départ) par les associés restants ou par la société (rachat en vue d'annulation, sous réserve des conditions de l'article L227-18 pour les SAS et L223-34 pour les SARL), rachat d'une participation minoritaire non stratégique, cession des parts d'une holding à une personne physique dans le cadre d'une rationalisation patrimoniale.
Transmission familiale avec réduction des droits de succession. La cession de titres sociaux dans le cadre d'une transmission familiale (donation-cession à des enfants, cession entre conjoints avec régime matrimonial) bénéficie de régimes fiscaux spécifiques : abattement de 100 000 EUR par enfant tous les 15 ans (CGI art. 779), mécanisme de Pacte Dutreil pour les entreprises exploitées (CGI art. 787 B) permettant une exonération de 75% des droits de transmission sous conditions de conservation. La convention de cession est adaptée pour formaliser ces transmissions.
Que faut-il inclure dans votre Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales ?
La Convention de Cession d'Actions ou de Parts Sociales française comprend plusieurs clauses essentielles. Sur forms-legal.com, notre modèle gratuit de convention de cession est conforme aux pratiques des opérateurs M&À français et intègre les dispositions du Code de commerce et du CGI.
Identification des parties, des titres et de la société cible. La convention identifie précisément le(s) cédant(s) et le(s) cessionnaire(s) avec leur identité complète (nom, prénom, date de naissance, nationalité, domicile pour les personnes physiques ; dénomination, forme, capital, SIREN, siège, représentant légal pour les personnes morales). La description des titres cédés est essentielle : nombre d'actions ou de parts sociales, valeur nominale unitaire, catégorie des titres (actions ordinaires, actions de préférence Série À), numéro de compte titres ou de registre, pourcentage de capital et de droits de vote représente. La société cible est identifiée avec sa dénomination, forme, SIREN, siège, capital, activité.
Prix de cession et modalités de paiement. Le prix de cession est exprimé en toutes lettres et en chiffres pour éviter les contestations. Les modalités de paiement sont précisées : prix payable intégralement au closing, ou echele (acompte à la signature, solde au closing), ou avec earn-out conditionnel (complément de prix lié aux performances futures de la société). En cas d'earn-out, les critères de calcul (EBITDA, CA, jalons) et les modalités de vérification et de paiement sont détaillés avec précision pour éviter les contestations ultérieures.
Conditions suspensives et conditions résolutoires. Les conditions suspensives tipiques sont : l'obtention du financement de l'acquéreur, l'achèvement satisfaisant de la due diligence, l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires (autorisation de l'Autorité de la concurrence, autorisations sectorielles), la levée de la procédure d'information-consultation du CSE en cas d'obligation légale, l'absence de survenance d'un MAE (material adverse event — changement matériel défavorable affectant la société cible). Les conditions résolutoires (événements remettant en cause la convention après sa signature) sont limitées et précisément définies.
Garantie d'actif et de passif (GAP). La GAP est le cœur de la protection de l'acquéreur : par cette garantie, le cédant garantit l'exactitude de l'ensemble des déclarations et représentations faites sur la situation de la société cible à la date de référence (date de signing ou date de closing). La GAP couvre typiquement : l'exactitude des états financiers (comptes annuels certifies), l'absence de passifs non déclarés ou contingents au-dela d'un seuil de minimis, l'absence de litiges significatifs non déclarés, la conformité aux lois et règlements applicables (Code trav., fiscalité, environnement, RGPD), la validité des contrats significatifs, la titularité des brevets et droits de propriété intellectuelle, la conformité sociale (contrats de travail, cotisations URSSAF, retraite). La GAP prévoit un plafond de garantie (généralement 100% du prix de cession pour les PME, 20-50% pour les grandes entreprises), un seuil de déclenchement (franchise absolue ou relative), et une durée de garantie (3 ans pour les garanties fiscales et sociales, 18 à 24 mois pour les garanties commerciales).
