Mise en demeure pour retard de paiement (Québec)
Province de Québec — Code civil du Québec, arts. 1594-1600, 1617, 1604, 2925, 1375
Articles 1375, 1594-1600, 1604, 1617, 2925 du Code civil du Québec
[Date de la mise en demeure]
**SANS PRÉJUDICE**
[Nom du débiteur]
[Adresse du débiteur]
**Objet : Mise en demeure pour retard de paiement — Facture / Contrat : [Numéro de facture / contrat] — Solde réclamé : [Total réclamé] $ CAD**
Madame, Monsieur,
Je soussigné(e), [Nom du créancier], domicilié(e) ou ayant mon établissement au [Adresse du créancier], joignable par téléphone au [Téléphone du créancier] et par courriel au [Courriel du créancier], vous adresse par la présente une mise en demeure formelle de payer le montant dû tel que précisé ci-après, conformément aux articles 1594 à 1600 du Code civil du Québec relatifs à l'exécution des obligations.
Malgré mes demandes antérieures, vous avez omis d'acquitter le montant qui vous est réclamé. La présente mise en demeure a pour effet de vous constituer en demeure (art. 1594 C.c.Q.) et d'interrompre le cours de la prescription applicable (art. 2892 C.c.Q.).
**NATURE ET DÉTAILS DE LA DETTE.** La présente mise en demeure concerne une somme d'argent qui vous est réclamée au titre des biens ou services suivants : [Description des biens ou services]
Référence : Facture / Contrat n° [Numéro de facture / contrat] en date du [Date de la facture / du contrat].
Montant original dû : [Montant original] $ CAD.
**SOLDE DÛ ET INTÉRÊTS.** Après déduction de tout paiement reçu à ce jour, le solde impayé est le suivant :
Solde principal impayé : **[Solde principal] $ CAD**
Intérêts accumulés : **[Intérêts accumulés]**
**TOTAL RÉCLAMÉ : [Total réclamé] $ CAD**
En vertu de l'article 1617 du Code civil du Québec, des intérêts légaux au taux de [Taux d'intérêt] courent sur le solde impayé à compter de la date de la présente mise en demeure, conformément au taux applicable : [Taux contractuel].
**FONDEMENTS JURIDIQUES.** La présente réclamation est fondée sur les dispositions suivantes du Code civil du Québec : l'article 1590, qui reconnaît au créancier le droit à l'exécution de l'obligation, à sa résolution ou résiliation, ou à la réduction de sa propre obligation corrélative ; l'article 1594, aux termes duquel le débiteur peut être constitué en demeure d'exécuter son obligation, notamment par l'envoi d'une demande extrajudiciaire ; l'article 1596, qui précise les conditions de mise en demeure ; l'article 1604, qui reconnaît le droit du créancier à la résolution ou résiliation du contrat en cas d'inexécution ; l'article 1617, qui prévoit l'obligation pour le débiteur de payer des intérêts sur toute somme d'argent due à compter de la mise en demeure ; et l'article 2925, qui établit le délai de prescription général de trois (3) ans applicable aux réclamations civiles au Québec.
**DEMANDE FORMELLE DE PAIEMENT.** En conséquence des faits et des fondements juridiques exposés ci-dessus, je vous mets formellement en demeure de payer la somme totale de **[Total réclamé] $ CAD** dans le délai de [Nombre de jours pour payer] jours à compter de la réception de la présente.
Le paiement devra être effectué selon les modalités suivantes : [Mode de paiement accepté]
**CONSÉQUENCES DU DÉFAUT DE PAIEMENT.** À défaut de payer la somme réclamée dans le délai imparti, je n'aurai d'autre choix que d'exercer sans délai supplémentaire les recours suivants :
(a) Introduire une action judiciaire devant le tribunal compétent (Division des petites créances, Cour du Québec ou Cour supérieure, selon le montant) pour le recouvrement de l'intégralité de la somme réclamée, avec intérêts légaux (art. 1617 C.c.Q.), indemnité additionnelle (art. 1619 C.c.Q.) et frais judiciaires ;
(b) En cas de résolution du contrat en vertu de l'art. 1604 C.c.Q., réclamer des dommages-intérêts pour l'intégralité du préjudice subi, y compris les pertes de profits et les frais engagés ;
(c) Selon les circonstances, signaler le défaut de paiement à toute agence de crédit compétente et prendre toute autre mesure prévue par la loi pour assurer le recouvrement de la créance.
