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Bail Commercial 3-6-9 (Statut des Baux Commerciaux)

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Key takeaways

Le bail commercial 3-6-9 est le contrat de location encadrant l'exploitation d'un fonds de commerce ou artisanal dans un local, régi par les articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce. Tout commerçant immatriculé, artisan ou industriel occupant un local pour les besoins de son activité doit conclure ce type de contrat pour bénéficier du statut protecteur des baux commerciaux.

Legal basis: Code de commerce articles L145-1 a L145-60 (Statut des baux commerciaux); Loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014

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Ce qu'est un bail commercial 3-6-9

Le bail commercial 3-6-9 tire son nom de sa durée minimale légale de neuf ans, assortie d'une faculté de résiliation à l'issue de chaque période triennale. Le dispositif est organisé par les articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce, complétés et réformés par la loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014, qui a notamment renforcé la transparence entre bailleur et preneur.

Le statut des baux commerciaux s'applique aux baux portant sur des immeubles ou des locaux dans lesquels un fonds de commerce ou un fonds artisanal est exploité, à la condition que le preneur soit immatriculé au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers. Les locaux à usage de bureau, les locaux mixtes ou les entrepôts peuvent également entrer dans le champ d'application dès lors que les conditions légales sont réunies.

La particularité de ce statut est double. D'un côté, le preneur bénéficie d'un droit au renouvellement à l'expiration du bail. De l'autre, le bailleur ne peut, en principe, s'opposer à ce renouvellement sans verser une indemnité d'éviction destinée à compenser le préjudice subi par le locataire qui perd l'emplacement de son fonds. Ce mécanisme constitue le socle de la protection accordée aux commerçants par le Code de commerce.

Quand ce contrat est-il nécessaire

La conclusion d'un bail commercial 3-6-9 s'impose dès qu'un exploitant souhaite occuper un local commercial de manière stable et durable pour y exercer une activité commerciale, industrielle ou artisanale. Plusieurs situations pratiques en illustrent l'utilité.

Un commerçant qui loue une boutique, un restaurateur qui prend possession d'une salle, un artisan qui installe son atelier dans un local industriel : tous doivent, pour sécuriser leur exploitation et bénéficier du droit au renouvellement, formaliser leur occupation par un bail soumis au statut des articles L145-1 à L145-60.

À l'inverse, certaines situations restent en dehors du champ du statut : les professions libérales réglementées qui n'exercent pas une activité commerciale au sens du Code de commerce, les locations saisonnières de courte durée, ou encore les conventions d'occupation précaire, qui sont expressément exclues sous réserve du respect de conditions strictes.

La loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014 a par ailleurs introduit l'obligation, pour le bailleur, de remettre au preneur un état des lieux contradictoire à l'entrée et à la sortie du local. Cette formalité, devenue obligatoire, permet d'objectiver l'état du bien et de prévenir les litiges lors de la restitution des clés.

Les clauses essentielles du contrat

Un bail commercial bien rédigé doit contenir un ensemble de stipulations qui encadrent les droits et obligations de chaque partie tout au long de la relation contractuelle.

La désignation précise des locaux loués est le point de départ : adresse complète, surface, description des pièces et des équipements compris dans la location. La destination des lieux est une clause capitale : elle définit l'activité ou les activités autorisées dans le local. Toute exploitation hors destination peut justifier la résiliation aux torts du preneur. La loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014 a assoupli les conditions de déspécialisation partielle et totale afin de permettre aux preneurs d'adapter leur activité aux évolutions du marché.

Le loyer initial et ses modalités de révision constituent le cœur économique du contrat. La révision triennale est encadrée par le Code de commerce, qui prévoit des indices de référence légaux plafonnant les augmentations. Depuis la loi Pinel, les charges, impôts et taxes refacturables au preneur doivent être listés dans le contrat ou une annexe dédiée, et un inventaire précis doit être dressé dès la signature.

La durée du bail — neuf ans au minimum — et les conditions d'exercice du congé triennal doivent figurer explicitement. Le preneur qui souhaite résilier à la fin d'une période triennale doit respecter un délai de préavis statutaire et notifier son congé dans les formes prévues par le Code de commerce. Le bailleur, quant à lui, ne peut délivrer congé qu'à l'expiration de la période de neuf ans, sauf exceptions expressément prévues par la loi.

Le droit au renouvellement doit également être mentionné, de même que les causes légales de refus de renouvellement avec ou sans indemnité d'éviction, telles qu'elles ressortent des articles L145-1 à L145-60.

