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Créez une convention de départ conforme à la Loi sur les normes du travail (LNT arts. 82-83) et au Code civil du Québec (arts. 2088-2092). Ce modèle couvre le préavis, l'indemnité de départ, les vacances accumulées, le maintien des avantages, la confidentialité, la non-sollicitation et la quittance mutuelle.

Qu'est-ce qu'un Convention de départ / Entente de cessation d'emploi (Québec) ?

Une convention de départ québécoise est un contrat bilatéral négocié entre l'employeur et l'employé pour régir les conditions de fin d'emploi, régi par les arts. 2085-2092 C.c.Q. et les arts. 82-83 LNT. Elle prévoit généralement une indemnité supérieure aux minimums légaux en échange d'une quittance mutuelle, et inclut des clauses de confidentialité, de non-sollicitation, de retour des biens de l'entreprise et de maintien des avantages sociaux.

La spécificité du droit québécois en matière de fin d'emploi tient à la coexistence de deux régimes normatifs : le régime civil du Code civil du Québec et le régime statutaire de la Loi sur les normes du travail. L'article 2091 C.c.Q. confère à chaque partie le droit de résilier un contrat à durée indéterminée en donnant à l'autre un délai de congé raisonnable, dont la durée est déterminée par les tribunaux en fonction de la nature de l'emploi, des circonstances particulières et de la durée de la prestation de travail. Ce délai raisonnable de droit commun peut dépasser significativement les minimums de la LNT pour les cadres supérieurs ou les employés spécialisés. La convention de départ permet aux parties de documenter et de formaliser le respect de ces obligations légales, offrant ainsi une sécurité juridique précieuse à l'employeur comme à l'employé.

La quittance mutuelle (mutual release) est un élément central de la convention de départ québécoise. Pour être valide, elle doit satisfaire aux conditions générales de formation des contrats prévues aux articles 1398 à 1408 C.c.Q. : consentement libre et éclairé, capacité de contracter, objet certain et licite, et cause valable. Un employé qui signe une quittance sans avoir eu le temps et l'opportunité de consulter un conseiller juridique, ou qui a été soumis à une pression indue, peut demander l'annulation de cette quittance devant le Tribunal administratif du travail (TAT) ou les tribunaux civils. La convention doit donc prévoir un délai raisonnable de réflexion avant signature.

Quand avez-vous besoin d'un Convention de départ / Entente de cessation d'emploi (Québec) ?

Une convention de départ est nécessaire lors d'un licenciement négocié, d'une restructuration, d'une démission par entente mutuelle ou de tout départ impliquant une indemnité supérieure aux minimums LNT. Elle est particulièrement importante pour les employés cadres avec une longue ancienneté, qui ont des droits de préavis significatifs en vertu de l'art. 2091 C.c.Q., et pour prévenir des plaintes en vertu de l'art. 124 LNT ou de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

La convention de départ est particulièrement indispensable dans les situations de licenciement collectif. En vertu de l'article 84.0.1 de la LNT, un employeur qui procède au licenciement collectif de dix employés ou plus au cours d'une période de deux mois dans un même établissement doit aviser le ministre responsable du travail avec un préavis d'au moins huit semaines. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des pénalités administratives et des dommages compensatoires. La convention de départ individuelle négociée dans ce contexte doit tenir compte des indemnités collectives prévues et des droits de rappel applicables dans certains secteurs d'activité.

Pour les employés qui bénéficient de deux ans ou plus de service continu, la protection contre le congédiement sans cause juste et suffisante prévue à l'article 124 LNT est un facteur déterminant dans la négociation de la convention de départ. En cas de contestation devant le Tribunal administratif du travail, l'employeur doit démontrer qu'il avait une cause juste et suffisante pour congédier l'employé. Une convention de départ bien rédigée, assortie d'une quittance valide, constitue une défense efficace contre de telles réclamations, à condition que l'indemnité offerte soit véritablement représentative des droits auxquels l'employé renonce. La Charte des droits et libertés de la personne du Québec (RLRQ, c. C-12) peut également être invoquée si le congédiement est lié à un motif discriminatoire, ce qui renforce davantage l'importance d'une convention de départ formellement documentée.

Que faut-il inclure dans votre Convention de départ / Entente de cessation d'emploi (Québec) ?

Les éléments clés comprennent : identification complète des parties, historique d'emploi, dispositions de préavis (art. 82-83 LNT), indemnités détaillées (préavis, licenciement, vacances), maintien des avantages sociaux, obligations post-emploi (confidentialité art. 2088, non-sollicitation art. 2089 C.c.Q.), retour des biens, quittance mutuelle, clause de bonne foi (art. 1375 C.c.Q.) et loi applicable (Québec).

Les dispositions relatives aux avantages sociaux méritent une attention particulière dans la convention de départ. En vertu de la LNT, l'indemnité de vacances accumulées (arts. 74 à 80 LNT) doit être calculée et versée à la cessation d'emploi, en plus de toute indemnité de départ négociée. Le maintien de la couverture d'assurance collective pendant la période de préavis, ou son remplacement par une contribution financière équivalente, doit être expressément prévu. Les régimes de retraite et les REER collectifs font également l'objet de dispositions spécifiques, notamment en ce qui concerne l'acquisition des droits et le remboursement des cotisations patronales non acquises.

Les clauses de non-sollicitation et de confidentialité post-emploi doivent être rédigées avec soin pour respecter les exigences de l'article 2089 C.c.Q. : elles doivent être limitées dans le temps, dans l'espace et quant au type d'activités visées. Contrairement aux autres provinces canadiennes, les tribunaux québécois n'ont pas le pouvoir de réduire une clause abusive — ils ne peuvent que l'annuler dans sa totalité (doctrine du tout ou rien). La convention de départ doit donc veiller à ce que ces clauses soient raisonnables et proportionnées, tant dans leur portée que dans leur durée, afin d'assurer leur pleine exécutabilité devant les tribunaux québécois en cas de litige ultérieur.

Questions Fréquentes