Comment remplir votre Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales
Rédiger une Convention de Cession d'Actions ou de Parts Sociales en France nécessite une préparation rigoureuse et l'assistance de conseils spécialisés.
Étape 1 - Vérifier les conditions de cessibilité des titres. Avant de rédiger la convention, vérifier les conditions de cessibilité des titres de la société cible : clause d'agrément statutaire SAS (Code com. L227-14), clause d'agrément SARL (Code com. L223-14 — assemblée générale dans les 3 mois), consentement unanime des associés SNC (Code com. L221-13), exercice des droits de préemption prévus par le pacte d'actionnaires existant. S'assurer que le cédant respecte ces conditions avant de procéder à la cession.
Étape 2 - Fixer le prix et le mécanisme d'ajustement. Déterminer l'enterprise value et l'equity value avec les ajustements de prix nécessaires (trésorerie nette, dette financière nette, BFR normatif). Choisir le mécanisme de prix : prix fixe (fixed price), locked box (gel des comptes à une date de référence avec interdiction de leakage), ou complétion accounts (ajustement final sur la base de comptes établis à la date de closing). En cas d'earn-out, définir précisément les critères de performance et les modalités de calcul et de paiement.
Étape 3 - Négocier la garantie de passif. La négociation de la GAP est le cœur de la transaction M&À française. Cédant et cessionnaire négocient : l'étendue des représentations (ce qui est garanti), les exclusions (ce qui n'est pas garanti — faits connus, faits post-closing), le plafond de garantie (montant maximum de la garantie), le seuil de déclenchement (franchise en dessous de laquelle les réclamations ne sont pas prises en compte), la durée (généralement 18-36 mois pour les garanties commerciales, 5-7 ans pour les garanties fiscales et sociales). Le cédant peut souscrire une assurance représentation and warranty (insurance GAP) pour transférer le risque de garantie à une assurance.
Étape 4 - Organiser le closing. Établir un checklist de closing comprenant : signature des actes par toutes les parties, versement du prix de cession, transfert formel des titres (ordre de mouvement d'actions pour les SA/SAS, acte de cession enregistre auprès de la DGFiP dans le mois pour les parts sociales SARL), mise à jour du registre des actionnaires ou des associés de la société, enregistrement de la cession auprès du SIE DGFiP dans le mois, et immatriculation modificative au RCS si changement de dirigeant.
Étape 5 - Accomplir les formalités post-closing. Dans le mois suivant la signature, déposer la convention de cession au SIE DGFiP pour enregistrement et paiement des droits (0,1% plafonnes à 5 000 EUR pour les actions, 3% pour les parts sociales avec abattement 23 000 EUR par part). Mettre à jour le registre des actionnaires ou des associés. Si la cession entraîne un changement de dirigeant, déposer le dossier modificatif au Greffe via Guichet unique INPI.
Exigences juridiques pour Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales
La Convention de Cession d'Actions ou de Parts Sociales en France est soumise à plusieurs obligations légales formelles selon la forme sociale de la société cible.
Formalités de cession des actions de SA et SAS (Code com. L228-23 et suivants). La cession d'actions de SA et de SAS est réalisée par un ordre de mouvement sign par le cédant, inscrit au registre des mouvements de titres tenu par la société, entraînent le transfert de propriété. Pour les actions inscrites en compte nominatif pur chez un intermédiaire financier (Euroclear pour les titres cotes), la cession est réalisée par virement de compte à compte selon les règles de la chambre de compensation. Aucune formalité d'enregistrement obligatoire n'est requise pour les cessions d'actions, mais le paiement des droits d'enregistrement (0,1% plafonnes à 5 000 EUR par mutation, art. 726 CGI) est obligatoire dans le mois suivant la signature.
