Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant est un droit ouvert au père, ou au conjoint de la mère, pour s'absenter du travail après une naissance. Depuis la loi n°2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021 (entrée en vigueur le 1er juillet 2021), la durée totale maximale atteint 25 jours calendaires (32 en cas de naissance multiple). Pour en bénéficier, le salarié doit en faire la demande écrite à son employeur dans les délais légaux.
Legal basis: Code du travail art. L1225-35 + Code de la sécurité sociale art. L331-8 (Loi n°2021-1017 du 2 août 2021)
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Qu'est-ce que le congé de paternité et d'accueil de l'enfant
La France distingue deux composantes dans ce dispositif. La première est un congé de naissance de courte durée, dont le bénéfice est immédiat à la naissance. La seconde, plus longue, correspond au congé de paternité proprement dit, pris dans un délai à respecter à compter de la naissance.
L'article L1225-35 du Code du travail pose le cadre employeur : l'employeur ne peut ni refuser ni différer ce congé dès lors que le salarié respecte la procédure prévue. Pendant toute la durée du congé, le contrat de travail est suspendu. Le salarié ne perçoit pas son salaire habituel, mais reçoit des indemnités journalières versées par l'Assurance Maladie en vertu de l'article L331-8 du Code de la sécurité sociale.
Ce droit appartient au père biologique, mais aussi au conjoint, à la conjointe ou au partenaire lié par un pacte civil de solidarité à la mère — qu'il s'agisse d'un couple de même sexe ou non. Le lien juridique avec la mère suffit ; la filiation avec l'enfant n'est pas exigée.
Dans quelles situations en avez-vous besoin
Tout salarié du secteur privé — en contrat à durée indéterminée, en contrat à durée déterminée ou en intérim — peut prétendre à ce congé. Le régime général couvre également certains travailleurs non-salariés relevant de l'Assurance Maladie.
La demande écrite devient indispensable dans plusieurs situations concrètes :
- lorsqu'un salarié souhaite déclencher son congé en respectant le délai légal de prévenance envers son employeur ;
- lorsque les ressources humaines réclament un document traçable pour organiser le planning de l'équipe et préparer les formalités de déclaration auprès de la caisse d'Assurance Maladie ;
- lorsque le salarié souhaite fractionner son congé, comme la loi l'y autorise, en conservant une preuve écrite de chaque période demandée ;
- en cas de litige ultérieur sur les dates, les droits ou les indemnisations.
Sans document écrit, le risque de malentendu est réel. L'employeur peut contester les dates exactes demandées, et la caisse peut exiger des justificatifs supplémentaires.
Les clauses et informations essentielles du formulaire
Un formulaire complet de demande de congé de paternité doit impérativement comporter :
L'identité complète du salarié : nom, prénom, adresse, numéro de sécurité sociale. La caisse d'Assurance Maladie a besoin du numéro de sécurité sociale pour calculer et verser les indemnités journalières prévues par l'article L331-8 du Code de la sécurité sociale.
Les coordonnées de l'employeur : raison sociale, adresse du siège, nom du responsable RH ou du dirigeant. La demande est adressée à l'employeur, c'est lui qui la reçoit en premier.
La date de naissance ou la date de naissance prévue de l'enfant : l'ensemble du dispositif, qu'il s'agisse du Code du travail ou du Code de la sécurité sociale, est conditionné à la survenance de la naissance. Une naissance prématurée peut modifier le calendrier prévu.
Les dates de début et de fin souhaitées : le congé doit débuter dans un délai fixé à compter de la naissance. Indiquer des dates précises permet à l'employeur d'anticiper et au salarié de constituer sa demande d'indemnisation. Si le salarié prévoit de fractionner son congé en plusieurs périodes, chaque période doit figurer clairement.
Le mode de prévenance : mentionner que la demande est remise en main propre contre décharge, ou envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception. Cette précision est déterminante en cas de litige sur la date de réception.
La signature et la date : la demande doit être datée pour faire courir le délai de prévenance légal.
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Comment remplir la demande
Première étape : réunissez vos informations avant de rédiger. Munissez-vous de votre bulletin de salaire récent (pour votre numéro de sécurité sociale et les coordonnées de votre employeur), du livret de famille ou de l'acte de naissance (dès qu'il est disponible), et de votre planning prévisionnel.