Je vous rappelle que le délai de prescription applicable à la présente réclamation est de trois (3) ans en vertu de l'article 2925 du Code civil du Québec. La présente mise en demeure interrompt le cours de ce délai, conformément à l'article 2892 C.c.Q.
**BONNE FOI ET RÉSERVE DE DROITS.** Conformément à l'article 1375 du Code civil du Québec, la présente mise en demeure est émise de bonne foi. Je demeure ouvert(e) à discuter d'un arrangement de paiement raisonnable si vous communiquez avec moi dans le délai accordé. En l'absence de règlement, je me verrai contraint(e) d'entreprendre les procédures judiciaires énoncées ci-dessus.
La présente mise en demeure est émise sous toutes réserves de tous mes droits et recours, passés, présents et futurs, lesquels sont expressément réservés.
Mode d'envoi de la présente : [Mode d'envoi]. Loi applicable : [Loi applicable].
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Créancier
[Nom du créancier]
Signature
Date: ________________
Qu'est-ce qu'un Mise en demeure pour retard de paiement (Québec) ?
Le Mise en demeure pour retard de paiement () en Québec est un acte juridique écrit et contraignant.
L'importance juridique de ce document est considérable. En vertu de l'art. 1594 C.c.Q., un créancier peut constituer un débiteur en demeure par l'envoi d'une demande extrajudiciaire — une demande écrite envoyée directement par le créancier sans intervention du tribunal. Une fois le débiteur en demeure, trois conséquences juridiques importantes découlent automatiquement : (1) l'obligation de payer des intérêts légaux commence à courir à compter de la mise en demeure, au taux prévu par l'art. 1617 C.c.Q. (actuellement 5 % par an), plus l'indemnité additionnelle (art. 1619 C.c.Q.) ; (2) le créancier acquiert le droit de résoudre le contrat et de réclamer des dommages-intérêts en vertu de l'art. 1604 C.c.Q. si le débiteur continue à ne pas payer ; et (3) le délai de prescription est interrompu (art. 2892 C.c.Q.), ce qui signifie que le délai de prescription de 3 ans (art. 2925 C.c.Q.) repart à zéro à compter de la réception de la mise en demeure formelle.
La mise en demeure de paiement sert également à respecter l'obligation fondamentale de bonne foi prévue à l'art. 1375 C.c.Q., qui exige de toutes les parties contractantes qu'elles se comportent de bonne foi à toutes les étapes de leur relation juridique. En envoyant une mise en demeure formelle avant de saisir les tribunaux, le créancier démontre sa bonne foi, donne au débiteur une dernière chance de payer volontairement et respecte l'esprit du Code de procédure civile, qui encourage les parties à résoudre leurs différends sans recourir aux tribunaux.
Dans l'environnement commercial québécois, la mise en demeure pour retard de paiement est utilisée dans tous les secteurs : par les entrepreneurs et prestataires de services qui n'ont pas été payés pour des travaux réalisés ; par les locateurs réclamant des loyers impayés ; par les prêteurs exigeant le remboursement d'emprunts ; par les employeurs récupérant des avances ; et par toute personne ou entité à qui une somme d'argent est due en vertu d'une obligation légale. Le document convient aux dettes de tout montant, d'un modeste achat de consommation à une grande transaction commerciale. Une mise en demeure pour retard de paiement au Quebec est un avis juridique ecrit formel regi par les arts. 1594-1600 sur le defaut et 1617-1621 sur les dommages et interets du Code civil du Quebec (C.c.Q.), envoye par un creancier a un debiteur qui a manque d'effectuer un paiement a son echeance, mettant formellement le debiteur en defaut et exigeant le paiement immediat du montant du et de tout interet et penalite applicable. En droit civil quebecois, la mise en demeure formelle est une etape procedurale essentielle : en vertu de l'art. 1594 du C.c.Q., le debiteur est en demeure lorsqu'il ne s'est pas conforme a une obligation apres qu'on le lui ait formellement requis, et ce defaut formel est generalement requis avant qu'un creancier puisse chercher des dommages compensatoires par les tribunaux. La Loi sur l'interet et les frais judiciaires (RLRQ, ch. I-3) et l'art. 1617 du C.c.Q. etablissent le droit du creancier aux interets a compter de la mise en demeure au taux convenu dans le contrat ou, a defaut, au taux d'interet legal fixe annuellement par le gouvernement. La mise en demeure etablit formellement la date du defaut pour le calcul des interets et dommages, cree un dossier ecrit de la dette et de l'inexecution du debiteur, demontre les efforts de bonne foi du creancier pour resoudre la question sans litige conformement aux protocols pre-contentieux encourages par les tribunaux quebecois, et accorde au debiteur une derniere occasion de satisfaire a son obligation. Le recouvrement de creances commerciales au Quebec est egalement regi par la Loi sur la protection du consommateur (LPC) lorsque le debiteur est un consommateur, imposant des restrictions sur les tactiques de recouvrement.