Formalités de cession des parts sociales de SARL (Code com. L223-14). La cession de parts sociales de SARL à un tiers non associé requiert l'agrément préalable des associés représentant au moins la moitié des parts sociales (sauf clause statutaire plus restrictive). La procédure comporte : notification du projet de cession par acte d'huissier ou LRAR au gérant de la SARL et à chaque associe, convocation d'une assemblée générale dans les 3 mois pour se prononcer sur l'agrément, et, en cas de refus d'agrément, obligation pour les associés ou la société de racheter les parts au prix convenu ou au prix fixé par expert (Code civil 1843-4) dans les 3 mois suivant le refus. La cession doit être constatée par écrit et déposée au Greffe via Guichet unique INPI (publicité obligatoire, art. L223-16). Droits d'enregistrement : 3% du prix avec abattement de 23 000 EUR par part sociale (art. 726 CGI).
Information-consultation du CSE (art. L2312-37 Code trav.). Pour les sociétés de 50 salariés et plus, la cession de contrôle impose l'information-consultation préalable du CSE avant la réalisation du transfert des titres. La procédure comprend deux réunions du CSE (Code trav. L2312-40) avec un délai global de 2 mois maximum. Le non-respect est sanctionné par la nullité de la cession (Code trav. L2312-54) et par une infraction pénale (Code trav. L2317-1). Cette obligation doit être intégrée dans le calendrier de la transaction M&À.
Contrôle des concentrations (Code com. L430-1 à L430-10). Pour les cessions de contrôle dépassant les seuils de notification (CA mondial total des parties > 150 millions EUR et CA individuel France de chacune d'au moins deux parties > 50 millions EUR), la concentration doit être notifiée à l'Autorité de la concurrence avant la réalisation. La convention de cession prévoit une condition suspensive d'autorisation de l'Autorité de la concurrence.
Erreurs courantes à éviter dans votre Convention de Cession d'Actions et de Parts Sociales
Plusieurs erreurs affectent les Conventions de Cession d'Actions ou de Parts Sociales en France et peuvent être sources de litiges post-closing.
Erreur 1 - Négliger les formalités d'agrément pour les parts sociales SARL. La cession de parts sociales de SARL à un tiers sans respecter la procédure d'agrément légale (Code com. L223-14) est inopposable à la SARL et aux autres associés. Le cessionnaire peut se retrouver dans une situation de titulaire de droits non reconnus par la société. Bonne pratique : vérifier systématiquement les statuts de la SARL et respecter la procédure d'agrément avant toute cession à un tiers.
Erreur 2 - Rédiger une garantie de passif trop vague. Une GAP sans liste précise des représentations garanties, sans plafond et seuil clairement déterminés, et sans durée précise est source de litiges importants. La Cour de cassation à développé une jurisprudence abondante sur l'interprétation des GAP en droit français, généralement en faveur d'une interprétation restrictive des exclusions revendiquees par le cédant. Bonne pratique : rédiger une GAP avec des représentations exhaustives, des exclusions limitatives et un plafond/seuil clairement déterminés.
Erreur 3 - Omettre l'enregistrement de la cession auprès du SIE DGFiP. L'enregistrement de la convention de cession auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) dans le mois suivant la signature est obligatoire pour les parts sociales de SARL (sous peine de sanctions fiscales et de non-opposabilité en cas de litige). Pour les actions de SA ou SAS, l'enregistrement est obligatoire pour les droits d'enregistrement (0,1% plafonnes à 5 000 EUR). Bonne pratique : intégrer systématiquement les formalités fiscales post-closing dans le calendrier de clôture.
Erreur 4 - Mal gérer l'earn-out post-closing. Les earn-outs mal rédigés (critères de performance vagues, période de mesure ambiguë, obligations de l'acquéreur de ne pas modifier la gestion de la société cible non specifiees) sont fréquemment sources de litiges entre cédant et cessionnaire. La Chambre commerciale de la Cour de cassation à jugé que l'acquéreur avait une obligation de bonne foi dans la gestion de la société cible pendant la période d'earn-out (Cass. com. 19 octobre 2010, n°09-13.163). Bonne pratique : définir précisément les critères d'earn-out et les obligations de gestion de l'acquéreur pour préserver les conditions de réalisation de l'earn-out.
