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Sommation de Paiement

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Sommation de Paiement ?

La Sommation de Paiement en Belgique est régie par Code civil belge art. 1153 (intérêts moratoires obligations pécuniaires) et formalise par écrit la position de son auteur dans le cadre d'une relation d'affaires belge.

La sommation de paiement peut être adressée de deux manières en Belgique. La première forme, la plus solennelle et la plus efficace juridiquement, est la signification par exploit d'huissier de justice (gerechtsdeurwaarder). L'huissier de justice dresse un acte authentique (l'exploit) qui est remis en main propre au débiteur ou déposé à son domicile ou siège social selon les règles du Code judiciaire. L'exploit d'huissier a une force probante supérieure à une lettre recommandée et constitue un titre dont la date est certaine et incontestable. Une sommation signifiée par huissier interrompt la prescription de la créance au sens strict de l'art. 2244 de l'ancien Code civil belge, ce qu'une simple lettre recommandée ne fait pas. La deuxième forme est l'envoi par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), moins coûteuse et plus rapide, suffisante pour la plupart des créances commerciales courantes. Cette forme est admise comme preuve de la demande de paiement, fait courir les intérêts moratoires (art. 1153 CC ancien), et peut constituer la base d'une injonction de payer si le créancier dispose d'un contrat ou d'une facture acceptée.

La procédure d'injonction de payer (injunctie tot betaling) prévue par les arts. 1338 à 1352 du Code judiciaire est étroitement liée à la sommation de paiement. L'injonction de payer est une procédure non contradictoire (ex parte) permettant au Président du Tribunal de l'entreprise (anciennement : Président du Tribunal de commerce) de délivrer rapidement un titre exécutoire pour une créance commerciale certaine, liquide et exigible. La procédure requiert : (1) une requête du créancier avec les pièces justificatives (contrat, factures, sommation restée sans effet), (2) un ordre de payer rendu par le Président (sans que le débiteur soit entendu), (3) une signification de l'ordonnance au débiteur par huissier de justice, (4) un délai d'opposition du débiteur de 15 jours à partir de la signification. Si aucune opposition n'est formée, l'ordonnance devient définitive et exécutoire, permettant la saisie des biens du débiteur.

Les créances éligibles à la sommation de paiement et à la procédure d'injonction de payer en Belgique sont les créances (1) certaines : dont l'existence n'est pas sérieusement contestée, (2) liquides : dont le montant est déterminé ou déterminable précisément (montant en EUR), et (3) exigibles : dont l'échéance est passée. Des exemples typiques de telles créances : factures de vente de marchandises ou de services B2B impayées à l'échéance, loyers commerciaux impayés, remboursement d'un prêt commercial (échéances impayées), indemnité contractuelle (clause pénale) exigible après manquement avéré, créances d'honoraires professionnels (avocat, comptable, consultant) impayées. Les créances contestées ou dont le montant est incertain ne sont pas éligibles à la procédure d'injonction de payer et doivent être soumises au Tribunal de l'entreprise en procédure contradictoire normale.

Formes-legal.com vous propose ce modèle de Sommation de Paiement belge entièrement conforme aux exigences du droit du recouvrement belge, incluant les mentions obligatoires pour l'application des intérêts de retard au taux légal ou au taux B2B, la désignation du tribunal compétent, et les délais requis avant la saisine de la juridiction.

Quand avez-vous besoin d'un Sommation de Paiement ?

La Sommation de Paiement belge est nécessaire ou fortement recommandée dans les situations suivantes.

Non-paiement de factures commerciales B2B après échéance. Pour toute facture commerciale impayée à son échéance dans un contrat entre professionnels (B2B), la sommation de paiement est l'acte formalisé de recouvrement amiable ultime avant la procédure judiciaire. Sous la Loi du 2 août 2002 sur les retards de paiement, les intérêts de retard courent automatiquement dès le lendemain du délai de paiement contractuel (ou dès 30 jours si aucun délai n'est prévu). Une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 EUR est également exigible de plein droit. La sommation de paiement permet de formaliser et de documenter la demande, d'identifier le débiteur de mauvaise foi (qui refuse sciemment de payer), et de constituer le dossier justificatif nécessaire pour la procédure d'injonction de payer (arts. 1338 à 1352 du Code judiciaire).