Quand avez-vous besoin d'un Mise en demeure pour retard de paiement (Québec) ?
Une mise en demeure pour retard de paiement au Québec est nécessaire dès qu'un créancier dispose d'une créance pécuniaire impayée malgré l'exigibilité de la dette, et que les demandes informelles de paiement n'ont pas produit de résultats. La lettre est appropriée et légalement nécessaire dans une grande variété de situations.
Dans les transactions commerciales entre entreprises, la lettre est indispensable lorsqu'un fournisseur, entrepreneur, consultant ou prestataire de services a exécuté les travaux convenus ou livré les biens convenus sans avoir été payé après la date d'échéance de la facture. Cela couvre les entrepreneurs en construction et rénovation qui ont achevé des projets ; les consultants en TI qui ont livré des logiciels ou des services numériques ; les agences de marketing qui ont produit des campagnes ; les sociétés de transport qui ont livré des marchandises ; et tout cabinet de services professionnels dont les factures restent impayées.
Dans les relations consommateur-créancier, la lettre est utilisée lorsqu'une entreprise a fourni des biens ou des services à un consommateur qui n'a pas payé le prix convenu, en tenant compte des règles de protection du consommateur prévues par la Loi sur la protection du consommateur en plus du C.c.Q.
Dans le contexte immobilier et locatif, la lettre est la première étape standard lorsqu'un locataire n'a pas payé son loyer pour un ou plusieurs mois. Pour les baux résidentiels au Québec, le Tribunal administratif du logement (TAL) a compétence exclusive sur les litiges locatifs.
Dans le contexte des prêts et du crédit, la lettre est indispensable lorsqu'un emprunteur n'a pas effectué les remboursements prévus d'un prêt, lorsqu'un prêt personnel entre amis ou membres de la famille n'a pas été remboursé comme convenu, ou lorsqu'un prêt d'actionnaire d'une société n'a pas été remboursé.
Dans le contexte de l'emploi, la lettre peut être nécessaire lorsqu'un employeur n'a pas payé des salaires, commissions, primes, indemnités de vacances ou indemnités de départ, bien que la CNESST offre un processus administratif alternatif.
La conscience de la prescription est la raison finale — et d'une importance capitale — pour envoyer rapidement cette lettre : en vertu de l'art. 2925 C.c.Q., le délai général de prescription de 3 ans commence à courir à compter de la date d'exigibilité de la dette. Un créancier qui tarde trop sans envoyer de mise en demeure risque de perdre définitivement son droit de recouvrer la dette. L'envoi rapide de cette lettre remet non seulement le débiteur en demeure légale mais réinitialise également le délai de prescription, protégeant ainsi les droits juridiques du créancier. Une mise en demeure pour retard de paiement est necessaire chaque fois qu'un creancier au Quebec est confronte a un debiteur qui n'a pas rempli son obligation de paiement dans les delais contractuels convenus et que les rappels informels sont restes sans effet. Les entreprises qui ont livre des biens ou services a des clients a credit et n'ont pas reçu le paiement a la date d'echeance de la facture doivent envoyer une mise en demeure formelle apres que les rappels initiaux aient ete ignores, etablissant la date de defaut formel pour le calcul des interets. Les locateurs dont les locataires sont en retard de loyer doivent envoyer une mise en demeure formelle avant d'entreprendre des procedures au Tribunal administratif du logement, car la demande documentee renforce le dossier d'expulsion. Les entrepreneurs et prestataires de services qui ont execute des travaux en vertu d'un contrat mais n'ont pas reçu le paiement final doivent envoyer une mise en demeure formelle etablissant la date de defaut, apres laquelle ils peuvent publier une hypotheque legale sur la propriete dans le delai applicable en vertu des arts. 2724-2732 du C.c.Q. Les professionnels tels que les avocats, comptables, ingenieurs et architectes doivent envoyer des mises en demeure formelles pour les honoraires impayes, documentant la dette pour un eventuel recours. Les vendeurs dans le cadre de contrats de vente a temperament qui ne reçoivent pas les versements programmes doivent envoyer des mises en demeure formelles avant d'exercer leur droit de reprise sous les dispositions du C.c.Q. sur les suretes.