Questions Fréquentes
Les droits d'enregistrement applicables à une cession de titres sociaux en France sont calculés selon la forme de la société cible. Pour les cessions d'actions de SA, SAS, SCA et autres sociétés par actions : le taux est de 0,1% du prix de cession, avec un plafonnement à 5 000 EUR par mutation (art. 726 du Code général des impôts). Ce plafond de 5 000 EUR limite significativement le coût d'enregistrement des grandes transactions. Pour les cessions de parts sociales de SARL, SCI, SNC et autres sociétés non par actions : le taux est de 3% du prix de cession, avec un abattement de 23 000 EUR divisé par le nombre total de parts sociales en capital (art. 726 CGI). Cet abattement proportionnel réduit l'assiette taxable en pratique. Les droits d'enregistrement sont dus par le cessionnaire (acquéreur) sauf clause contraire dans la convention de cession. Le paiement est effectué lors du dépôt de la convention auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) compétent dans le mois suivant la date de signature, sous peine de majoration de 10% (art. 1728 CGI).
La garantie d'actif et de passif (GAP) est une convention autonome ou une clause de la convention de cession par laquelle le cédant s'engage à indemniser le cessionnaire si la situation réelle de la société cible s'avéré inférieure à celle déclarée par le cédant au moment de la transaction. La GAP protège l'acquéreur contre les passifs non déclarés découverts après le closing : redressement fiscal pour des exercices antérieurs, condamnation dans un litige social non déclaré, passif environnemental cache, dette fournisseur non provisionnée. En France, la GAP est systématiquement utilisée dans les transactions M&À car la cession de titres ne transfère pas les obligations personnelles du cédant en cas d'inexactitude des déclarations : l'acquéreur acquiert la société telle qu'elle est, y compris ses passifs connus et inconnus. Sans GAP, l'acquéreur ne disposerait que du recours en dol ou en vice cache qui est difficile à prouver. La Cour de cassation (Chambre commerciale) admet la validité des GAP et leur interprétation contractuelle stricte selon les termes convenus. Les caractéristiques clés d'une GAP efficace : représentations exhaustives couvrant la fiscalité, le social, les contrats, les litiges et la propriété intellectuelle ; plafond de garantie (généralement 100% du prix pour les PME) ; franchise absolue ou relative ; durée de 18 à 36 mois pour les garanties commerciales, 5-7 ans pour les garanties fiscales et sociales.
La cession de contrôle d'une société employant 50 salariés ou plus imposé au cédant et/ou à l'employeur-cédant de respecter la procédure d'information-consultation du comité social et économique (CSE) prévue aux articles L2312-37 à L2312-54 du Code du travail. Cette obligation s'applique avant la réalisation effective de la cession, c'est-à-dire avant le transfert de propriété des titres (closing). La procédure comprend : une première réunion du CSE d'information sur le projet de cession et l'identité du cessionnaire ; une deuxième réunion du CSE pour recueillir l'avis motive du CSE sur la cession ; un délai maximum d'un mois entre les deux réunions (2 mois si le CSE à mandaté un expert-comptable aux frais de l'employeur). Le CSE peut mandater un expert-comptable de son choix pour l'assister dans l'analysé du projet de cession. Le non-respect de cette procédure est sanctionné par la nullité de la cession (Code trav. L2312-54) et par une infraction pénale punissable de 3 750 EUR d'amende (Code trav. L2317-1). Bonne pratique : intégrer un délai minimum de 2 à 3 mois pour la procédure CSE dans le calendrier de la transaction M&À.