Non-paiement de loyers commerciaux. Lorsqu'un locataire commercial ne paie pas ses loyers échus (bail commercial régi par la Loi du 30 avril 1951 sur les baux commerciaux), le bailleur utilise la sommation de paiement comme premier acte formel avant la résiliation du bail pour faute et l'expulsion. Pour les litiges de bail commercial supérieurs à 5.000 EUR, le Tribunal de l'entreprise est compétent à Bruxelles et dans les grandes villes. La sommation signifiée par huissier de justice est particulièrement recommandée car elle constitue la preuve certaine de la demande de paiement et de la date à laquelle le débiteur a été mis en demeure.

Recouvrement d'honoraires professionnels. Avocats, experts-comptables, conseillers fiscaux, consultants en management, architectes et autres professionnels libéraux en Belgique ont fréquemment recours à la sommation de paiement pour recouvrer leurs honoraires impayés. La sommation est adressée au client défaillant, mentionnant les états d'honoraires impayés avec leurs références et montants, le taux d'intérêt applicable (souvent contractuellement prévu dans les conditions générales), et la menace de la procédure d'injonction de payer ou d'une action devant le Tribunal de l'entreprise compétent.

Remboursement de prêts et créances financières. Pour les créances résultant de prêts entre professionnels ou de financement commercial (prêt interentreprises, découvert commercial, contrat de leasing commercial), la sommation de paiement est l'acte préalable à l'activation des clauses d'exigibilité anticipée et aux poursuites de recouvrement. Elle est souvent requise par les contrats de prêt comme condition préalable à la déchéance du terme (exigibilité de toutes les échéances futures).

Transactions avec des débiteurs étrangers. Lorsque le débiteur est une société étrangère ayant une activité en Belgique, la sommation de paiement signifiée par exploit d'huissier à l'adresse belge du débiteur (siège social belge ou succursale) constitue la base pour une procédure d'injonction de payer belge. Pour les créances transfrontalières intra-UE : la procédure européenne d'injonction de paiement (Règlement CE 1896/2006) peut également être utilisée.

Que faut-il inclure dans votre Sommation de Paiement ?

La Sommation de Paiement belge, pour être juridiquement efficace et préparer une éventuelle procédure d'injonction de payer, doit contenir les éléments suivants.

Identification précise et complète des parties. Le créancier (auteur de la sommation) est identifié par sa dénomination sociale complète telle qu'inscrite à la BCE (Banque-Carrefour des Entreprises), son numéro d'entreprise BCE, son adresse officielle du siège social, la qualité de l'auteur (gérant, administrateur, fondé de pouvoir). Le débiteur est identifié de manière aussi précise : dénomination sociale exacte (indispensable pour que la procédure d'injonction de payer aboutisse), numéro d'entreprise BCE, adresse officielle du siège social (telle qu'inscrite à la BCE, accessible sur economie.fgov.be). Une identification imprécise du débiteur (nom inexact, adresse périmée) est une des causes les plus fréquentes d'échec des procédures d'injonction de payer.

Description précise et chiffrée de la créance. La sommation de paiement doit mentionner : le montant principal de la créance (ex. : 8.750,00 EUR HTVA ou 10.587,50 EUR TTC), la base contractuelle ou légale (contrat de prestation de services du 15/01/2025, commande acceptée du 20/02/2025, etc.), les références de toutes les factures concernées (numéro de facture, date d'émission, date d'échéance, montant HT, TVA, TTC), les intérêts de retard déjà courus à la date de la sommation (taux légal ou taux B2B Loi 2 août 2002), l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 EUR (art. 6 de la Loi du 2 août 2002, si applicable pour les transactions B2B), les frais de sommation par huissier de justice (si applicable). Le total général réclamé doit être clairement exprimé en EUR avec le détail de sa composition.

Base juridique et références légales. La sommation de paiement belge doit faire référence aux dispositions légales applicables : pour les transactions commerciales B2B : Loi du 2 août 2002 concernant la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales (transposant la directive 2011/7/UE), art. 1153 de l'ancien Code civil belge (intérêts moratoires sur les obligations pécuniaires), conditions générales de vente ou de service contractuellement applicables. Cette référence aux dispositions légales démontre au débiteur que le créancier maîtrise ses droits et renforce le sérieux de la sommation. Des modèles conformes aux lois belges en vigueur sont disponibles sur forms-legal.com pour faciliter la rédaction.