Que faut-il inclure dans votre Mise en demeure pour retard de paiement (Québec) ?
Les éléments clés d'une mise en demeure pour retard de paiement juridiquement efficace au Québec comprennent les composantes essentielles suivantes.
Date de la mise en demeure : La date est essentielle car les intérêts légaux (art. 1617 C.c.Q.) commencent à courir à compter de la mise en demeure, et la date établit également le moment où le délai de prescription a été interrompu (art. 2892 C.c.Q.). Le délai de réponse court à compter de la réception, non de l'envoi.
Identification du créancier : Nom légal complet, adresse, téléphone et courriel. Dans un contexte commercial, identifier le type d'entité juridique et la qualité en laquelle la demande est faite. Si la demande est faite par un représentant autorisé, identifier les deux.
Identification du débiteur : Nom légal complet et adresse complète. Une identification précise est légalement essentielle — une mise en demeure envoyée à un nom ou une adresse incorrect peut ne pas constituer un avis valable (art. 1596 C.c.Q.).
Description de la dette : Description claire et complète des biens ou services fournis (ou du prêt consenti, ou de l'obligation contractée) qui donne lieu à l'obligation de paiement. Inclure les dates d'exécution, le prix convenu et tout autre terme important du contrat sous-jacent.
Référence de facture ou de contrat : Le numéro de facture, le numéro de contrat et la date de la facture ou du contrat. Ces références permettent au débiteur d'identifier l'obligation spécifique réclamée.
Paiements partiels reçus : Tout paiement partiel doit être clairement reconnu et déduit du montant original pour arriver au solde impayé correct.
Calcul du solde impayé : Calcul précis du solde impayé, décomposé en : (a) principal impayé ; (b) intérêts accumulés de la date d'exigibilité à la date de la mise en demeure ; (c) tout montant supplémentaire dû selon le contrat ; et (d) le total global réclamé.
Taux d'intérêt : Préciser clairement si le taux légal de 5 % par an (art. 1617 C.c.Q.) s'applique, ou si un taux contractuel plus élevé a été convenu dans le contrat sous-jacent.
Délai de paiement : Un délai ferme mais raisonnable — généralement 10 à 30 jours à compter de la réception — dans lequel le débiteur doit payer l'intégralité du montant impayé.
Mode de paiement accepté : Instructions précises sur la façon dont le paiement doit être effectué, avec les coordonnées bancaires ou l'adresse postale. Des instructions de paiement claires éliminent tout prétexte du débiteur.
Conséquences juridiques du non-paiement : Énoncé clair des recours qui seront exercés si le paiement n'est pas effectué.
Bonne foi et réserve de droits : Déclaration que la mise en demeure est faite de bonne foi (art. 1375 C.c.Q.), avec une ouverture à des arrangements de paiement raisonnables, et réserve expresse de tous les droits et recours légaux. Une mise en demeure pour retard de paiement au Quebec juridiquement efficace doit inclure les elements essentiels suivants pour etre valable en vertu du C.c.Q. La designation precise des parties doit identifier le creancier par son nom complet, son titre et ses coordonnees professionnelles, et le debiteur par son nom complet, son adresse de domicile ou d'affaires et son representant autorise si applicable. Le fondement contractuel de la dette doit etre clairement identifie : la date et le contenu de l'accord ou de la facture originale, le montant principal de la dette due, la date convenue de paiement et toute tentative precedente de collecter la dette, incluant les dates de rappel par courriel ou par telephone et les promesses de paiement non respectees par le debiteur. Le calcul de la dette totale due doit specifier le principal impaye, les interets courus depuis la date d'echeance ou la date du defaut anterieur, les frais de retard ou les penalites contractuelles convenues, et les frais de recouvrement admissibles, pour fournir au debiteur un decompte transparent du montant total reclame. Le delai de paiement doit specifier une date limite precise et raisonnable pour le paiement integral, generalement entre 5 et 30 jours selon l'urgence. Les consequences legales du non-respect doivent decrire explicitement les recours juridiques que le creancier exercera en l'absence de paiement : procedures devant la Cour des petites creances jusqu'a 15 000 dollars, action en justice devant la Cour du Quebec ou la Cour superieure, publication d'une hypotheque legale si applicable, ou transmission du dossier a une agence de recouvrement agreee. Conformement a l'art. 1375 du C.c.Q., la mise en demeure doit etre envoyee de bonne foi, avec des exigences claires, precises et raisonnables.