La procédure d'agrément pour la cession de parts sociales de SARL à un tiers non associé est encadrée par l'article L223-14 du Code de commerce. La procédure se déroule en plusieurs étapes. Première étape : le cédant notifie son projet de cession par acte d'huissier (ou LRAR selon les statuts) au gérant de la SARL et à chaque associe, en mentionnant l'identité de l'acquéreur envisage, le nombre et le prix des parts cédés. Deuxième étape : l'assemblée générale des associés doit se prononcer sur l'agrément dans un délai de 3 mois suivant la notification (statuts peuvent prévoir un délai plus court). La majorité requise est la majorité ordinaire sauf clause statutaire plus restrictive. Troisième étape : en cas d'agrément, la cession peut être réalisée aux conditions notifiées. Quatrième étape : en cas de refus d'agrément, les associés restants ou la société ont l'obligation de racheter les parts du cédant au prix convenu ou au prix fixé par expertise indépendante (Code civil 1843-4) dans les 3 mois suivant le refus. Si les associés ne rachetent pas les parts dans ce délai, l'agrément est reputé accordé (art. L223-14 al. 3). La cession de parts sociales de SARL entre associés existants est libre sauf clause statutaire d'agrément plus restrictive. La cession entre conjoints, ascendants ou descendants est également libre (sauf clause statutaire contraire).
La cession d'actions (ou de parts sociales) et la cession de fonds de commerce sont deux modalités de transmission d'entreprise radicalement différentes en droit français. La cession d'actions transfère la propriété des droits sociaux représentant le capital de la société : l'acquéreur devient actionnaire de la société qui continue d'exister avec tous ses actifs, passifs, contrats, salariés et engagements. Les contrats ne sont pas transférés (ils demeurent dans la société). Les droits d'enregistrement sont faibles (0,1% plafonnes à 5 000 EUR pour les actions). Il n'y à pas de droit de préemption municipal. La responsabilité du cédant est limitée à la garantie de passif (GAP) négociée. La cession de fonds de commerce transfère les éléments du fonds eux-mêmes (clientèle, enseigne, droit au bail, matériel, stocks) mais pas la société qui les exploité. Les contrats en cours (sauf le bail commercial) ne sont pas automatiquement transférés. Les droits d'enregistrement sont plus élevés (0% jusqu'à 23 000 EUR, 3% de 23 000 à 200 000 EUR, 5% au-dela selon art. 719 CGI). La commune dispose d'un droit de préemption commercial dans les perimtres de sauvegarde du commerce et de l'artisanat (art. L214-1 Code urbanisme). La publication dans un JAL et au BODACC est obligatoire. L'option entre cession d'actions et cession de fonds de commerce dépend principalement des considérations fiscales (régime de plus-value), de la structure des passifs de la société, et de la sécurisation des contrats et du bail commercial.
L'earn-out est un complément de prix conditionnel payé par l'acquéreur au cédant si la société cible réalisé des performances définies dans la convention de cession pendant une période post-acquisition déterminée (généralement 1 à 3 ans). L'earn-out permet d'aligner les intérêts du cédant (souvent le dirigeant-vendeur qui reste en place) avec ceux de l'acquéreur en conditionnant une partie du prix à la confirmation des performances futures de la ciblé. Les critères typiques d'earn-out en France sont : le chiffré d'affaires (CA) additionnel réalisé par rapport à une base de référence, l'EBITDA (résultats avant intérêts, impôts, amortissements) dépassant un seuil convenu, la signature de nouveaux contrats avec clients stratégiques identifies, ou la réalisation de jalons opérationnels (lancement d'un produit, obtention d'un brevet, atteinte d'un nombre d'utilisateurs). La Chambre commerciale de la Cour de cassation (Cass. com. 19 octobre 2010, n°09-13.163) impose à l'acquéreur une obligation de bonne foi dans la gestion de la société pendant la période d'earn-out, interdisant les modifications de périmètre visant à réduire artificiellement les critères de performance. L'earn-out peut représenter 10% à 30% du prix total de cession.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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