Délai précis et coordonnées bancaires. La sommation doit accorder un délai de paiement précis au débiteur (généralement 8 à 15 jours à compter de la signification ou de la réception). Elle doit indiquer avec précision : le numéro de compte IBAN du créancier pour le paiement (ex. : BE12 3456 7890 1234), le BIC/SWIFT de la banque (ex. : GEBABEBB pour BNP Paribas Fortis), la communication structurée ou libre à mentionner lors du virement.

Menace expresse de la procédure judiciaire. La sommation de paiement doit clairement indiquer qu'à défaut de paiement dans le délai imparti, le créancier saisira sans autre délai : le Président du Tribunal de l'entreprise pour une ordonnance d'injonction de payer (procédure non contradictoire, arts. 1338 à 1352 du Code judiciaire), et/ou le Tribunal de l'entreprise compétent en procédure contradictoire normale selon les arts. 574 et suivants du Code judiciaire. La mention des frais judiciaires qui seront à la charge du débiteur condamné (indemnité de procédure, frais d'huissier d'exécution, intérêts judiciaires) renforce l'effet persuasif de la sommation.

Comment remplir votre Sommation de Paiement

La rédaction d'une Sommation de Paiement belge efficace passe par les étapes suivantes.

Étape 1 - Vérification de l'éligibilité de la créance. Avant de rédiger la sommation, vérifiez que votre créance est : certaine (existence non sérieusement contestée — vous disposez d'un contrat signé, d'une facture acceptée ou non contestée dans le délai légal), liquide (montant en EUR précisément déterminé), exigible (l'échéance de paiement est dépassée), non prescrite (délai de prescription non écoulé — 10 ans pour les créances commerciales selon l'art. 2262bis de l'ancien Code civil, mais des délais plus courts peuvent s'appliquer selon la nature de la créance).

Étape 2 - Identification complète et vérification du débiteur. Consultez la BCE (Banque-Carrefour des Entreprises) sur economie.fgov.be pour vérifier : la dénomination sociale exacte du débiteur, son numéro BCE, l'adresse officielle de son siège social, sa forme juridique et son statut (en activité, en liquidation, en faillite). Si la société débitrice est en procédure de faillite ou de réorganisation judiciaire (procédure RCEP — Réorganisation Judiciaire Continuité des Entreprises selon la Loi du 11 août 2017), adressez-vous à un avocat spécialisé en droit de l'insolvabilité pour les démarches appropriées auprès du curateur ou du juge délégué.

Étape 3 - Calcul précis des sommes dues. Établissez un décompte précis de votre créance : montant en principal (somme de toutes les factures impayées HT), TVA applicable (21 %, 12 % ou 6 % selon les cas), intérêts de retard courus depuis l'échéance de chaque facture : pour les transactions B2B sous la Loi du 2 août 2002 : taux BCE + 8 points semestriels (taux publié par la BNB), pro rata temporis depuis l'échéance. Exemple de calcul : facture de 5.000,00 EUR HTVA + TVA 21 % = 6.050,00 EUR TTC, échue le 01/03/2025, taux B2B semestriel 1/2026 = 5 % ; intérêts du 01/03/2025 au 24/05/2026 = 6.050 × 5 % × 450/365 = 373,63 EUR. Indemnité forfaitaire de recouvrement : 40 EUR de plein droit (art. 6 Loi 2/8/2002 pour les transactions B2B).

Étape 4 - Choix du mode d'envoi. Décidez du mode d'envoi selon l'importance de la créance et le risque de contestation : pour les créances inférieures à 5.000 EUR ou pour un premier rappel formalisé : lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) envoyée à l'adresse officielle de la BCE ; pour les créances importantes (au-delà de 5.000 EUR) ou si le débiteur est déjà en difficulté ou de mauvaise foi : signification par exploit d'huissier de justice (gerechtsdeurwaarder). Contactez un huissier de justice de l'arrondissement judiciaire du siège social du débiteur. La liste des huissiers de justice est accessible sur chambre-huissiers.be (Chambre nationale des huissiers de justice en Belgique).

