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Acte de Base de Copropriété (État Descriptif de Division)

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Key takeaways

L'acte de base de copropriété, accompagné de son état descriptif de division, est l'acte fondateur de tout immeuble soumis au régime de la copropriété en France. Régi par la loi n°65-557 du 10 juillet 1965, il fixe la répartition des lots, définit les parties communes et privatives, et conditionne toute vente ou toute modification ultérieure de la structure de l'immeuble. Aucune copropriété ne peut légalement fonctionner sans lui.

Legal basis: Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriete; decret n°67-223 du 17 mars 1967 art. 1; Loi n°96-1107 du 18 decembre 1996 (surface Carrez)

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Qu'est-ce que l'acte de base de copropriété

L'acte de base de copropriété est un acte notarié qui pose les fondations juridiques d'un immeuble divisé en lots appartenant à plusieurs propriétaires distincts. La loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété en constitue le cadre législatif principal : elle définit les droits et obligations de chaque copropriétaire, la nature des parties communes et celle des parties privatives, ainsi que les règles de gouvernance applicables à l'ensemble immobilier.

L'état descriptif de division, qui accompagne systématiquement l'acte de base, est la pièce technique centrale. Il attribue à chaque lot un numéro d'ordre, décrit sa situation dans l'immeuble (étage, emplacement, nature — appartement, cave, parking, local commercial), et lui affecte une quote-part des parties communes exprimée en tantièmes ou en millièmes. Ces tantièmes servent de base de calcul pour la répartition des charges de copropriété et pour le décompte des voix en assemblée générale.

Le décret n°67-223 du 17 mars 1967 art. 1 précise les modalités d'application de la loi de 1965 et encadre notamment la rédaction et le contenu des documents constitutifs de la copropriété. C'est lui qui organise les rapports entre l'acte de base, le règlement de copropriété et les actes de vente successifs.

Quand faut-il établir ou modifier cet acte

L'acte de base s'établit avant la première vente d'un lot dans un immeuble nouvellement mis en copropriété, qu'il s'agisse d'une construction neuve ou d'un immeuble existant dont on divise la propriété. Aucune mutation d'un lot isolé ne peut intervenir sans que cet acte soit préalablement publié au service de la publicité foncière.

Plusieurs situations imposent ensuite une modification de l'état descriptif de division :

  • Division ou réunion de lots : lorsqu'un propriétaire scinde son appartement en deux unités distinctes ou, à l'inverse, fusionne deux lots contigus, les tantièmes doivent être recalculés et l'état descriptif mis à jour par acte modificatif.
  • Changement de destination d'un lot : transformer un local commercial en logement ou une cave en studio modifie les données techniques sur lesquelles repose la répartition des charges.
  • Travaux affectant les parties communes : certains travaux votés en assemblée générale peuvent entraîner la création de nouveaux lots ou la modification de la consistance des parties communes, rendant une mise à jour de l'état descriptif nécessaire.
  • Détachement ou rattachement de parcelle : une opération foncière touchant le sol de l'immeuble peut exiger une refonte partielle de l'acte de base.

Dans tous ces cas, la modification suit la même procédure que l'acte initial : intervention d'un notaire, recours à un géomètre-expert pour la description technique, publication foncière.

Les clauses essentielles de l'acte de base

Un acte de base complet comprend plusieurs parties distinctes dont aucune ne peut être omise sans risque de nullité ou de contentieux ultérieur.

La désignation de l'immeuble indique l'adresse, la référence cadastrale, la nature du bâti (maison transformée, immeuble collectif, ensemble de bâtiments) et la superficie du terrain d'assiette. Depuis la loi n°96-1107 du 18 décembre 1996, dite loi Carrez, la superficie des parties privatives à usage de logement doit être mesurée selon une méthode légale précise, et toute vente d'un lot doit mentionner cette surface dans l'acte. L'absence ou l'inexactitude de la surface Carrez ouvre un droit à l'acheteur de demander une réduction du prix.

La description des parties communes générales et spéciales est l'une des sections les plus importantes. Les parties communes générales (gros œuvre, toiture, hall d'entrée, canalisations principales) appartiennent indivisément à l'ensemble des copropriétaires. Les parties communes spéciales, lorsqu'elles existent, sont réservées à certains lots seulement — par exemple une cour privative accessible uniquement aux lots du rez-de-chaussée.