Citer cette page
Référencez ce modèle gratuit dans un article, un programme de cours ou une note de recherche :
Forms Legal. (2026). Mise en demeure pour retard de paiement (Québec) (Québec) [Legal document template]. Forms Legal. https://forms-legal.com/fr/quebec/business/contracts/mise-en-demeure-retard-paiement-quebec
"Mise en demeure pour retard de paiement (Québec) (Québec)." Forms Legal, 2026, https://forms-legal.com/fr/quebec/business/contracts/mise-en-demeure-retard-paiement-quebec.
@misc{formslegal-mise-en-demeure-retard-paiement-quebec,
author = {{Forms Legal}},
title = {Mise en demeure pour retard de paiement (Québec) (Québec)},
year = {2026},
howpublished = {\url{https://forms-legal.com/fr/quebec/business/contracts/mise-en-demeure-retard-paiement-quebec}},
note = {Free legal document template. Based on Civil Code of Québec (CCQ), Book Five: Obligations}
}Questions Fréquentes
Une mise en demeure au Québec est une demande écrite formelle qui constitue un débiteur en demeure pour inexécution d'une obligation — le plus souvent pour défaut de paiement. En vertu des articles 1594 à 1600 du Code civil du Québec, un créancier doit généralement envoyer une mise en demeure avant de pouvoir exercer la plupart des recours pour non-paiement, notamment la résolution du contrat (art. 1604), la réclamation de dommages-intérêts (art. 1607) et la perception d'intérêts légaux à compter de la date de la demande (art. 1617). La mise en demeure est légalement requise — ou à tout le moins fortement conseillée — dans la plupart des situations contractuelles et de responsabilité civile. L'article 1594 C.c.Q. prévoit qu'un créancier peut constituer un débiteur en demeure par l'envoi d'une demande extrajudiciaire. En pratique, les avocats québécois envoient systématiquement des mises en demeure même dans les cas de demeure automatique, car cela déclenche les intérêts légaux (art. 1617), interrompt la prescription (art. 2892) et démontre la bonne foi du créancier (art. 1375).
En vertu de l'article 1617 du Code civil du Québec, un débiteur en demeure sur une obligation monétaire doit des intérêts à compter de la mise en demeure au taux légal en vigueur au moment du jugement, à moins qu'un taux contractuel plus élevé n'ait été convenu. Le taux d'intérêt légal au Québec est actuellement de 5 % par année. En plus des intérêts légaux de 5 %, l'article 1619 C.c.Q. prévoit une indemnité additionnelle calculée annuellement, déterminée par règlement, qui représente un pourcentage supplémentaire au-dessus du taux légal pour compenser l'impact de l'inflation. Si les parties avaient un contrat écrit prévoyant un taux d'intérêt contractuel plus élevé — par exemple 12 % par an (1 % par mois) pour les retards de paiement — ce taux contractuel s'applique à la place du taux légal, à condition qu'il ait été convenu avant la naissance de la dette. La mise en demeure doit préciser clairement quel taux s'applique et calculer les intérêts accumulés pour donner au débiteur un montant total précis.