Étape 5 - Rédaction et envoi de la sommation. Rédigez la sommation avec tous les éléments obligatoires (identification complète des parties, décompte précis, base légale, délai de paiement, IBAN, mention des poursuites judiciaires envisagées). Envoyez-la selon le mode choisi. Conservez toutes les preuves d'envoi et de réception. Notez dans votre agenda la date d'expiration du délai de paiement accordé.

Étape 6 - Suites en cas de non-paiement. Si le débiteur ne paie pas dans le délai imparti : préparez le dossier pour la procédure d'injonction de payer (requête selon l'art. 1338 du Code judiciaire, avec pièces justificatives : contrat, factures, sommation). Déposez la requête au greffe du Tribunal de l'entreprise de l'arrondissement judiciaire du débiteur. Le Président statue sur la requête dans un délai généralement de 2 à 8 semaines. L'ordonnance est ensuite signifiée au débiteur par huissier ; le débiteur a 15 jours pour former opposition. En l'absence d'opposition, l'ordonnance est exécutoire.

Erreurs courantes à éviter dans votre Sommation de Paiement

Les erreurs suivantes sont fréquentes dans les Sommations de Paiement en Belgique et doivent être évitées.

Erreur 1 - Identification inexacte du débiteur. Utiliser une dénomination sociale incomplète ou incorrecte du débiteur (ex. : écrire « Martin Construction » au lieu de « Martin Construction SA », ou « Dupont SPRL » au lieu de « Dupont & Associés SPRL » selon la BCE) peut invalider la procédure d'injonction de payer. Le Président du Tribunal peut refuser l'ordonnance si le débiteur ne peut être identifié avec certitude. Meilleure pratique : consultez systématiquement la BCE avant toute sommation pour copier-coller la dénomination sociale officielle exacte.

Erreur 2 - Omission de l'indemnité forfaitaire de recouvrement. Pour les transactions B2B sous la Loi du 2 août 2002, l'indemnité forfaitaire de 40 EUR par facture est due de plein droit (pas besoin de clause contractuelle). Beaucoup de créanciers l'oublient dans leur décompte, se privant ainsi d'un montant auquel ils ont légalement droit. Meilleure pratique : incluez toujours la ligne « Indemnité forfaitaire de recouvrement (art. 6 Loi 2/8/2002) : 40,00 EUR » dans votre décompte si la transaction est B2B.

Erreur 3 - Calcul erroné des intérêts de retard. Utiliser le mauvais taux d'intérêt (ex. : appliquer le taux légal civil à une créance B2B au lieu du taux Loi 2 août 2002 = BCE + 8 points, beaucoup plus élevé), ou calculer les intérêts depuis la date de la sommation plutôt que depuis l'échéance de la facture (pour les transactions B2B), réduit le montant réclamé et peut être perçu comme une maîtrise insuffisante des droits légaux. Meilleure pratique : vérifiez le taux B2B semestriel en vigueur sur le site de la BNB et calculez les intérêts depuis l'échéance de chaque facture.

Erreur 4 - Omission des pièces justificatives dans le dossier d'injonction de payer. La procédure d'injonction de payer (arts. 1338 à 1352 du Code judiciaire) exige que la requête soit accompagnée de toutes les pièces justificatives prouvant l'existence, la liquidité et l'exigibilité de la créance. Une requête sans contrat ou sans factures, ou sans preuve d'envoi de la sommation préalable, risque d'être rejetée par le Président. Meilleure pratique : conservez systématiquement toutes les pièces (contrat signé, factures, bons de commande, accusé de réception de la sommation) dès leur émission, classées par affaire.

Erreur 5 - Ignorer la situation financière du débiteur avant la procédure. Engager des frais judiciaires (frais de greffe, honoraires d'avocat, frais d'huissier) contre un débiteur déjà insolvable, en liquidation judiciaire ou en faillite est une erreur coûteuse. Si le débiteur est en procédure collective (faillite ou réorganisation judiciaire selon la Loi du 11 août 2017 — Code de droit économique, livre XX), les poursuites individuelles sont suspendues de plein droit pendant la procédure collective. Meilleure pratique : consultez le Moniteur belge et le BCE pour vérifier si le débiteur est en procédure collective avant de lancer une sommation coûteuse.

Sources et Citations

Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.

  1. art. 1153 CC

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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