La description de chaque lot privatif détaille la nature, la situation et la consistance précise du lot : surface habitable au sens de la loi Carrez pour les logements, affectation pour les locaux à usage mixte ou commercial, numéro d'immeuble ou de bâtiment dans un ensemble, accès et dépendances rattachées.

La grille de répartition des charges découle directement des tantièmes affectés à chaque lot. La loi de 1965 distingue les charges générales (entretien et administration des parties communes générales, réparties en fonction des tantièmes généraux) et les charges spéciales liées aux services et équipements collectifs — ascenseur, gardiennage, chauffage collectif — réparties selon l'utilité que chaque lot en retire.

Le règlement de copropriété est souvent intégré dans le même acte notarié ou y est annexé. Bien que techniquement distinct de l'état descriptif de division, il forme avec lui un ensemble indissociable : l'état descriptif dit «ce qui existe» et le règlement dit «comment on en use».

Comment compléter et utiliser le modèle

La rédaction d'un acte de base de copropriété relève obligatoirement de la compétence d'un notaire : l'authenticité de l'acte est une condition de sa publication au service de la publicité foncière, et seul un officier public peut conférer cette authenticité. Le recours à un géomètre-expert est également indispensable pour l'établissement du plan de division et la mesure des surfaces.

Pour préparer au mieux votre rendez-vous notarial ou vérifier la complétude d'un acte existant, le modèle d'Acte de Base de Copropriété (État Descriptif de Division) disponible sur forms-legal.com vous permet de parcourir la structure type de ce document, d'identifier les rubriques à renseigner et de repérer d'éventuels oublis avant la signature.

Pour utiliser efficacement ce modèle :

  1. Rassemblez les documents cadastraux — plan parcellaire, relevé de propriété, titre de propriété de l'immeuble entier.
  2. Listez chaque lot envisagé en précisant sa nature, son étage, ses dépendances directes (cave, parking, balcon).
  3. Faites réaliser le mesurage Carrez par un professionnel certifié pour chaque lot à usage d'habitation avant la rédaction finale.
  4. Déterminez les clés de répartition des charges avec votre notaire, en tenant compte de la valeur relative, de la consistance et de la situation de chaque lot.
  5. Vérifiez la cohérence entre l'état descriptif et le règlement de copropriété : les numéros de lots, les tantièmes et les désignations doivent être rigoureusement identiques dans les deux documents.

Erreurs fréquentes à éviter

Plusieurs écueils reviennent régulièrement dans la pratique notariale et contentieuse.

L'omission de la surface Carrez pour les lots à usage d'habitation est la source de litiges la plus fréquente. Beaucoup de copropriétés anciennes ont été constituées avant la loi n°96-1107 du 18 décembre 1996 et leurs actes ne mentionnent pas la surface privative au sens légal. Lors de toute vente, cette lacune doit être comblée : le vendeur qui ne mentionne pas la surface Carrez s'expose à une action en réduction du prix.

Des tantièmes mal calculés ou figés créent des déséquilibres durables entre copropriétaires. Lorsque des travaux importants ont modifié la consistance de certains lots sans que l'état descriptif ait été mis à jour, les clés de répartition des charges ne reflètent plus la réalité de l'immeuble. La régularisation impose alors une assemblée générale et un acte modificatif, procédure longue et coûteuse.

La confusion entre parties communes et parties privatives sur des espaces litigieux — terrasses en rez-de-chaussée, combles, locaux techniques — engendre des conflits récurrents. L'acte de base doit qualifier sans ambiguïté chaque espace, y compris les droits de jouissance privatifs sur des parties communes (droit de jouissance exclusif d'une terrasse, par exemple), qui obéissent à un régime juridique différent de la propriété privative.

L'absence de mise à jour après travaux modificatifs est une omission fréquente dans les petites copropriétés sans syndic professionnel. Chaque modification structurelle notable devrait donner lieu à un avenant à l'état descriptif, faute de quoi les actes de vente ultérieurs reposeront sur une description inexacte de l'immeuble.

La rédaction approximative des droits accessoires — places de parking, caves, loges, locaux à vélos — prête à confusion lorsque leur rattachement à un lot principal n'est pas formellement acté. Un acheteur peut ainsi croire acquérir un parking alors que celui-ci constitue un lot distinct, vendu séparément ou non inclus dans la transaction.

Prendre le temps de vérifier chaque rubrique de l'état descriptif avant toute vente ou tout travaux importants reste la meilleure protection contre ces différends, souvent coûteux à résoudre une fois que la copropriété est en activité.

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