Deuxième étape : choisissez vos dates. La loi autorise un fractionnement du congé en deux périodes au maximum, sous réserve que chacune ait une durée minimale. Réfléchissez à l'organisation qui vous convient — une prise continue ou deux blocs distincts — avant de remplir les dates, car il est plus difficile de les modifier une fois la demande remise.
Troisième étape : remettez la demande dans les délais. L'article L1225-35 du Code du travail impose un délai de prévenance que le salarié doit respecter envers son employeur. Anticipez l'accouchement en adressant la demande dès que possible, surtout si la naissance est imminente. En cas de naissance prématurée, la loi prévoit des dispositions permettant de régulariser la demande après coup.
Quatrième étape : transmettez les justificatifs à votre caisse. Pour percevoir les indemnités journalières de l'Assurance Maladie au titre de l'article L331-8 du Code de la sécurité sociale, vous devrez également informer votre caisse primaire d'Assurance Maladie (CPAM). Le formulaire de demande employeur ne remplace pas cette démarche auprès de l'Assurance Maladie.
Cinquième étape : conservez un exemplaire signé. Gardez une copie de la demande remise à votre employeur, ainsi que l'accusé de réception ou la décharge. Rangez également la confirmation de votre employeur.
Exigences légales à connaître
L'article L1225-35 du Code du travail établit que le congé est un droit : l'employeur ne peut pas le refuser à un salarié qui respecte la procédure. La suspension du contrat pendant le congé protège le salarié contre un licenciement motivé par l'exercice de ce droit.
La loi n°2020-1576 du 14 décembre 2020 (LFSS 2021) a substantiellement allongé la durée du congé et introduit une obligation nouvelle : une partie du congé est désormais obligatoire. Le salarié qui ne prendrait pas cette partie obligatoire perdrait les jours concernés ; l'employeur, de son côté, ne peut pas laisser le salarié reprendre le travail avant l'expiration de cette période obligatoire.
L'article L331-8 du Code de la sécurité sociale fixe le cadre des indemnités journalières versées par l'Assurance Maladie pendant le congé. Ces indemnités sont calculées sur la base des revenus du salarié selon les modalités propres à chaque régime. Le montant perçu peut donc différer du salaire net habituel.
En cas de naissance multiple, la durée maximale du congé est allongée par rapport au cas de naissance simple. Les règles spécifiques aux naissances multiples sont également posées par l'article L1225-35.
Erreurs fréquentes à éviter
Confondre le congé de naissance et le congé de paternité. Les deux droits sont distincts. Le congé de naissance est très court et se prend immédiatement après la naissance. Le congé de paternité, plus long, obéit à d'autres règles de délai. Omettre le premier revient à perdre des jours de repos auxquels le salarié avait droit sans formalité supplémentaire.
Prévenir l'employeur trop tard. Un délai de prévenance légal s'impose. Attendre la dernière minute peut exposer le salarié à des complications administratives, même si l'employeur ne peut pas, en droit, refuser le congé.
Oublier les démarches auprès de l'Assurance Maladie. La demande écrite à l'employeur ne déclenche pas automatiquement le versement des indemnités journalières. Négliger la déclaration à la CPAM entraîne un retard de paiement, parfois de plusieurs semaines.
Ne pas garder de preuve de la remise. Un simple email sans accusé de lecture, ou une remise en main propre sans signature, ne suffit pas en cas de litige. Privilégiez toujours un envoi recommandé ou une décharge écrite avec date et signature de l'employeur.
Ignorer l'obligation de prendre la période obligatoire. Depuis la réforme de 2021, une partie du congé est obligatoire. Le salarié qui y renonce — même volontairement — ne peut pas récupérer ces jours plus tard. L'employeur qui laisserait reprendre le travail sans que cette période obligatoire soit écoulée engagerait sa responsabilité.
Planifier des dates incompatibles avec la durée minimale de chaque fraction. Si le salarié choisit de fractionner son congé, la loi exige que chaque fraction atteigne une durée minimale. Des fractions trop courtes rendent la demande non conforme et peuvent entraîner un rejet partiel.
En évitant ces erreurs et en utilisant un formulaire structuré, le salarié se met à l'abri des complications administratives les plus courantes et peut se concentrer sur l'essentiel : accueillir son enfant dans les meilleures conditions.
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