Comment compléter le modèle de bail commercial

Remplir correctement un bail commercial exige de rassembler au préalable l'ensemble des informations utiles aux deux parties. Commencez par vérifier que vous disposez des éléments d'identification complets du bailleur (nom ou dénomination sociale, adresse, qualité — propriétaire, usufruitier, mandataire) et du preneur (même niveau de détail, avec le numéro SIRET et l'activité exercée).

Identifiez ensuite avec précision le local : adresse, étage, superficie approximative, parties communes accessibles. Si un état des lieux a déjà été réalisé, attachez-le en annexe — la loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014 en fait une obligation.

Définissez la destination de manière suffisamment large pour couvrir les évolutions prévisibles de l'activité, sans pour autant rendre le bail multiactivité au point de perdre toute cohérence. Une destination trop restrictive peut pénaliser le preneur si son activité évolue ; une destination trop vague peut fragiliser la clause aux yeux d'un juge.

Précisez le montant du loyer annuel hors taxes, les modalités de paiement (mensuel, trimestriel, à terme échu ou à terme à échoir) et les indices de révision applicables conformément au Code de commerce. Dressez l'inventaire des charges récupérables en annexe, conformément à ce qu'exige la loi Pinel.

Vérifiez enfin que les signatures sont précédées de la mention manuscrite exigée par la réglementation, et que chaque partie conserve un original. Vous pouvez télécharger un modèle conforme via le Bail Commercial 3-6-9 (Statut des Baux Commerciaux) proposé par forms-legal.com.

Erreurs fréquentes à éviter

La pratique révèle des erreurs récurrentes qui fragilisent le bail commercial et exposent les parties à des litiges coûteux.

Omettre l'état des lieux. Depuis la loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014, l'état des lieux d'entrée et de sortie est obligatoire. Son absence prive le bailleur de la présomption de bon état et place le preneur dans une position délicate à la restitution.

Négliger l'inventaire des charges. La liste des charges refacturables doit être exhaustive et annexée au bail dès la signature. Tout poste non mentionné ne peut ensuite être répercuté sur le preneur, ce qui expose le bailleur à un contentieux.

Rédiger une destination trop vague ou trop étroite. Une clause de destination mal calibrée est source de conflits : trop étroite, elle bloque le preneur ; trop vague, elle peut être remise en cause. La loi Pinel a précisé les conditions dans lesquelles le preneur peut demander une extension d'activité, mais la rédaction initiale reste déterminante.

Confondre délais de préavis et formes du congé. Le Code de commerce impose des formes de notification précises pour les congés et demandes de renouvellement. Un congé délivré hors délai ou sans respecter la forme légale est sans effet, ce qui peut conduire à reconduire involontairement le bail ou à perdre le bénéfice de l'indemnité d'éviction.

Ignorer les dispositions d'ordre public. Plusieurs règles issues des articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce sont d'ordre public : les parties ne peuvent y déroger contractuellement. Toute clause contraire est réputée non écrite, ce qui peut déséquilibrer l'ensemble du contrat si des stipulations importantes reposaient sur elle.

Signer sans relecture juridique en cas de montants élevés. Un bail commercial engage les parties sur neuf ans minimum et conditionne la valeur patrimoniale du fonds de commerce. Pour des locaux représentant un investissement significatif, une relecture par un professionnel du droit reste prudente, même lorsque le modèle utilisé est solide.

Points de vigilance à la négociation

La négociation d'un bail commercial ne se limite pas au loyer. Plusieurs points méritent une attention particulière avant de signer.

La clause de caution solidaire peut engager le dirigeant personnellement. La loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014 a encadré la durée de cette garantie pour les cautions personnes physiques, mais les modalités exactes doivent toujours être vérifiées dans le texte du contrat.

La répartition des travaux entre bailleur et preneur doit être clairement stipulée. Depuis la loi Pinel, un inventaire précis des travaux à la charge de chacun doit être joint au bail. En l'absence de précision, les dispositions supplétives du Code de commerce s'appliquent, ce qui peut ne pas correspondre à l'intention des parties.

Enfin, la clause de cession du bail mérite une rédaction soignée. Le preneur peut en principe céder son bail en même temps que son fonds de commerce. Certaines restrictions contractuelles à cette faculté sont encadrées par les articles L145-1 à L145-60, et peuvent être frappées de nullité. Négocier ce point dès la signature évite des blocages lors d'une cession future.

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