Le choix du tribunal au Québec dépend du montant de la dette impayée. Pour les dettes jusqu'à 15 000 $, la Division des petites créances de la Cour du Québec offre une procédure simplifiée et peu coûteuse sans avocats. Pour les dettes entre 15 001 $ et 85 000 $, la Chambre civile de la Cour du Québec est compétente. Les avocats sont permis mais non obligatoires. Pour les dettes dépassant 85 000 $, la Cour supérieure du Québec a compétence exclusive. Dans tous les cas, la mise en demeure doit être envoyée avant de saisir le tribunal, à la fois pour satisfaire les conditions préalables légales à la réclamation d'intérêts (art. 1617) et pour démontrer la bonne foi. Les frais de dépôt au tribunal au Québec vont d'environ 100 $ pour les petites créances à 300-500 $+ pour la Cour supérieure. L'exécution des jugements — notamment la saisie-arrêt de salaires, la saisie de comptes bancaires et l'inscription d'hypothèques judiciaires sur les immeubles — est disponible par le biais du système judiciaire québécois.
Oui. En vertu de l'article 2892 du Code civil du Québec, la prescription est interrompue par la signification d'une demande au débiteur. Plus généralement, toute demande écrite formelle qui identifie clairement la créance du créancier et avise le débiteur de l'intention de faire valoir l'obligation peut interrompre le cours de la prescription. Le délai de prescription général pour les créances civiles au Québec — y compris les dettes impayées — est de 3 ans en vertu de l'art. 2925 C.c.Q. Cela signifie que si un créancier n'envoie pas de mise en demeure formelle ou ne dépose pas une action en justice dans les 3 ans suivant la date d'exigibilité de la dette, la créance sera prescrite. L'envoi d'une mise en demeure bien rédigée avant l'expiration du délai de prescription remet le compteur à zéro — après la mise en demeure formelle, le créancier dispose d'un nouveau délai de 3 ans pour saisir les tribunaux. Il s'agit d'une considération pratique cruciale : de nombreux créanciers perdent leur droit de recouvrer des dettes impayées simplement parce qu'ils ont trop attendu sans envoyer de mise en demeure formelle.
Oui. En vertu de l'article 1604 du Code civil du Québec, lorsqu'un débiteur n'exécute pas une obligation — notamment le défaut de payer le prix convenu — le créancier peut choisir entre exiger l'exécution forcée, demander la réduction de sa propre obligation corrélative, ou exiger la résolution ou la résiliation du contrat. Dans le contexte d'un défaut de paiement, cela signifie qu'après l'envoi d'une mise en demeure non satisfaite dans le délai imparti, le créancier peut résoudre le contrat et réclamer des dommages-intérêts pour la totalité du préjudice subi, y compris la perte de la prestation attendue et tous les dommages consécutifs découlant de la résolution. En vertu de l'art. 1607 C.c.Q., le créancier peut réclamer des dommages pour toute perte — y compris les dommages moraux et la perte de chance d'affaires — qui est une conséquence directe et immédiate de l'inexécution. La résolution du contrat n'élimine pas le droit du créancier de réclamer des dommages-intérêts — il s'agit d'un recours supplémentaire disponible conjointement ou à la place de l'exécution forcée.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
Une erreur ? Signalez-le-nousDocuments Connexes
Vous pourriez également trouver ces documents utiles :
Mise en Demeure (Quebec)
Creez une Mise en Demeure du Quebec en vertu des articles 1594-1595 du Code civil du Quebec. Cet avis ecrit legalement requis met le debiteur en demeure et est un prealable a la plupart des actions civiles au Quebec.
Lettre d'intention de poursuivre (Québec)
Créez une lettre d'intention de poursuivre conforme au Code civil du Québec, arts. 1604 (mise en demeure préalable), 2892 (interruption de la prescription) et au Code de procédure civile, arts. 1-7 (devoir de considérer la médiation). Cette lettre précontentieuse sert de dernier avertissement formel avant le dépôt d'une action judiciaire, documente la bonne foi du réclamant et interrompt le délai de prescription de 3 ans.
Accord de règlement à l'amiable — Québec
Accord de règlement à l'amiable (transaction) régi par les articles 2631 à 2637 du Code civil du Québec. Règle les différends par concessions mutuelles avec l'autorité de la chose jugée (art. 2633 CCQ). Comprend un paiement monétaire facultatif, une quittance mutuelle, la confidentialité, le non-dénigrement et la discontinuation des procédures.
Reconnaissance de dette (Québec)
Créez une reconnaissance de dette conforme au Code civil du Québec, articles 1553-1568 et 2331. Ce document formalise la reconnaissance écrite par un débiteur d'une somme due à un créancier, incluant le montant principal, l'origine de la dette, le taux d'intérêt, les modalités de remboursement et les garanties.